vendredi 22 août 2014

NEW-YORK NEW-YORK # 2

La statufication de la liberté matérielle comme illumination du Nouveau-Monde a sacré l'argent empereur des nations et des familles. Abattant les vieux chênes sacrés des invariants culturels pour y planter le verger industriel du Diable, avec sa Grosse Pomme génétiquement modifiée. Verger d'illusions hybridées et débridées, avec son palais des plaisirs célestes pétillants, accroupi sur le Port de l'Angoisse, d'où les sirènes rauques de cargos tragiques montent dans les nuits et les brouillards masquant l'aube levante.

Il était une fois en Amérique : salut à toi Sergio, à ta petite musique européenne entêtée, et à toi Grand Walt, parcourant de bon matin l'île enchantée achetée aux Indiens, avec la joie et la barbe démocrates d'une naïveté de russe orthodoxe refaisant le monde devant la vision énergétique de son grouillement animal laborieux, primaire et pur, le tout mis en musique par la 9ème de Dvorak.

Mais ici les anges tchèques tombent épuisés de nostalgie et de souffrances indiennes, ici les anges sont humains jusqu'au cœur de la mort, jusqu'au bout de la nuit des doigts – le peuple de Whitman meurt d'amour fou, d'amour opiomane, projeté sur l'écran de citadelles perdues, comme un Spiderman chutant vertigineusement, sans fin, vers l'abîme d'en-bas, celui du peuple de London. Basse-ville grouillante de ses bataillons de fourmis mécaniques creusant leur profitable sillon, tandis qu'au dernier étage de l'Etat de l'Empire, là où les hélicos sont ciblés, le nerf de la guerre détend son ressort à double tranchant au whisky-cocaïne.

Rue du Mur,  d'étranges muezzins mathématiciens, Mosquée du Papier Vert, lancent leurs appels d'offre au milieu d'écrans matrixiens, panoramiques comme la roue spatiale du destin, déclenchant leur effet papillon aux ailes brûlées, souterrainement relayé dans le verre d'eau à moitié vide du logiciel de simulation des mondes comme ils vont.



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