lundi 18 août 2014

RÉALITÉ SOCIALE, VÉRITÉ HUMAINE

Il y a des gens pour croire à la mort comme fin de tout pour eux en soi : une sorte de fin du monde personnelle, comme s'ils ne s'étaient jamais rendus compte qu'ils vivent leur vie avec quelque chose qui vient d'avant, qui sera là après, – et qui n'est pas eux-mêmes comme ego, ni eux-mêmes en tant que tel, mais infiniment plus. Il ne s'agit aucunement de réincarnation, qui, finalement, n'est qu'une théorie "scientifique" de plus, mais de continuité d'être, qui n'est pas non plus une forme d'immortalité de l'âme venant du côté d'une croyance religieuse. 

Il y a comme un problème de continuité dans notre raison commune, ou plus exactement un problème de continuité d'esprit, puisque rien ne s'arrête vraiment nulle part sauf la confiance, que l'on nous contraint à confondre avec la science, alors qu'elle ne peut être qu'une forme supérieure de conscience, par delà toute discontinuité réelle.

Nous redoutons  l'effacement complet, l'extinction absolue de ce que nous sommes à l'intérieur, comme une sorte de punition après la vie. Cette superstition angoissée est si répandue qu'elle passe pour du bon sens alors qu'elle est tout simplement incompréhensible pour le vrai sens commun : tout dans la nature et la "surnature" des univers se transpose et se correspond mystérieusement depuis toujours.

La vérité masquée est qu'on nous fait préférer le grand sommeil social d'une vie objectivement sécurisée à un éveil par delà la vie et la mort, par l'imposition terroriste d'une religion sociale-rationaliste. Ce déracinement spirituel de masse nous contraint à vivre morts plutôt qu'à mourir vivants, comme c'est pourtant le premier devoir naturel, objectif au sens du sens, de chaque être vivant. Le "bon vivant" ne pleure pas de la mort. De là pousse toute racine de vérité, humaine ou pas, contre la réalité trop humaine qui nous est subtilement greffée.


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