mardi 23 septembre 2014

DE QUEL DROIT LA CHIMIE


DAMAS LA GHOUTA. « Un massacre de grande ampleur au gaz toxique (…) perpétré en Syrie (…) Le nombre de victimes (…) s'élèverait à 1300 morts. Les images de dizaines de vidéos montrent des cadavres alignés, des enfants qui agonisent (...) »



Peu importe, dans un sens actuel, nous suggère le système, le nombre ou même les gaz, au stade où nous en sommes arrivés systématiquement : la guerre c'est la guerre, et la loi d'efficacité qui domine le monde s'y applique peut-être encore plus qu'ailleurs, dans une horreur toute moderne. Les façons « propres » de tuer sont périmées, depuis longtemps, par le rendement terroriste psy pur. Tout est total, froidement, scientifiquement. Froid comme de docteur Josef Mengele au milieu d'une récolte de cadavres.

De toute façon, la propreté de tuer sans barbarie, avec un minimum de souffrance, n'est absolument pas la direction prise par les professionnels de la guerre, sous la coupe réglée technique des industriels de l'armement : à ceux-ci revient la responsabilité des conséquences de leurs « production de richesses » depuis 14, d'autant plus scandaleusement qu'ils s'en enrichissent (vrai sens du slogan) abjectement.



Cette image à la Une du journal le Monde n'est pas sans rappeler celles qui furent affichées lors des « évènements » des vrais-faux charniers de Timisoara. La vérité historique n'est jamais simple.

Des enfants, sous une sorte de suaire qui les « borde », dorment yeux et bouche ouverts. Ils ont chacun, non pas le rimbaldien « trou rouge au côté droit », mais une étiquette de n° d'ordre collée sur le front et sont encastrés les uns dans les autres, têtes entre deux pieds.



La violence de l'image, qui naît de l'imagination réaliste de ce qui les a « endormis », monte en nous – d'autant plus que l'article précise : « (…) des enfants qui agonisent, des hommes terrassés, la bouche ouverte, les yeux écarquillés, les bras et les jambes agités de convulsion. » Nul ne peut avoir de doute sur la « non-sérénité » de l'agonie de tous ces gens, d'abord civils, ensuite enfants.



Comment nommer les salauds qui arment de telles armes « létales », ou de destruction massive, ces criminels de masse qui gouvernent certaines parties du monde ? Sans exclure du cercle de ces criminels ceux qui décident d'Hiroshima, dans le prétendu "camp de la liberté", en théorie et en pratique.
 – Qui, au nom des industries et des pouvoirs, justifient des décisions, toujours présentées comme préservatrices de vies ?



Assassiner froidement, mais aussi salement femmes, enfants, vieillards... Quand avions-nous déjà vécu ces programmes ? Lors de quelles conquêtes, de quelles guerres civiles, de quelles croisades, de quels génocides, de quelles exterminations, dans quels buts très légitimes ? Perpétrés sur quelles population ? Contre quelles cultures, quelles résistances au progrès ou à quelles affaires ?



Des gaz, on remonte de 14 aux camps de la mort : 110 000 tonnes de gaz de combat dispersés sur les « théâtres d'opérations », provoquant plus de 90 000 morts lors de la Grande Guerre, puis la fourniture du Zyklon B aux camps d'extermination nazis par la « chimie » (...) 


Qui demanda jamais de comptes à cette « branche » industrielle essentielle, « la chimie », qui lui en demande, aujourd'hui pour ces enfants de Damas-Ghouta ? 

Qui en demande au nom de l'humanité incorruptible, non pas celle des théories juridiques, philosophiques ou humanitaires, mais de celle qui, partant de notre plus mystérieuse conscience humaine, nous dit de parler haut et fort, de ne pas oublier la sale envie de vomir qui nous vient de cette abjection naturalisée.



Que vaut cette image ? Rien, si elle ne nous donne qu'une envie de guerre, une envie de "gazer" de plus. Si elle ne vaut pas mieux que celle de Timosoara, si celle-ci fut manipulation des sensibilités . Et il est malheureusement fort à craindre que là soit son objectif latent à long terme, future justification pour "venger et sauver des vies", directement ou indirectement, y compris par les moyens les plus efficaces.  
Nous donner l'envie violente d'en finir avec la barbarie, par une barbarie toujours plus haute ou radicale. Peut-être. Il y a pas beaucoup de doute.



Mais, par delà l'instrumentalisation sytémique obligée, restent ces enfants, tous les enfants du monde, non dans leur "socialité" nationale, raciale ou idéologique mais dans leur vérité humaine, dont les traditions les plus authentiques persistent seules à maintenir l'absolue et imprescriptible exigence de respect

La modernité ne produisant que des émotions à consommer dans sa fanatique autant qu'illusoire fonction de remplacement. Voyons en face les résultats objectifs du 11 Septembre...


De quel droit la chimie ? Quiconque ne se pose pas cette question ne mérite ni de penser ni d'avoir des enfants.



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