jeudi 30 octobre 2014

ZOO HORS LES MURS




Certains animaux ne se reproduisent pas en captivité. On imagine que ce refus, ou cette absence, passe par une sexualité à l'arrêt et que cet arrêt est le fait des femelles, évidemment décisionnelles en ces questions.



Il n'est pas interdit de penser que ces animaux ont l'intelligence instinctive de ne pas envisager de suite à donner à leur privation de liberté, ni pour eux ni pour une descendance éventuelle, peut-être placée dans une future situation domestique pire que la leur, dans une perte totale de leur vérité vitale.



Il paraît fort regrettable que les femelles humaines ne ressentent nullement l'inutilité de la reproduction de leur servage social systémique, pour elles et pour leur triste progéniture, comme si la perpétuation de l'esclavage naturalisé pouvait apporter quelque chance future de libération, parfaitement illusoire, et même, dans certain cas, criminelle dans son mensonge propagé.



Dans ces cas-là, leur responsabilité morale est si lourde, que comme pour beaucoup de crimes ordinaires ancrés dans des moeurs surveillées par un système intéressé au plus haut point par le produit de leurs « amours », on ne peut s'empêcher d'examiner les circonstances atténuantes de leur psychologies de construction sociale.



On fait reposer sur leurs épaules, apparemment si fragiles, des impératifs si catégoriques pour leur propre survie sociale-statutaire, économique-affective, pathologique-sentimentale et traditionnelle-révolutionnaire-narcissique, qu'on ne peut qu'imputer au système inhumain de conditionnement établi, la responsabilité réelle de leur délinquance morale globale, puisque nous n'irons pas jusqu'à parler de la vraie.



De l'idée de parc et d'élevage industriel, ailleurs évoquée, on arrive à celle de zoo humain, et des incitations d'une équipe de soignants désignés devant les problèmes d'acclimatation au-dit système.



Sauf que dans ce véritable zoo hors les murs, on dirait que la révolte a été délicatement retournée en révolution maternaliste, peut-être avec l'idée, apparemment subversive, d'une surproduction révolutionnaire de bons sentiments positivés, apte à napper une civilisation orientée vers une violence pure de pseudo-liberté, d'un voile émollient d'angélisme exterminateur de ce qui serait censé être l'idéologie patriarcale de la cruauté éternelle du monde.



Dans leur premier âge, les enfants étant censés adoucir le monde et féminiser les mâles les plus sauvages en les attelant à des devoirs domestiques attendrissant le sens de leur poil dans celui d'une dépendance systémique latérale élargie. Après la remotivation amoureuse, la familiale, doublant des liens d'obligations de type social-religieux.



Pour ce qui est des animaux sauvages, ou ce qu'il en reste, on peut noter, pour eux, la lenteur naturelle du processus de domestication, les moyens, souvent au niveau du bas-ventre, utilisés pour l'accélérer, et surtout le fait que la domestication d'un adulte a des limites, qui laissent voir une distance définitive dans la relation construite.



On peut croire sans aucune peine que leur intelligence instinctive a l'intuition de ce que peut leur coûter, et à leur espèce avec, une trop grande familiarité avec un système humain si parfait. Nous n'arriverons jamais à admettre, pour notre part, comment un exploitant agricole, après avoir si affectueusement aimé (l'investissement dans, malheureusement – ) la bête, depuis sa naissance émue, pouvait la vendre aussi froidement à l'abattoir, derrière l'impératif réaliste.



Enfin, il y a ces « animaux humains » redevenus sauvages, ces sans-abris refusant définitivement tout contact avec une société qui les blessa un jour à mort, préférant tout endurer plutôt que la fausse chaleur d'un foyer normalisé, collectif ou individuel, et qui se laissent mourir, un peu à la façon de d'autres frères éloignés de captivité, redonnant à la crasse d'antan un peu de cette dignité du refus qu'un hygiénisme ultra-moderne a dissoute, reléguant avec une douceur ferme les « expressions » d'un corps malade du côté d'une animalité encagée debout dans les besoins honteux d'une nature criminalisée par l'éternelle bien-pensance systémique.



« C'est un beau jour pour mourir. » proclamèrent une fois pour toutes des « animaux rouges », comme naturellement sanglants, accouchés de vie sauvage, face à des bêtes cruelles, blanchâtres, mécanisées, peintes en bleu. Nous aussi avons perdu tous nos bisons humains, notre nourriture spirituelle. Nous sommes les derniers Mohicans de France, ces sales français qui puent le passé, les origines. « On ne lave pas la poésie / un poète, ça sent des pieds. » disait Ferré, l'anarcho-bourgeois revenu, sur le tard, du couple-épuisette à de meilleurs « sentimens ».



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