vendredi 28 novembre 2014

MOHICANS D'EUROPE



Ne pas abandonner la culture de nos pères. La Culture-Mère. Même et surtout corrompue ou décadente. Les raisons de la corruption ont des raisons que la raison ignore, comme tout ce qui nous dépasse. Le désir juvénile de pureté, contrebalançant celui de délinquance, tout en le rejoignant, manipulé par de vieilles mains sales, confronté à une corruption virale devenue chronique, devient noyau dur d'un nihilisme mou prenant prétexte du cynisme moral des voyous du monde pour jeter le bébé avec l'eau souillée des ancêtres. Mollesse du rien, celle qui lâche et amène logiquement à nier les valeurs éternelles, à travers l'abandon, la non-assistance et la non-obligation.

Les derniers Mohicans d'Europe préféreront la misère, les camps, la torture ou la mort à la lâcheté sociale d'un système sans valeur ni sens. Une culture remplacée est un peuple mort. Mieux vaut le génocide réel que culturel. Raison pour laquelle on meurt, non pour les idées de la chanson de l'anarchiste, mais pour les vraies valeurs. Celles d'un Giono. Résistance non-violente à une dégradante collaboration, dignité d'une personne humaine préservée jusque dans, ou par la mort même. Aujourd'hui, d'ores et déjà, un bon jour pour mourir. Absence de peur de traverser le miroir des images chez ceux qui n'ont jamais imaginé cette peur-là. Aimer la vie au point de ne pas la trahir en cherchant indûment à la conserver. Monde animal non modifié, exemple de pure noblesse, valeur de nature cachée.

Ils vendront chèrement leur symbolique peau, leur esprit n'est pas à vendre. Grand Esprit gréco-celtique-chrétien d'Occident, Culture-Mère dont la lumière unique mesure l'humain jusque dans le plus qu'humain. Ils n'oublieront pas la culture de leurs pères dévorés pour et par le rêve doré du pays d'où l'on ne revient pas. Aube à la pâleur massive de mort vive. Le royaume souterrain de nos morts, lui, aura les couleurs perdues d'un monde rétabli dans sa mémoire immaculée, celle qu'on oublie pas : amnésie provisoire ouverte du secret des peuples les plus humbles, culture non écrite, toute Histoire vraie. Nos esprits parcourront labyrinthes, catacombes et ossuaires de la Grande Guerre contre la Parole le temps qu'il faudra aux langues pour refleurir des choses. La montagne des images n'empêchera pas le printemps des cycles de percer, comme l'eau des citernes, l'étanchéité du joint le plus serré.

Le temps est un espace fin dont les mailles ont des ficelles trop grosses pour la corde raide : le fil du rasoir est un chemin de cimes subtil menant aux saints héros anciens de l'ordinaire ultra sécularisé des temps futurs. Sur le chemin miné, ils avanceront, déterminés face aux machines, sans idées ni pensées, ni plus rien d'humain qui ne soit supérieur. Jeunesse libérée des bestialités intellectuelles comme de l'angélisme des religions d'extermination massive. Quand l'âme-mère des Anciens sort et s'élève d'un Temps soumis, au point où l'aube perce l'obscur réduit, pour l'ouvrir, par delà l'arène hurlante du temple sacrificiel, sur l'infini des mondes niés et reniés, celui des cultures -mères englouties, dont la béance de l'amour défie le néant des heures.







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