mardi 18 novembre 2014

TOMBÉS SUR LA TÊTE




Rééduquer des gamins décapiteurs ? Pourquoi n'a t-on jamais pensé, aussi, à rééduquer ces anciens gamins, usés par l'erreur nazie, figurant parmi les grands responsables assis sur les bancs du tribunal de Nuremberg ? On se paie la tête de qui ? A t-on encore la sienne bien accrochée ? Ne l'a t-on pas déjà symboliquement perdue ? Qu'on en retourne certains : peut-être. Qu'on ramène de force, ou par tout moyen vraiment convainquant et sans barbarie aucune –, au service d'un minimum de réalité humaine, ceux qui sont « récupérables », au sens noble du terme, bien sûr ! Qu'on ramène ceux-là à la raison et au bonheur d'une réparation rédemptrice susceptible de sauver -racheter des vies et des équilibres, naturellement !



Mais on ne respecte pas un ennemi qui ne respecte rien en le faisant passer pour fou : l'ennemi est la folie d'inhumanité de gamins décapiteurs en soi et en eux, mais après et à la suite de ceux, ennemis majeurs de l'intérieur et de l'extérieur, qui ont inoculé, ou greffé savamment cette démence fasciste à leur relative innocence perdue. Ces derniers manipulateurs devant évidemment être plus redevables de comptes que les bas exécuteurs corrompus qui horrifient tant. Ce sont eux qui ont d'abord perdu la tête et réclament celle des autres pour faire bonne démesure.



Ceux-là sont les premiers criminels de guerre contre l'humanité dans leur responsabilité morale et intellectuelle, et leur triste peine ne peut en aucun cas être minimisée par rapport à ceux assis à Nuremberg figurant comme non embrigadés, mais embrigadeurs du crime planifié idéologiquement. La tête du poisson chinois doit être tranchée dès le départ, pour que des adolescents-bouchers ne tranchent plus celles qu'on leur désigne, à partir de celles  demandées dès du commencement théorique.



Comme le précisait Simone Weil, il y a bien une responsabilité morale incontournable sur le plan intellectuel, responsabilité absolue dont personne, imprescriptiblement, ne devrait jamais être exonéré, quelque soit son niveau de pouvoir intellectuel. 

Tant que nous ne viendrons pas à cette certitude de base, aucun moyen ne sera jamais trouvé qui puisse s'accorder au devoir absolu d'humanité exigé par nos vraies valeurs. Le propre de ceux ayant perdu la tête étant de ne pas voir comment (…). Weil toujours : l'humanité ne peut être une valeur ou un devoir « normal » : c'est une obligation absolue, sans relativisation possible, celle qui permet, justement de nous maintenir comme humain envers (et face à lui) qui l'autre est tenu à l'humanité.



Cette obligation est capitale, sous peine de mort clinique morale, pour ses amants ordinaires et extraordinaires, et d'annulation du contrat d'humanité, pour tout triste fonctionnaire normal de la Vérité.



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