lundi 8 décembre 2014

DE NOTRE DAME








De Notre-Dame à Sivens, les écologistes dits « radicaux » sont dans la ligne de mire. Sans que soit définie jamais, évidemment, la nature de cette radicalité, amalgamant donc violence et exigence, violence et conscience, désobéissance civile et révolte violente, les médias sont lâchés contre ce qu'ils assimilent à un « terrorisme écologique » bien connu du renseignement américain depuis les années 70. S'appuyant sur, et en généralisant, pour mieux les condamner à raison a priori, en les isolant et abstrayant des contextes, les actes de violence objectivement inacceptable, gratuits, niant la liberté individuelle de certains, délinquants, criminels ou terroristes... Juste et triste retour des choses de la propagande dans un sens, mais dans un sens seulement.



Puisque le camp le plus hétérogène n'est sûrement pas celui du système, dont les objectifs sont simples, comme tout objectif financier en soi, à vendre. Du côté des zadistes, assimilés désormais à des terroristes standards, les vrais pacifistes, les vrais amants de la Nature ont du souci à se faire d'avoir trop longtemps laissé des extrémistes de tous poils les protéger, un peu comme de l'autre côté, les mafias, légales ou pas, protègent la finance en action. S'il y a un camp qui ne peut grenouiller sans tout perdre, avec les basses mains et les basses œuvres, ce sont bien ceux qui prétendent, parfois avec toute honnêteté et intention voulue, défendre la Nature. Cette chose en voie de disparition galopante qu'on nomme, avec les pincettes voulues : l'environnement, neutralisant bien ainsi, des deux côtés, son essence sacrée et éternelle, pour en faire un objet savant normalisé, calibré. L'objet d'un enjeu politico-financier.



Les stratèges de la guerrilla de zad feraient bien de changer leur fusil à fleur d'épaule, et pas seulement à cause des conséquences, parfois plus que dramatiques de leur manque de conscience morale, et de morale tout court, et de laisser ce cynisme terrorisant aux seules forces chargées de maintenir l'ordre financier.

L'internationalisation par le haut de ces forces répondant à la leur par le bas... Chacun de bien né sait que le haut, en ce qui concerne la bassesse, est invincible. Quand la machine de guerre de sa propagande est lancée, on peut être assuré que beaucoup de morts vont venir couvrir et fabriquer beaucoup de mensonges – jusqu'à plus soif de victoire.



Une sale guerre est en train de naître, et non seulement les zadistes vont la perdre, mais ils vont surtout permettre et provoquer toutes les expérimentations légales, qui pourront ensuite entrer en vigueur partout dans le monde pour très longtemps. Puisqu'il faut quand même pas mal de temps avant qu'une loi soit discréditée, et à refaire autrement. Les légalistes de tout poil bien rasé ne diront pas le contraire, qui pensent, par principe, que toute désobéissance est déjà un acte violent en soi, une violence sociale inacceptable faite à leur déesse de la force nue du plus grand nombre.



Que cette sale guerre, comme toutes les autres, soit activée, en sous-main, des deux côtés, ne peut faire aucun doute. La défense, ici, armée de la Nature est une trahison, une infamie, une abjection morale et même politique. La vraie guerre sainte, celle des saints, se fait en la refusant au niveau de la puissance, comme n'importe quel objecteur de conscience le sait. La sainteté d'une cause, ce mot qui fait peur, n'a jamais rien eu à voir avec la terreur ou la violence, qui prétend ne pas le voir ?



La « guerre sainte » vraie et raisonnable est celle du martyr que l'on subit passionnément sans l'accepter en raison, pas celui que l'on inflige : on ne tue pas pour une cause, on meurt pour elle. Ce qui n'a absolument rien à voir. Mourir pour notre mère Nature est une cause sainte, et même très chrétienne, même si elle ne paraît pas très catholique, bien qu'un pape se soit engagé sur la Création. Gandhi et Luther King l'ont assez montré. Mais n'est pas saint qui veut, et encore moins qui calcule. Le saint, comme le Christ, ne peut être que ridicule et crucifiable, symboliquement, et parfois, réellement. Sa position en tout cas est très claire : toujours du côté des victimes, comme le voulut le révolté athée Camus, dans son sens de l'histoire sainte laïque. Nous ne disons pas victimisation, ce terrorisme à l'envers. Nous parlons de ce qui est, et de celui qui est en voie d'être détruit, sous les meilleures raisons rationnelles du monde, et qui reste debout, comme un arbre, face aux légions de tronçonneuses en marche.



Les nouvelles lois en fabrication découperont aussi bien les trahisons extrémistes offensives et criminelles, les purs anges défenseurs de l'idéale nature éternelle que les bêtes de sincérité brute de nature décoffrée. Celles qui, passant par une Loi Biodiversité, en cours de lecture chez nous, en France, permettront l'introduction de « réserves d'actifs naturels » et « d'obligations de compensations écologiques » sous les lobbyings compétents, créant des « banques d'actif biodiversité » permettant de développer « une compensation par l'offre », appuyée, ici, par la Commission Européenne (…) ; mécanique stratégique de précision qui permettra de poursuivre toujours plus loin l'expansion « constructiviste » mondiale contre la Nature et son royaume peau de chagrin. Il est déjà trop tard pour ne pas se battre : la vérité est une arme de paix. Il faut aussi au système technicien déforester les hommes dans la tête pour atteindre le cœur du bois.






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire