lundi 15 décembre 2014

LA VÉRITÉ #6 MALSAINE CONCURRENCE








On dit la concurrence saine face à l'esclavage monopolistique. Mais c'est la peste et le choléra. L'évidente vérité est que la concurrence de tous contre tous ne fait pas baisser que les prix, elle fait tout baisser, jusqu'aux pantalons. Le niveau intellectuel, en développant l'esprit de jalousie ; le niveau moral, comme à la guerre ; et même le commerce honnête, ou ce qu'il en reste, quand les Grosses Bertha font la loi. La concurrence, dans une économie mondialisée, n'est que la continuation de la guerre mondiale par d'autres moyens, sans doute pires, au final, et ce n'est pas peu dire, quand on y pense. Mais c'est sans doute ce que veut dire la guerre commerciale, par delà les mots, puisqu'elle en est aussi le nerf naïvement reconnu par l'imbécile économique.



C'est aussi la perversion molle d'une dictature communiste commerciale où les multinationales reçoivent leurs ordres d'un Bureau Exécutif Mondial du Marché, bien loin de Moscou et de son sentimentalisme orthodoxe slave. La concurrence rend fou furieux ceux qu'elle fascine. La propagande sale que véhicule ce mot n'est pas acceptable pour un esprit libre ou dans une culture de décence commune digne de ce nom, il sent la porcherie. Voilà la vérité toute nue dans un monde où plus personne n'ose parler, franc, franchement, français. Quand on pense que les puritains du profit osent prétendre que les français ne se lavent pas..., pensant sans doute que l'argent n'a pas d'odeur. Mieux vaudrait pourtant être une bête sauvage qu'un agent civilisé de la concurrence.



Sauvage, c'est à dire dérégulée, sans foi ni loi ni lieu, la concurrence permet sournoisement au commerce et à ses cafés de s'affranchir de toute règle, de corrompre les jeunes esprits comme les plus expérimentés. Le temps est bien fini où elle présentait des alibis de loyauté, comme un leurre, comme un permis de tuer. Comme l'efficacité technique, ce qu'elle est d'ailleurs aussi dans un sens, la concurrence est sa propre fin, et tous les moyens sont bons, dans le possible de ses développements illimités. Comme au poker menteur, tous les coups sont permis. La table de jeu est le marché, la nouvelle idole, – le marché – cet euphémisme, trempé et frappé au bon gros bons sens des affaires et du maquignonnage humain, pour dire l'Argent. L'argent, comme dans un mauvais western où tout le monde finit par tuer tout le monde, et d'abord père et mère, pour une poignée de dollars numérotés. Là aussi, plus qu'ailleurs et que jamais, le Diable en rit encore.
 
Nul n'est interchangeable. Le bonheur des uns ne fait pas le malheur des autres, sauf dans un monde de concurrence. Ce serait même le contraire, dans un monde libre, qu'interdit la loi du marché. Ce qui ne veut pas dire que pour être heureux il ne faille pas vivre avec pudeur.








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