mardi 20 janvier 2015

FORCES FRANÇAISES LIBRES # 4 HOMMAGE A JEAN-JACQUES AMPÈRE







HOMMAGE A JEAN-JACQUES AMPÈRE




« L'homme ne saurait vivre courbé sur sa tâche comme un forçat enchaîné à son labeur, sans que rien l'élève et le soutienne au-dessus de la vie commune. (…) l'enthousiasme et la poésie renaîtront, ou le genre humain mourra ».

« Son armure a donc été trempée par la Germanie, bénie par le christianisme, et blasonnée par l'Orient. »



La Chevalerie, J.J. AMPÈRE 




On dirait du Bernanos.


Pour Jean-Jacques Ampère, fils duXIX ème, la Chevalerie fut « le plus grand fait moral et social des temps modernes ».



Il la définit d’abord par un sentiment : celui de la générosité. La générosité comme « combat désintéressé (…) pour acquérir l’honneur, sans mélange de passion égoïste ou haineuse ».



La générosité c’est « le bon côté de la nature humaine, (…) - la disposition qui se manifestera d’une manière éclatante et glorieuse dans le code et la poésie chevaleresque (…) contre les instincts brutaux et sauvages de la nature primitive ».



Nous ne sommes pas loin du Prince Kropotkine : Machiavel peut se rhabiller.

Pour Jean-Jacques Ampère, il ne fait aucun doute que la chevalerie « tient à une tendance naturelle à l’âme humaine » et qu’elle en est l’une de ses « réalisations ».


Comme dans n’importe quelle civilisation authentique, elle peut s’incarner par des sentiments ou des mœurs où l'on peut déceler, sentir vibrer et s’exalter une sorte de grand accord entre les hommes, figurant une harmonie remarquable, féconde, libertaire et fraternelle.

Il ne fait pas de doute que cet instinct (entr'aide ou coopération) fait pendant à celui de volonté de puissance, de domination et de possession, ou à la loi dite de la jungle.



Cette merveille a, principalement, en occident, dû son éclosion au à un Christianisme précis plutôt qu'à un autre, mêlant son sang à l’esprit guerrier germanique, mais produisant l’exact inverse du fanatisme ou du fascisme, dont elle est finalement l'une des rares alternatives, à quelque niveau ou terme que ce soit .


Bernanos, dans tous ses Écrits de combat, n'a jamais cessé de rendre des hommages éblouis à cette chevalerie-là, ceux de l'enfant qu'il fut et que nous fûmes beaucoup aussi, en des temps pas si éloignés.



La Chevalerie, fruit de l'esprit de jeunesse et d’enthousiasme, d’où une cette alliance – pour ne pas dire alliage – de joie et d’énergie, trempées dans un sentiment aussi élevé que naturel, et qui, peut-être, pourrait être comparé, sur un plan universel, à l’instinct maternel, dans son bon côté, ou encore à l'instinct paternel du loup, et à bien d'autres exemples, si l'on voulait se donner la peine de chercher (des alliés) là où il y a quelque chose à lier d'autre que de la folie collective ou de fausses grandeurs, celles de la puissance pure.



Comme ces instincts, trop souvent niés en tant que tels, le dépassement, ni égoïste ni asservi de soi et des lois dites élémentaires de la Nature, donne l’occasion à l’humanité la plus ordinaire d’atteindre une certaine dimension, extraordinaire, mais aussi profonde, crevant et faisant voler en éclats les vieilles malédictions gouvernant ce monde dans le sens, si pratique et si utile, mais aussi, si vain de l'obscure destruction, qui n'est nullement la mort, mais plutôt son clone désespérément prétentieux, sa caricature nihiliste.



Mais, comme toute chose, comme la grâce elle-même, il faut bien que ce prodige, que ce miracle, ait une source secrète. Quelque origine, précédant de loin l'obscurcissement, pour ne pas dire l'obscurantisme, de nos soi-disantes et bien trop humaines sciences. Il n'y a pas de science de l'humain, il ne peut y avoir qu'une humanité de la science.



Source poussant ses invisibles racines dans l’ombre même du mal, et, pour ainsi dire dans son dos… par et dans, à travers, et transcendant (n'en déplaise aux esclaves besogneux et butés du servile « réalisme ») une sorte une lumière cachée là, tout à la fois ridicule et parallèle : on imagine Dom Quichotte, bête noire, terreur et supplicié d'un monde prétendument beau et utile , bouc émissaire donc, tête de turc des « docteurs du réalisme », du Dieu et d'un esprit de vieillesse assis sur le monopole, auto-déclaré éclairé, d'une modernité agenouillée dans la boue, et le dogme d'un relatif émasculant, à défaut de cœur simple ou de pur absolu.



Que sont devenus les « Troubadours » ? Ceux qui Trouvent ?



Le Quichotte, armé de sa seule maigreur d'acier, burinée à la Giacometti, explosant les baudruches alimentant les moulins à prière des logiques obligées ou à fausse parole, solitaire, la voix tremblante d'émotion, comme celle d'un Brel ou d'un Glenmor, illuminant, hors toute rationalisation perverse d'apprenti-illuminati, le cœur humain d'une chaleur à la fois spirituelle et toute terriennement touchable et caressable.



La vraie modernité est-elle un acquis, un maquis, par delà les guerres inter-culturelles « éternelles »  du temporel ?



Elle est bien trop ancienne pour cela, trop libre aussi : elle n'est à vrai dire qu'une résurgence permanente et insubmersible, même sous toutes les rivières pourpres.



Quand tout « honneur », tout sentiment authentique de soi n’est que combat d’où la gloire ne peut être totalement éradiquée, même par tout l’argent du monde. Quand il y a l’enfance, celle du monde, celle de l’art, celle de l’esprit, celle de l’instinct, celle des choses. Mystère définitivement absolu, fermé aux yeux du mal même au pouvoir des savoirs.



Le mal est un œil crevé par l'éclat aveugle du jour. Celui de Caïn et d'Oedipe.


Cette part d’ombre qui reste éternellement à annoblir, cette « part maudite » à re-transcender toujours, peut-être en énergie créatrice plutôt que destructrice, comme l'art, l’innocence, la patience, la violence du refus, l’espérance, l’ignorance enrichie, la liberté, la souffrance et la mort.



Contre laquelle viendront éternellement buter toutes les illusions du pouvoir, du savoir et du croire. Lourde porte, provisoirement fermée sur le mal relatif obligatoire qui ne se met à l'école de l'Absolu, finalement, que pour annoncer la connaissance extrême, ultime, vraie : celle des limites absolues retrouvées à établir pour de nouveaux cycles relatifs. La vie est un combat qu'il est beaucoup trop facile de confondre avec la basse anarchie du désir de puissance.



Illusion au delà de laquelle est ce qui est, éternellement renouvelé, détourné-retourné et que ne franchissent que ceux qui, d'ores et déjà, ne sont plus ; plus soumis à l'espace-temps domestique d'un monde secrètement relégué, obscurci, sali et si supplicié, montés sur le Cheval Ailé des anciens Celtes convertis

Cette famille ancestrale d'Europe, fil de nos forces vives françaises éternelles, dont la droiture sans rigidité avait fait déesse de la guerre propre, une femme, presque comme les Grecs, et tout près des Vierges de Vérité, loin des barbares bestiaux du Temps Cannibale.



Merci Monsieur Ampère.



Merci : honneur et gloire, hommage à J.J. Ampère pour la puissance non violente de son éclairage, de son « ampérage »... relais perdu d'une jeunesse « débranchée » de la Vérité, arbre mutilé, saignant la sciure parfumée de sa force souillée, violée et brûlée, apeurée et affolée, pervertie par la lame corruptrice. Nous avons les jeunesseS hitlériennes que nous méritons, mais surtout combattons-les sans haine, avec le respect du plus haut refus face au malheur du mal fabriqué, à l'horreur systémique et à ses enfants-soldats fascisés.



Léo Ferré, se reconnaissant pourtant « bourgeois anar », chantait : « Quand on coupe un arbre j'ai mal à mon bras. »

Léo, « prophète » perdu crachant, bien trop tendrement gamin des rues perdues, dans la soupe de Dieu, avant que Mozart ne le ramène à la divine raison du Combat. « Ces copains-là, c'est de la merde ! »



Amen, Petit!

Tombée de rideau brutale sur le drame éternel de l'honneur et de la grâce humains perdus! Et contre l'horreur, enfin ! encore prosternée, le temps de sortie nécessaire du bad trip et du crash de ce qui les remplace, comme un gouvernement provisoire, avant la Libération, redoute le lancement irréfragable des forces libres, l'offensive finale fraternelle, non la lutte finale fratricide.

Amen, Petite ! 



Merci à l'Ample Père, si loin du patriarcal en fonctionnaire d'État.



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