vendredi 9 janvier 2015

LA VÉRITÉ # 8 L'EAU DU TAO










« La vérité est comme le soleil.
Elle fait tout voir
et ne se laisse pas regarder. »
Victor Hugo

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La vérité secrète du monde n'aura jamais fini de nous étonner : elle est l'histoire du mensonge qui recouvre le crime. Tant que nous croyons la vérité officielle, nous collaborons à la fabrication du mensonge.

Les sages taoïstes avaient parfaitement vu que toute normalisation tue instantanément la vérité.
La vérité apparaît au moment précis où nous cessons de croire au mensonge.

La vérité « se dévoile » à partir du moment où ce que recouvrait le mensonge disparaît. Ce qui apparaît ne peut être reconnu au sens normalisé qui le répand comme mensonge.

Comme une eau morte enfermée dans sa propagation au grand jour, la vérité perd ses qualités essentielles. Son paradoxe est incompatible avec toute forme de savoir.

Si une science devient une normalisation hors de la conscience non sociale, elle n'a plus rien à voir avec la connaissance, qui naît et apparaît à l'approche de la vérité personnelle du monde.


En ce sens la vérité est un pur mystère taoïste. Le mystère, à ne pas éclaircir, est bien sa qualité principale comme purement divine, n'en déplaise aux passionnés du dévoilement brûlant de désir terrestre.

Le mystère est (ou plutôt les mystères antiques sont) sa qualité essentielle comme protection naturelle de toute clarté solaire : le voile ne peut recouvrir que la vraie réalité, tant que le mensonge fugace règne et menace.

Comme le soleil, y compris œdipien, ce qui nous éclaire de l'intérieur ne peut être contemplé à l'extérieur et encore moins mesuré et contrôlé.

Ce n'est pas d'une prétendue toxicité de la vérité toute nue dont nous sommes ainsi protégés, comme le croient les imbéciles cachés derrière leur fausses lois matérielles.

Le lien amoureux que nous entretenons passionnément avec elle n'est jamais gratuit ni hasardeux : ce libre lien détermine notre vie en passant avant tout le reste, sans exception.

La coupure de ce lien est une vertigineuse chute dans le néant existentiel, une chute dont on ne remonte pas : le puits est sans fond. Sa vitesse est proprement hallucinante et défigurée.



 



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