mardi 10 février 2015

ISIS # 1 MONDES DIVERGENTS








Monstration et démonstration, souvent de force, l'ordre politique de la cité. Massification et soumission "salutaires" des esprits derrière les murs, plutôt que l'inscription de leur éternité spirituelle dans une pierre libre. Monstration ostentatoire, codifiée, artificielle, pure technicienne, tacticienne. Monstre froid.


L'ordre naturel, dans sa chaleur matricielle, cache et protège, relativise géographiquement les richesses partagées, discrètement, selon une distribution de mœurs adaptée, plutôt que légalisée et collectivisée. Peut-être le seul partage qui ait jamais vraiment « fonctionné »...



Non la vitrine, mais le voile, non l'interdit, mais la douceur, la noblesse. Mystère naturel, qui n'est percé que par l'expérience : tout savoir est vain qui ne participe pas. Rien ne double l'ordre. Tout trouble n'est que transitoire comme  passage provisoire. 

Tout devenir demeure centré sans être nulle part forcé ou empêché. Puisque tout est lié, l'équilibre coule de source vers un aval culturel où raison et culte s'étreignent dans une douce frénésie spirituelle. De la relativisation même naît et renaît tout l'absolu incarné.



Territoire de chacun, en viager, qui se connaît et respecte, avec ses limites spontanées ou organiques, nécessaires à l'ensemble plus qu'au "vivre ensemble", sans règles imposées de l'extérieur. Là, sans publicité, le vivre heureux se cache : rien à montrer ni démontrer qui s'écarterait d'un ordre accordé, celui d'un orchestre d'harmonie : du plus faible au plus puissant. Chacun ne prend que ce qu'il lui faut sans faire trop de sentiment, mais sans cruauté. Mais cette musique n'est pas moderne.



Ce que manifeste, mais silencieusement, cet ordre d'un monde dit naturel, comme s'il avait jamais pu en exister un autre qui soit un tant soit peu viable , par opposition factice à l'humain qui se voudrait social et meilleur que celui-ci trop injuste ou dégradant – donc insoumis à une volonté séparée et coupée par pure folie de puissance obscure, est bien autre chose qu'un triste mur protecteur face au chaos présumé d'un cosmos qui nous a tout appris, mais dont nous avons oublié le Tout, pour mieux le maquiller et présenter en haut épouvantail.



Dans l'arbitraire concurrent claquemuré des cités de la puissance matérielle et de la contrainte "spirituelle", prétendant la justifier dans les cœurs malades en réglant la vie en zoo humain, chacune construite et expansée sur la peur, non sur la confiance. 

L'économie villageoise naturelle partagée, elle, en rien liée, au départ, avec la gestion urbaine, rationalisée du troupeau enclos de la domesticité politique. Ces deux mondes n'ont à échanger que des points de vue divergents : ils n'ont pas les mêmes liens avec un monde réel, dont l'un ne peut que nier la vérité immuable dans son entreprise démente de transformation perpétuelle, pour et à croire pouvoir toujours l'adapter à sa cruelle inadaptation chronique.

Toute extériorité humaniste au monde s'emmure de logique "ouverte" à tout vent comme une girouette folle, coupant les ponts pour un sens unique construit "d'entrée" aux péages d'urbanités pestiférées, assiégées de doute et de corruption internes, comme un seul ghetto culturel en manque et trop plein à la fois, mais inverseurs. L'antique fable des viscères révoltées. 

Cul par-dessus tête, bien coiffée des terrorismes intellectuels. Monde de chiens, infiniment plus cynique que celui de nature. Monde de droits à exhiber et "défendre" : ceux, misérables, du jouir sans limite ni devoir, dans l'enferment même du bocal célinien : Mort à Crédit universel.





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