jeudi 12 février 2015

LA VÉRITÉ # 12 LE BOUT DU MONDE





Dans un monde déchu et absurde, bien perçu par Nietzsche comme menace permanente sur une humanité décrochée, le réenchantement matériel technicien de consommation ou de transformation ne peut parvenir à la transfiguration positive des limites de la condition humaine, ni permettre de renouer avec les visions cosmogoniques du sens originaire de l'être, désormais enfoui profond en chacun, tabou moderne subtilement dissimulé ou brutalement asséné.

L'abstraction absolue de la modernité du monde jamais ne compensera l'inhumaine perte de l'ancien univers relié : chaque « chose », réduite à l'état d'objet, agonise sans un soleil plus généreux qu'impitoyable. 

Les liens anciens – il faut le répéter jusqu'à la fin – était irremplaçables dans leur rationalité sacrée. La survivance dégénérée d'un sentiment métro religieux n'y changera rien, au contraire : il ne produira que plus des mystiques dégradées et dégradantes.

Ces liens anthropocosmiques, vieux comme le monde, étaient infiniment plus rationnels que la raison cartésienne moderne des dragons mécaniques qui dévastent, comme dans le film Matrix, ce qu'il en reste : jamais elle n'ira jusqu'au bout du monde, et elle le sait pertinemment bien. 

Elle ne rêve, dans sa folie criminelle, que d'en venir à bout, comme celle de ces révolutionnaires d'il y a quatre siècles, d'en abattre quatorze. Du vieux monde, faisons table rase... Au bout de cette arasion logique apparaîtra un monde meilleur, et même le meilleur, cher Aldous. Un drôle de bout du monde !





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