samedi 14 février 2015

LA VÉRITÉ # 13 POPULISME ET FASCISME

Commentaire initialement publié sur le blog Venator autour du post Populisme du 10/02/15, et partiellement repris ici.




Les responsables politiques ne fabriquent pas le populisme, il surfent sur lui en tentant de l'instrumentaliser et de le récupérer à leurs fins, surtout à gauche, en gauche intellectuelle et progressiste, qui se pose toujours en recours de la dernière chance au mal dit absolu, eux-mêmes incarnant , bien sûr, le bien suprême. Évidemment ils jouent avec le feu comme d'autres avec le sacré. C'est le populisme qui les fabrique, comme il fabrique tout en démocratie, qu'il soit de gauche, de droite ou des extrêmes. Depuis qu'il n'y a plus de peuple il est en effet si facile de parler de populisme comme d'une survivance contre-nature : le peuple profond a toujours été aristocrate et même beaucoup plus...



Mais ceux qui manient le plus et le mieux, en sous-main, « le populisme », ça a toujours été les libéraux, par un subtil jeu  de « renversements réalistes » à moyen et long terme. C'est pourquoi, en manipulant aussi bien droite que gauche, ils parviennent toujours à faire des uns les conservateurs des autres, et d'abord en ce qui concerne la loi des affaires. Une seule raison pratique récurrente leur permet de dominer largement les enjeux et de prodiguer les bons conseils : la peur et l'égoïsme, puisqu'ils ne sont jamais les payeurs.



Ce que l'on nomme populisme, en se pinçant un nez curieusement insensibilisé, par ailleurs, en l'absence d'odeur cadavérique de l'argent de ces derniers, c'est un peu de cette chose « qui blesse », vous savez, que les naïfs nommaient la vérité, et dont la négation méthodique fabrique les fascismes les plus révoltants et les plus ignobles, que certains savent retourner à point, cuite comme la bête blessée "au ventre encore fécond" des derniers millénaristes, cette fermentation abjecte du puritanisme sentimental, trahi dans sa religiosité la plus primaire, cette mère « légitime » des crimes et des haines. Toutes choses dont parla si bien – mais apparemment pour rien, et peut-être en raison de sa propre contribution nihiliste au monde qu'il vomissait ou moquait – un Céline de classe moyenne, versus populaire et contre-populaire en même temps.



Pour ce qui est du fascisme islamique, des histoires de diversité ou de multiculturalisme ou du relativisme culturel, ou plutôt de la culture relativiste, aujourd'hui celle de nos bons économistes – comme il y avait les bons pères – (tous ces imposteurs incultes qui passent leur temps à calculer les avantages et les inconvénients des destructions culturelles, ces découpeurs de cheveux en société et individus, citoyens et civilisations), il est évident que ce « l'ordre libéral » a toujours le plus craint est « l'ordre religieux », celui d'ailleurs dont il se rapproche le plus singulièrement, dans ses rapports simulés mais contraints avec une prétendue « hiérarchie des appartenances et loyautés » fondée sur le dogme impérial d'universalismes humanistes non pas profanes, mais de pure profanation, c'est à dire exclusivement fondés sur les affaires et leur secret.



Il est certain qu'un ordre fasciste nouveau, recouvert du voile impénétrablement pieux de l'Islam comme d'une sorte de filet de camouflage, impressionne beaucoup le « monde libre », dont les souvenirs français des guerres de religion sont évidemment plus « horribles » que ceux des guerres et génocides révolutionnaires laïcs du même pays, malgré leur si sainte concurrence dans l'horrifique escalade de pureté rationaliste de leur « Ordre » terroriste. Mais pour ce qui est du fantôme des guerres civiles, hantant le sommeil feint de nos chers libéraux, ils ont toujours su l'agiter au bon moment efficace, avec la maestria modeste du Bon Créateur d'Entreprise. 

L'ordre fasciste islamique nouveau n'a de sens qu'à partir de ses origines obscures, donc financières, comme le furent le nazi ou le léniniste (…) Le culturel invoqué ici n'étant qu'un épouvantail pour les crédules créditeurs: les trois monothéismes appartenant à la même famille..., ils sont le beau prétexte du cœur de cible du viseur et du superviseur, et ce jusqu'à la fin froide du programme

 Le reste n'est que littérature : crimes passionnels de masse autour d'histoires de fesses intellectuelles. L'horreur sacrée est un acquis démocratique, comme la guerre de 14, sur lequel il va être difficile de revenir : on n'arrête pas le Progrès.






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