jeudi 19 mars 2015

ARCHE DE NOS PIEDS






On change l'inéchangeable in-changeable en faisant croire qu'on a changé de l'interchangeable : fantasmatique perversion du devenir que, et qui permet l'illusion anthropocentrique de croire tenir et violer la sauvage virginité de l'éternité.

Nous sommes là devant la figure humaine propre de l'absurde contre-naturalité de la négation de nos limites, rejetant sur l'univers entier l'origine de la faute inexcusable à chaque fois que monde fait ses comptes et nous présente nos cruelles vérités dans le miroir de l'intouchable réalité. Monde, mal fait, le monde est toujours à changer... en fin de comptes.

La fin de cette tragique histoire sans fin, avec toute la divine comédie humaine, à la fois dantesque et si pitoyablement balzacienne qui va avec, augure inéluctablement des temps proprement métaphysiques, au sens de au delà non seulement de nos limites, mais encore au delà même de toute action humaine, de toute pensée ou mesure humaine. 

Temps contre-renaissants renaissant de cendres antiques héroïques et légendaires que l'incendie volontaire de la modernité matérialiste avait cru pouvoir enterrer sous des montagnes de calculs humanistes purs.

Pour ce qui est de la ligne humaine concrète poursuivie sans issue, mécaniquement depuis la mort de Dieu dans la tête de nos désirs avilis de puissance biologique virtuelle, fabriquée par la première perversion du devenir vrai entre les murs du camp de l'imposture repeinte en science nouvelle, l'utilitarisme libéral n'a fait qu'utiliser la force négative de l'idéologie progressiste de gauche pour envahir et ouvrir à la colonisation intérieure de l'humanité éternelle, maquillée par son impitoyable maquignonnage et ses maîtres-chanteurs, en Ferme Modèle des Animaux dans une nature environnementalisée dans un temps pratique réifié.

Mais la libération de la force d'impuissance induite dépasse déjà toute imagination et la réponse du monde ne se fait pas attendre : la balance poursuivra jusqu'au bout son immobile ras-de-marée de vases clos infiniment communiquants

Savoir nager n'est plus affaire de savoir ni de vouloir : seul un certain amour universel sauvera chaque être particulier. Face au déluge Dieu montre partout dans son absence qu'il suffit d'une arche spirituelle pour tenir debout, pieds-nus sur la terre-mère et marcher sur les eaux montantes...







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