vendredi 13 mars 2015

LA VÉRITÉ # 16 D'UNE VÉRITÉ L'AUTRE




Réponse commentaire remaniée à Anarcourge | 11/03/2015





"La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas.
La vérité de ce monde c'est la mort.
Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n'ai jamais pu me tuer moi."



L.F. Céline





Combien Camus avait raison de dire que le suicide est le problème le plus important!..

Vous citez cette sentence, si rare, si désespérée et honnête, de Céline, en marquant beaucoup de points d'un coup. Après, tout dépend de la façon de voir et recevoir la vérité de cette haute vérité, dévoilée par ce génie d'abord d'humanité, à mon sens. Mais cette vérité n'est qu'humaine, et même qu'occidentale. 

Et même en Occident, ne concerne t-elle  pas uniquement, comme pensée unique, à la fin des fins, que notre triste part maudite, restée malade généralisée comme un cancer, mais d'une vaste culture invisible, bien réelle, mais éternelle ?



Sentence implacable non pour l'humain, plus précisément, mais pour ses systèmes logico-industriels à vivre actuels, humain avili par un système de pure puissance, qui par son hégémonie génocidaire, se voudrait dominant (« le capitalisme a gagné. »). Pas pour l'homme vrai, l'indigène culturel d'une certaine civilisation, que la vérité et son combat maintient absolument écarté et étranger de ce système inhumain contre-transcendant, – humain ordonné et orienté qui a toujours pu et pourra toujours, ici et ailleurs, pour des raisons culturelles propres plus que politico-logiques (…), choisir entre le « mentir ou mourir » qui nous fracasse en masse depuis trop longtemps (1914 ?, et dont ce Céline, engagé volontaire à 17 ans, vécut la démence et l'horreur illimitées sans doute comme une incurable révélation.



Il y a ce que l'on peut nommer « l'obéissance consentie » d'un humain de bonne volonté à un ordre naturel propre qui le nourrit et le constitue avant même de dépasser ses magnifiques limites naturelles aujourd'hui salement transformée en handicap majeur. 

Obéissance consentie, oui camusien, qui n'est en rien soumission, comme si on devait être soumis à l'air qu'on respire, mais plutôt contre-don vital. Cette vertu de base, devenue, chez nos modernes cervelles massifiées de fausse intelligence, un vice moral dénoncé par... la corruption et à l'inversion généralisée des valeurs, « vice révoltant », répugnant donc, que le politiquement correct persécute au nom d'une fausse liberté, comme si la liberté pouvait se mettre en boîte, au rouleau compresseur idéologique, dès la maternelle, ce qui laisse effectivement peu de chance de sortir de l'alternative (désespérément ou cyniquement, ou les deux à la fois ?) pointée par un Céline centralement cassé, ce pantin que nous sommes presque tous devenus devant nos glaces le matin, notre ombre précoce.



N'étant nullement nihiliste, sans pour autant nier les vérités certains nihilismes, je suis pour partir effectivement d'un Céline, de ce désespoir immense qui crève en nous, frères humains « du voyage » sans fin ni fond (et là je pense aussi, incidemment, à un film comme « Coup de torchon » de Tavernier (…), pour aller vers une liberté qui est aussi en nous (et encore plus profond!), depuis bien avant le début de la terreur systémique, et qui peut ne pas avoir dit son dernier mot, si elle le veut, dans la mesure même où celle-ci, dès qu'elle retrouve sa parole, comme chez un Céline à son mieux, justement, mais aussi chez n'importe qui qui se réveille, et retrouve l'incorruptible et irréfragable vertu de vérité réelle, libératrice de ce monde – créateur et création à la fois, par delà même l'humain, et qui est loin de n'être qu'une véritable asymétrie du mal, mais aussi et d'abord réponse et écho de quelque chose de beaucoup plus haut et grand que ce mal de salon ou de salauds, – au moins dans ce sens – , devenu tellement existentiel, pour les habitants innombrables du système mondialisé, qu'il va finir inévitablement par leur faire, au moins, de plus en plus toucher rationnellement l'essence de l'éternité terrestre première perdue.

Sans elle, c'est si vrai : le mensonge occupe toute la place, dieu très humain il est vrai, mais faux, beaucoup « trop humain », -- dans la direction escarpée mais libre au moins, pointé par un autre génie janusien, indépassable au plan "humain", justement, sauf à quitter la défroque humaniste puante qui colle à la peau du moi, nous encamisole le coeur et s'efforce ridiculement -- à en mourir de rire -- d'en tenir lieu. Combien de temps encore ?









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