jeudi 19 mars 2015

LE LANGAGE DES OISEAUX





Cher C.



Le monde des oiseaux ne peut pas être séparé de celui des humains, ou plutôt c'est l'inverse, mais l'humain étant séparé de lui-même autant que des oiseaux, la référence ne lui appartient pas, les oiseaux, eux, appartenant à un monde qui ne leur appartient pas, alors que l'humain considère que le monde, qui n'est pas plus celui des oiseaux que de l'humain, lui appartient. 

L'essentiel étant de retrouver ce monde que les oiseaux, comme beaucoup d'autres, n'ont jamais perdu et qui, n'appartenant à personne, est partagé de tous.



Le religieux n'a pas de tâche, il est une « fonction » qui est de tout relier à tout. Et de permettre ainsi une vraie science.

L'humain ne donne pas de sens au monde pas plus que le monde a un sens humain. L'humain véritable est relié au sens du monde, qui ne lui est ni étranger ni soumis. L'humain est unifié en lui-même quand il l'est au monde : la nature, la culture, l'appartenance (…) ne peuvent avoir que, et aller dans ce sens qui ne lui appartient pas, à l'inverse de ce que voudrait l'humanisme contre-nature. L'humain n'est la mesure de rien, il ne l'est même pas de lui-même...



Si ma culture est chrétienne c'est par un hasard de racines nécessairement naturel  qui fait qu'elle pourrait être bouddhiste sans que rien ne soit changé à ses principes de base ou à sa nature universelle première, puisque tout vient des noces du chamanisme et d'une certaine spiritualité du cœur, plus que d'une église, d'une révélation ou d'un dogme, et encore moins d'une philosophie ou d'une science.



Comme nous sommes les oiseaux, nous sommes aussi cette rivière à l'agonie, si la condition que nous leur faisons est anormale c'est que nous sommes sortis depuis longtemps de la normalité naturelle et de sa mesure commune : nous ne connaissons plus que l'égoïsme humaniste qui nous place au centre d'un tout qui n'est plus rien ni personne ni nulle part. 

En vérité nous sommes devenus l'utopie ce centre exclusivement humain qui exclut la nature et la seule façon de la retrouver est de s'éloigner de ce centre de mort – la ville.



Je ne crois pas que nous devions nous nourrir les un des autres, mais que nous pouvons nous nourrir ensemble de la nature retrouvée et relevée, dans sa physique et sa métaphysique, dans sa matière et sa spiritualité, hors de tout système philosophico-religieux. 

Cet esprit qui est à leur origine première dans son corps mystérieux et infini – Univers ou Création, peu importe son état en nous, si nous pouvons encore sentir le sens de son souffle d'Animal-Monde.


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