dimanche 8 mars 2015

LE NOUVEAU CLERGÉ


Article tiré du commentaire intégral corrigé à Mixité sociale, solution ou alibi du 3/03/15, sur le blog Venator.



Au moment où le capitaine des pompiers monte au charbon pour simuler une prise en compte officielle à usage électoral de « toute la misère du monde » intérieur, découvrant violemment d'un coup d'un seul, après les « évènements » du 7 janvier, un apartheid « caché », voici un petit texte cité qui fait l'apologie du ghetto, et parle de ses « vrais enjeux » – cachés.

Celui qui parle appartient à un « ordre » convenu de la modernité, devenu, dans son ensemble, aussi peu ragoûtant aujourd'hui, sans que cela soit évidemment nouveau, que celui des ingénieurs des Ponts et Chaussées, par exemple, pour en citer un mal-faisant parmi bien d'autres.

D'abord le coût de la réparation prétendue, ou plutôt pré-vendue, d'une « injustice sociale » que la gauche, dans l'ensemble, est aussi loin de comprendre que d'y être étrangère par ses ailleurs collabo-libéraux-démocrates, ce "coût" ne peut être évidemment que plus élevé que si on ne fait rien pour supprimer les « avantages » inavouables d'une  situation à découvrir... L'économie n'a pas d'odeur... C'est pourquoi on reste dans le vague positif des suggestions, qui se gardent bien d'appuyer là où ça fait mal, mais caressent bien le sens du poil, qui comme chacun sait, n'en déborde plus beaucoup.

Ensuite, amis de l'intelligence spéculative bien conçue, des sas de « décontamination » sont nécessaires avec certaines « populations » (les urbanistes ont la bonne habitude, avec d'autres politiciens et décideurs, de nous obliger à accepter l'usage légitime et banal de ce terme pour désigner des êtres humains non encore normalisés pour une raison ou une autre, un peu comme l'éleveur industriel utilise exactement le même mot technique, pour exprimer le contraire, tout en allant dans le même sens : entendez unités finies en stock.). Il s'agit, ici, de matière première brute de décoffrage, non encore calibrée, si on peut dire.

Pour ce charmant sociologue-urbaniste (« mix » d'humanisme spécial qui peut difficilement être dépassé en termes de chiennerie de garde des pathologies du troupeau), pour ces maquignons d'hommes à parquer,
stocker et déstocker, néo-négriers des temps modernes juchés sur leurs vaisseau-amiral de béton armé, honorables artistes de notre belle urbanité adaptée ; pour ceux là donc, que des camps de concentration urbaine, dont on ne peut dire, sans exagérer trop qu'il s'agisse de ghettos, – terme sans doute réservé à des population juives, en des temps révolus (« c'était avant..., on a changé), existent, c'est bien sûr !

Mais ce dont il s'agit ne peut aucunement être défini par ceux qui les subissent, ces habitats-cités de transit : leurs sentiments sont trop subjectifs, et même, si l'éternelle et insupportable plainte des relégués avait quelque raison d'être, l'instrumentale, elle, ou le simple bon sens évidemment économique (entendez celui des élites, non le populaire) nous met devant le miracle de la transformation des tares en atouts : la valeur d'échange du cheptel doit être considérée en profondeur, à long terme, sous tous les angles morts.

En général, ces « populations » familialement regroupées, une fois normalisée, présentent des unités humaines de production sans doute en meilleure santé physique et de meilleure qualité à beaucoup moins cher que de vieilles unités indigènes françaises « de souche », aux bras usés d'illusions, cassés de fatigue répétitive, avachies et épuisées par un embourgeoisement d'assistance mentale consommatoire, vieux sang usé par des siècles d'industrie et d'enfermement climatisé urbain et de bourrage imbécile de crâne civico-catho. De ceci un Céline si parla bien... sans arriver à toujours tout comprendre, mais au moins il a essayé, lui, un docteur !

Ces unités mobiles, provisoirement fixées et concentrées, déracinées, en pot, d'importation récente, constituent « un sang frais » pour le système, chaud, ambitieux et primaire, libéralement activé dans son désespoir de parqué même, avide, pour s'en sortir, de tout faire, de se « défoncer » jusqu'au bout, jusqu'au burn out s'il faut, pour se montrer et montrer qu'il existe, bat et se bat bien, autant que d'autres populations si visiblement plus avantagées, sans qu'elle n'y soient, elles non plus, pour rien, avec lesquelles on les fait concourir... (Morituri te salutant... Ah ! Sublime école de l'égoïsme, de l'ambition, de la jalousie, des illusions, du pouvoir, de la puissance et du désespoir !)

à prétendues chances égales sur le papier de lois de pacotille quand aucune culture commune existe au départ, et ne pourra donc, non plus, être à l'arrivée ; qu'un repli communautaire dévoiera nécessairement les plus fragilisés des enfants d'en bas vers un terrorisme utopique mythique, comme le fut la bande à Baader, pour d'autres, plus fréquentables et éduqués, eux, en d'autres temps,, avec une belle cause humaniste en miroir du fascisme encore plus réel de la prétendue islamique paradisiaque d'aujourd'hui. Mais peu importe, au final, si la réussite passe par la délinquance : ça va plus vite et ça rapporte gros : de toute façon tout finit intégré, récupéré dans le P.I.B., le bien, le  mal, l'horreur, la fraternité, la trahison... vive la dérégulation du monde ! La morale n'arrêtera pas le Progrès !

Quand cessera la nazification idéologique de droite, de gauche, laïque ou religieuse, des gens, de couleur ou pas, d'importation ou pas, des vieux ou des jeunes ? Jamais : elle est consubstantielle au système technicien urbain, l'énergie négative du moteur à explosion. Nous sommes tous des enfants-soldats, sauf qu'il y en a qui le seront plus que les autres, qui iront plus loin dans l'horreur... cachée derrière nos bons sentiments, celle qui paie.

Ces enfants, ces mères ces pères des ghettos, dans leur ensemble, veulent tellement vivre et montrer leur valeur humaine marchande comprimée, que ce que les politiciens nomment la République, et qui n'est plus qu'une trahison verbale de plus en plus tragique, peut productivement compter sur eux, sur leurs belles illusions de battants de couleur, d'énergétique rebelles du mérite pour passer plus facilement, plus rapidement, plus violemement encore à l'inévitable choc multiculturaliste d'une modernité américanisée de frais, avec tout le terrorisme intellectuel et moral politiquement correct qui va avec, face à des autochtones décervelés rétrogradés par « le progrès », qui refusent de jeter aux poubelles de la modernité les certitudes stables d'une culture en démolition, en décomposition avancée. Les imbéciles !

Le « creuset » français à « l'international(e) » ne peut qu'être boosté par la natalité naturelle de populations mieux encadrées et formatées. La production industrielle de matière grise aussi, à terme. Sans parler du stakhanovisme au mérite républicain, de la fierté d'appartenir à la 5ème ou 6ème puissance mondiale, d'abord marchande de canons et de nucléaire, d'avoir intégré de droit, cela suffira, une industrie culturelle universellement respectée, même si elle ne respecte plus que des caricatures de valeurs « héritées » plus que méritées : la liberté d'opinion supprimant la liberté de conscience... Ça ira, ça ira dit la chanson! Voilà de vrais enjeux politiques dont on peut parler sans en parler, amis industriels ou banquiers. Voilà les belles valeurs implicites notre belle France bananière.

Comment ne pas avoir honte, non de la France des banlieues qui n'est que ce qu'on en a délibérément fait, Messieurs les sociologues-urbanistes de service, et qui doit, si on sait encore ce qu'est la dignité humaine, s'il est encore permis d'en douter, être effacée avec des excuses concrètes, et non des contritions verbales de bonnes-soeurs libérales-communistes quel qu'en soit le coût – en faisant la preuve d'une culture vraie, humainement supérieure ; oui, on ne peut qu'avoir honte de tous ceux qui ont fabriqué, froids comme des SS, cette horreur qui nous fait détourner la tête, plus calculatrice que pensante et bien faite, qu'on nous a greffé en retour de sécurité alimentaire à la place du cœur, du courage et de la liberté

 La vraie France, celle de la Culture, n'a jamais eu honte de ses enfants, elle ne peut que les aimer, les aider à aimer, à l'aimer, à s'aimer dans l'autre ; le reste est sale, c'est pour ça qu'il si hors de prix et qu'il y faut désormais toutes les mafias du monde pour oser y investir...

Mais la Culture, depuis qu'elle a des Maison d'Etat, des raisons d'État au lieu d'être maison commune, est aux ordres et à la finance, et malgré les apparences mielleuses des propagandes, il est bien rare qu'elle se lave et lave vraiment propre : elle se blanchit seulement, comme ces blancs de music-hall singeaient les orchestre noirs des rues. Nous sommes bel et bien dans l'alibi le plus bas, pur et simple, bête et cruel, éternel établi, rien que dans l'alibi, quand on sait ce que ce mot veut dire. Pour s'en convaincre, il n'est que de songer à ce que nous faisons chaque jour que Dieu fait dans les pays d'origine de ces « populations » : pillage et épuisement des ressources par tous les moyens, y compris la guerre civile, maquignonnage des flux migratoires et des « exils », l'État français, lui-même employeur de travailleurs illégaux etct...

Mais ceci est une autre histoire, une autre fable qui divise indigènes de souche perversement fascisés et autonomistes de l'international révolutionnaire-productif, tout aussi fanatisé... paysans de l'intérieur aveuglés de misère et de colère contre cosmo-bobos illuminés de Bavière, sur les moyens de s'américaniser par le vide, sans en avoir l'air : notre culture profonde était anti-fasciste ET anti-égalitariste ; mais dans l'exode intérieur qui nous pousse au crime « transcendantalisé » low cost de fête foraine d'aujourd'hui, (– la guerre civile, économique, psychologique, idéologique, sexuelle, raciale, culturelle – est une fête ! Ô retour consommatoire du sacré obscur...) qui s'en souvient encore ? La peur est déjà redevenue une valeur supérieure sûre d'avant-guerre

Réfléchissez bien à ce que vous croyez penser être dans le rien qui vous vient par le nouveau clergé sociologue-urbaniste de choc... Retournez bien sept fois dans votre bouche d'ombre la langue morte de votre défunte mère-courage avant de parler pour ne rien dire.


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