mardi 24 mars 2015

NATURALEZA MUERTA (À LA LUNAIRE # 1)






Avant même que science et philosophie n'aient plus aucun besoin sensuel de Dame Nature, ces humains-là l'aimaient d'un amour – non pas comme science et philosophie leur dictaient qu'elle devait être, dans une sorte de devoir de papier, comme il y a des richesses de papier et comme il on leur dicte doctement aujourd'hui ce que doit être Femme ou Homme, parée de toutes les beautés idéelles spéculatives cosmétiques qui font nos misérables fantasmes et la dérisoire puissance imaginaire de l'humanité moderne – , mais telle qu'en elle-même, sans moi, dans la raison supérieure d'une passion an-historique, dans la grandeur et la beauté offertes et partagées de sa sensuelle divinité, devant laquelle ces humains-là s'agenouillaient de joie, comme on boit à la source, cette joie biblique non orthodoxe, naturellement dissidente d'un humain institué au cœur salement soumis du divin, naturellement fusionnelle, joie d'une co-naissance animale "de...à" l'être un infini du monde, de ce qui est, universellement.

Ce que science et philosophie, ou religion, apportaient à ces humains-là était de la divinité de vie, non de la basse domesticité technique aliénante.

Un approfondissement du mystère d'une joie sauvage, non encore contractualisée, dans une liberté faite de soumission amoureuse, consentie ET éclairée, avec la divinité du naturelle du monde, de la Création, plutôt qu'à une domination obscure et intellectuelle par son objectivation esclavagiste cartésiano-sadienne dégradante en bas environnement de la domesticité humaine impériale romaine d'occident. 

 Cette mise en périphérie scientifique de la Nature est une abjection en soi, une pornographie vénale-libérale plus basse encore que ce que les révolutionnaires de la révolution sexuelle au service du système de gestion des pathologies du troupeau industriel inventèrent pour libérer nos clones de notre nature et les ramener à Rome

Cette périphérie distante et séparée est la racine du mal moderne, sa « maladie de la vache folle » quand nous songeons sans consolation, à la ruminante nietzschéenne dans l'éclatante, la lumineuse, la laiteuse beauté  de ses vertes mamelles.




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