samedi 11 avril 2015

LA VÉRITÉ # 18 LE MONDE EST PETIT






La loi, au lieu de son intelligence, sa liberté et de sa vérité, est devenue en elle-même, pour verrouiller ces mêmes vertus supérieures, le cadre principal du système : le droit humain a remplacé le divin. Nous sommes donc verrouillés dans un système passé d'un système ouvert, où l'espace des principes étaient beaucoup trop grands pour avoir été inventés par les humains, à des temps fermés, trop petits pour la grandeur humaine.



Système si petit qu'il sera bientôt généré et géré par les machines. Le premier système, celui de Dieu ou de la Nature, conduisait à un niveau d'intelligence supérieure à partir d'à peu prés les mêmes principes. Le second, ayant éliminé le premier comme archaïque, ne mène qu'à un seul bas résultat : emprisonner l'esprit dans les formes complexes de la matière. Le premier ne concevait de droit que par la foi, la mauvaise foi du second fait fi de la foi pour définir la loi du vide humaniste.



Tant que l'objectif de la loi ne sera que l'efficacité technique dans la gestion sociale des affaires, il n'y aura plus, comme on dit, de morale, ni publique ni privée. Tant qu'elle ne demandera plus un respect absolu de valeurs en accord avec les convictions profondes des sentiments innés les plus hauts, les plus généreux, elle n'organisera que la soumission à la loi du plus fort, généralisée comme un cancer lent, aux normes hors-sol du pouvoir et de la puissance, à l'apesanteur toxique de théories économiques ne légitimant qu'un délire décroché. Par contre – le juste n'étant pas la puissance, même publique – , elle ne fera, cette prétendue loi, qu'organiser le chaos et la révolte qui va avec, pour la bénédiction de son auto-renforcement.

L'objectif caché de ce monde légaliste formel, soviétique, si on veut, derrière la légitime révolte de naïfs et crédules citoyens standardisés, lobotomisés, ne visant qu'à les faire tomber, d'une manière ou d'une autre, à un moment où un autre, du plus haut au plus bas de l'échelle sociale, sous le coup de la loi. Chaque pensée, chaque parole, chaque acte, chaque sentiment, chaque travail, chaque jouissance, chaque œuvre devant, en bien ou en mal, recevoir sa sanction juridique ou judiciaire : bénédiction ou condamnation.



Ce totalitarisme de l'Office Juridique va plus loin que les catholico-protestants qui l'ont précédé : le contrôle se systématise au fil des décennies, à la fois à l'international et en descendant toujours plus profondément dans toutes les structures de la vie privée survivante, sursitaire. L''objectif est la colonisation du psychisme et du spirituel, évidemment, comme toujours.

 Il ne doit plus y avoir de hasard libre ou relatif entre le marteau et l'enclume, il ne peut plus, désormais, exister pour la pièce humaine travaillée, que de la nécessité absolue, libérale, morale, psychologique, civique, réglementaire. Une nécessité de droit administrativo-commercial. Le reste devenant potentiellement soit interdit soit illégal, soit non encore traité.



Tout ce qui n'est pas validé est virtuellement donc, illégal ou nouveau marché : voilà « la danse des esprits modernes », celle qu'on nous fait jouer, comme d'autres le firent faire à des êtres anéantis, au son d'un violon pitoyablement émouvant et dérisoire, dans un camp psychologique ou un autre... « Nul ne peut l'ignorer. » Nul n'ignore l'horreur, première leçon de l'Histoire. Il n'y a de terrorisme qu'intellectuel, seconde leçon, actuelle et inactuelle. Qu'elle soit de Dieu ou d'État, qu'importe le flacon de Constantin ?



Non seulement le monde est rond, mais il est petit. De plus en plus petit. L'augmentation de l'hominidé l'a rapetissé. 

Nietzsche l'avait prédit dans un sens, Camus, dit dans un autre : le suicide sera le problème numéro 1 de notre temps. Face à la sur-puissance technicienne du cadre de la condition moderne, la désertion logique et l'émigration vers des mondes « meilleurs » – déjà malheureusement initiée par celui de la drogue et ses suicidés de la société – , ne pourront qu'avoir des impacts épidémiologiques incalculables – fenêtres ouvertes sur le grand vide des pathologies du bocal.



En attendant « la reprise », les tentatives, dérisoires mais combien rentables, de substitution d'un plaisir et d'une jouissance psycho-industrielles calibrées, aux plus profondes et éternelles aspirations à la liberté et à la vérité (…) – ces rebelles invariants désormais au mieux condamnés, au pire criminalisés – ces minables tentatives, criminelles justement, auront pitoyablement échoué.  

Par delà les prédictions d'Huxley, la continuité dite laïquement, scientifiquement, psychique de la République Humaine deviendra aussi insaisissable que les flux climatiques déréglés.

Totalement violente et pathologique, imprévisible et irrationnelle, comme l'animal traqué, apeuré face à un système d'immobilisation écrasant et immobilisé à la fois lui-même, par et sur la totalité de ses écrans noirs et curseurs fous, fébrilement pointés, à la K. Dick à son "mieux", sur l'inessentiel stirnérien d'électrons psycho-dandysés.








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