lundi 6 avril 2015

MUSIQUE # 1 LE ROI ET L'OISEAU




La Grande Normalisation, être ou la norme. Sommés de « nous bouger », d'évoluer, de rendre des comptes sur ce que nous sommes, il nous faut nous mettre aux nouvelles normes ou mourir.

Nous adapter au nouvel ordre mondialisé, à ses standards, à son mainstream, sa pensée unique, comme on dit. Intégrer l'Empire Romain, ses us et coutumes en forme de lois scientifiques, présentées comme autant d'éthiques de la protestation du droit. La morale ne faisant plus le droit, au contraire : les affaires font le droit du canon.



S'adapter ou mourir : « Ave Caesar... ! » Et non seulement mourir, mais pire encore – la psychologie, cette crypto-religion moderne, a trouvé pire ! –, mourir idiot, exclus, marginalisé, assisté, coûtant trop, « charge » insupportable, à oublier sur le bord de la route pour un monde qui n'a plus le temps ni les moyens d'être grand ou généreux : plus nous accélérons la cadence infernale, plus le monde rétrécit, plus nous approchons de l'aube nouvelle d'un empire néo-positiviste total, plus il devient petit, réduit, étroit, borné, compté comme nos jours et comme les siens, ce monde.



Il nous faut nous mettre aux nouvelles normes, celles de la messe du futur. Nous ne pouvons plus continuer comme ça, à être ce que nous avons toujours été, comme avant, où tout était pire, barbare et improductif, inhumain. 

C'est que tout a commencé et finira avec la Science. Cet esprit magique qu'il faudra bien, si nous voulons non survivre « heureux » en élevage, mais retrouver notre grandeur perdue et celle du monde avec, abandonner à ses délires obscurs et ses fantasmes impériaux, ou mourir, justement ! 

Le plus difficile sera de divorcer d'avec ces sciences dites humaines, qui sont la base même de notre nouveau conditionnement industriel médiatique : la psychologie de masse, depuis 1914 en gros, a rejoint la technique de propagande pour des noces  toujours plus barbares.



Cet "esprit" qui, depuis, instrumentalise la science en technique pour mieux demander au monde de rétrécir et de s'adapter à l'immensité relativiste de son empirisme immobiliste.

Dans ces conditions, comme l'avait pressenti Ellul, il n'est plus question de citer ses sources, qui, face à la Police de la Pensée, demeureront aussi secrètes que l'être qu'on nous somme de ne plus être. La citation normale des sources est le premier contrôle mental

Comme Frédéric, il faut oublier cette mise aux normes de l’échafaudage et le jeter avec l'eau du bain, pour ne garder que le bloc blanc des mots. La pensée unique ne peut rien devant une pensée unie. Ce qui compte, désormais, c'est l'unité intérieur-extérieur : comme en musique, ses silences font sa force. C'est l'intérieur jour l'essentiel. Le reste n'est que réduit obscur.



 

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