samedi 23 mai 2015

LA VÉRITÉ # 19 LA VIE À CRÉDIT (PHOTOGRAPHIQUE)





Le seul problème est le moi. Il faut lâcher prise. Tout ce que nous sommes et avons, sera dispersé. Comme les feuilles d'automne ou les pétales du printemps. 

Quelle est cette religion de soi ? Qui nous a convertis ? Qui dirige la conscience sociale de soi ? Cette conscience morale des autres ? Nous n'avons rien à voir avec cette superstition, cette imposture intériorisée, cette image, cette représentation égoïste du monde, cet égocentrisme spirituel, plus délétère que la corruption du plaisir à vendre. 

Il est sa couronne parfaite, la perfection de son vide producteur. L'avidité de  Psyché, le singe consommateur du cœur; sa jalousie calcine le plus jeune enfant et le transforme en pieux robot domestique.

Comment en sommes-nous arrivés à croire en notre personne sociale ? Par la terreur qui nous fait renoncer à notre personne humaine, sous le masque.



Défendons les films de Peter Weir, leur révolte au cœur de la tradition, face au commerce et à l'industrie spirituels de masse qui nous font porter ces masques ordinaires de clones dans cette guerre des étoiles et médailles, faite à notre vérité personnelle, à nos peuples, à nos cultures, l'honneur de nos sentiments et le courage de nos corps. 

Le seul problème est le moi, non le whitmanien, mais le cartésien, non le romantique, mais le psychanalytique, menoté à sa libido de carton-pâte hollywoodienne par les publicitaires de la consommation de soi dans l'autre et de l'autre en soi. 

La seule question qui compte vraiment c'est le narcissisme social, obligatoire et surveillé comme une transaction financière. Notre crédit en soi, notre « crédit photographique », comme on dit au cinéma. Sortons du film de nos vies rêvées en séries, entrons dans la vérité de ce que nous sommes.




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