samedi 2 mai 2015

LE SIGNE DE DIEU, MARQUE D'INFAMIE






Il y sa si peu déjà nous nous battions contre un extrémisme catholique dominant, contre la répression obscène d'une jeunesse naïve, mais vraie, qui pensait, après les maîtres-penseurs libéraux – plus de droite et d'extrême droite que de gauche, mais personne ne le savait encore, pouvoir innocemment et naturellement « vivre avec son corps » dans une liberté relative, faisant fi, comme il est bien de noble coutume à cet âge, de la pression sociale totalitaire.

Mais la jeunesse est la cible de toutes les manipulations, le lieu de toutes les illusions, même si cet état de fait révèle le rôle essentiel qu'elle a à remplir dans reproduction sociale ou dans la libération personnelle. Nous n'avons jamais, quelque soit la raison intellectuelle invoquée, approuvé aucun terrorisme moral, et d'autant moins auprès des plus jeunes d'entre nous, qui n'ont évidemment rien à voir avec la catégorie économique nommée « les jeunes » : un être n'est pas un segment de marché.

L'extrémisme est toujours un terrorisme intellectuel, derrière la morale, l'ordre et l'idéologie. Les premiers effets du 7 janvier 2015 sont déjà visibles, actifs et délétères. Le choc du terrorisme pseudo-islamiste, lui-même fabriqué par les capitaux et les politiques occidentales militaro-industrielles au moyen-orient et ailleurs, a propagé une onde de choc que tous se disputent pour une récupération réglée d'avance dont personne ne peut plus croire qu'elle n'aboutira pas à un durcissement militaro-policier des politiques intérieures et extérieures et au premier chef de la France officielle.

Gauche et droite, dépassées par le choc, voient leurs pouvoirs contesté par une extrême droite qui peut désormais jouer à fond la carte d'une laïcité pure dure et pousser très loin les enchères hors du cadre démocratique traditionnel du pays, en tentant de fusionner cette carte aux extrêmes fascistes et communistes, si on veut, pour employer une image. C'est l'image du marteau et de l'enclume, ressuscitée et repeinte, d'un passé récent oublié, mais qui a fait ses preuves.

D'où le climat de guerre chaude laïque actuelle, qui est d'abord celui d'une guerre culturelle, où l'un par l'État, l'autre par la religion, chacun est sommé de choisir son camp, comme s'ils n'étaient pas, ces camps, convertibles et intervertibles. L'onde pousse chacun chaque jour un peu plus à la folie d'une guerre civile larvée, avec ses impératifs catégoriques croisés, le mettant dans la situation infantilisante d'avoir à « choisir » un parent d'adoption – entre mère et père légitimes. Dans cette atmosphère prè-guerrière, celle qui apparaît comme par miracle dès qu'on ne sait plus quoi faire, la voix de la raison vient tout naturellement d'un certain « réalisme libéral » modérateur productif.

Ce dont on peut être absolument sûrs, c'est que cette voix n'est donnée que lorsque certains intérêts sont en jeux : « le marché » n'étant pas, par nature, particulièrement dépassionné, pacifiste ou, pour le moins, moral. Ce que l'on sait c'est aussi qu'il joue toujours un double ou triple jeu de plan B, C, D... Comme dans les services secrets normaux. Tous les jeux des causes et effets sont recalculés en permanence jusqu'à plus soif. La soif pure, l'absolu humaniste programmé

Ce qui compte pour lui ce n'est donc pas les faits, mais leur direction indirecte, comme au billard. Il n'y a qu'un seul trou, peu importe comme on y arrive.

La démocratie représentative est un système de manipulation par le jeu mécanique des minorités majoritaires et des majorités minoritaires, un jeu de l'esprit mathématique truqué. Nous sommes dans la représentation idéologique comme une science dure fait de l'expérimentation animale, où les minorités de synthèse, à la fois sujets et objets, permettront l'élargissement des résultats de laboratoire au terrain naturel, avec toutes les virtualités des marchés des applications et normalisations suivantes. 

L'esprit de synthèse, dissimulé derrière celui des Lumières, étant le cœur, technicien, plus que scientifique, de l'idéologie sociale-libérale.

Dans un laboratoire normal on élève des rats, on les conditionne et déconditionne, on teste leur limites dans certaines programmations psycho-pavloviennes. On fabrique des idées, des idéologies, des désirs, des ego de masse, en série, dès que les résultats sont suffisants par rapports aux critères donnés : rapport à la vérité, au pouvoir, aux structures intériorisées, à leur rigidité et leur flexibilité affective d'abord. 

Affectivité-avidité-creuset de toutes les mystiques, vieux pot pourri des cuisines nouvelles, réchauffé de singe, éternelle soupe à la grimace du « zoo humain » et des réserves naturelles, ou pas. De moins en moins naturelles. Mais du stock. On pense aux re-forestations. Les limites sont donc passées de la nature au labo, aux fous du labo.

Comme pour les espèces protégées, il y a aussi les surpopulations galopantes de réserves naturelles classées, protégées, et le vertige de la démographie mondiale face aux ressources raréfiées. Comme pour les autorisations, données aux Clubs de chasse officiels, de prélèvement rationalisé de l'excédent, catastrophes humaines imprévues et guerres incontrôlables apparaissent avec leur prédations gestionnaires-salvatrices. Le plan culturel, avec ses génocides naturels, autorisés, puis « reconnus » et indemnisés, est au centre du recentrage stratégique. 

Ainsi, toute minorité va et vient au gré des vents libres de la violence du monde du même nom. Comme pour le moteur à explosion. On construit la machine comme on construisit la muraille de Chine. Dans le sens de la résistance et du progrès « stabilisé » d'une civilisation de la puissance pure et simple.

Nous nous sommes battus, plus jeunes, contre l'interdiction des jupes courtes pour certaines filles qui avaient envie de les porter, pas pour une culture de masse « moderne et libérée » des limites naturelles de la décence commune, ni pour l'industrie de la mini-jupe obligatoire, obligée

Nous nous battrons demain contre l'interdiction de la jupe longue considérée comme signe d'une tradition culturelle non sociétaliste laïque, interdiction cherchant à manipuler, de plus, la peur légitime d'un communautarisme d'anéantissement des cultures-mères. 

Comme hier nous nous battrons contre l'imposition d'une morale vestimentaire plus imbécile encore que celle qui ne voulait voir aucun genou féminin dépasser, il y si peu encore, et qui aujourd'hui, bien assise dans son conformisme sociétal-libéral, veut tous les voir alignés au rassemblement du matin.

Notre culture-mère, en grande partie, mais pas seulement, d'origine chrétienne, se sent, obscurément, peut-être, mais à juste titre, menacée par différentes stratégies obscurantistes indirectes importées qui manipulent, à l'évidence, aussi bien certains passages de conversions monothéistes dans leurs « équivalences d'unités de valeur », suite à de si logiques et prévisibles désenchantements – notamment dans la jeunesse vive et spirituelle – , que dans l'utilisation fascisante qu'en fait un terrorisme, à l'autre bout du manche, financé et dirigé en une arme culturelle de destruction psycho-culturelle massive.

Les stratégies indirectes internes et externes visent à récupérer les effets à la fois de cette désertion et de cet affrontement pour les recapitaliser en patriotisme de guerre civile mondiale. En patriotisme culturel mondial ou internationaliste. 

D'où les pressions, les chantages idéologiques contre la liberté fondamentale de l'être et de la personne, ici et là-bas, – la fascisation, la fascination et la fixation intellectuelle des « têtes de troupeau » sur la présentation et représentation de corps sur-codés à la foire aux affaires culturelles, avec ses stands industriels de guerre idéologique.

Reagan, autrefois qui était hier, avait bien diabolisé l'ennemi comme « force du mal », le sensualisme libéral productiviste prenant le relais, à une échelle inédite d'illimitation « libertaire », de la morale contre-nature d'un catholicisme fondamentalement anti-chrétien, dès Adam Smith and Co. 

Avec son système de corruption productive, le désir industriel avancé, pour poursuivre son expansion illusionniste prédatrice, doit séparer son étage supérieur de toute forme spirituelle naturelle, mono- ou polythéiste. 

Orient et moyen-orient ne seront plus que provisoirement utiles dans leur rapport économiquement médiatisés avec une nature restante et ses « ressources » : en attendant le sabotage généralisé de leurs traditions, la mise à distance de cette nature, permet provisoirement toutes les manoeuvres nécessaires à l'inévitable réajustement super-structurel de la modernisation à venir.

Les genoux des filles figuraient un Signe du Diable, et leur sagesse naturellement païenne, une sorcellerie menaçant l'ascétisme culturel de l'Empire fascinant du pouvoir héréditaire et divin de la puissance humaine pure dissimulée à l'ombre des dieux domestiqués des peuples, malgré la résistance à toute épreuve d'un Christ romanisé. 

Signe du Diable donc que cette sorcellerie grecque d'amour naturel et de fêtes transfigurantes du corps sacralisé, transcendant, hérétique, classique. C'est pourquoi, évidemment plus malin au final, à finalité utile, le Diable lui-même releva innocemment la jupe des filles et le défi de la Providence et de la Prospérité, inversant les rapports de productivité au bien et au mal vers le bas, renversant la table des valeurs truquées pour la remettre sans plus aucune valeur du tout. Économique non ?

Facile était la corruption d'une jeunesse maintenue trop longtemps dans les misères pourrissantes d'un puritanisme utilitariste de façade et de pouvoir : tout esprit d'enfance survivant du camp mental et sentimental peut en témoigner.

Le romantisme noir prit le pouvoir sur le blanc, sa chevalerie se fit d'industrie, usurpant la gloire et l'honneur d'une race périmée d'esprits libres et aristocratiques. Une fois éteints leurs feux et leur fougue primaires sous des montagnes de mensonges logiques et psychologiques, c'est le Signe de Dieu, leur marque de fabrique démocratique qu'il fallait anéantir, « le signe religieux d'appartenance » de l'ancienne alliance avec le peuple profond et souverain.

La longueur d'une jupe ne cache pas seulement le genou, elle cache aussi le feu aristocratique populaire, naturel, d'Eros, frère en Christ quand il est bien né grec. C'est pourquoi l'origine biologique divine est aussi la cible de la Nouvelle Inquisition Économique de Masse.




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