jeudi 25 juin 2015

LA MUSICA # 2 PETITE APPROCHE DE L'INAPPROCHABLE







Une culture ne peut être faite de bric et de broc, en patchwork ou pot pourri, sauf à l'intérieur d'une même branche diversifiée selon l'espace temps. Il n'y a pas de message culturel – même s'il y a parfois des miracles comme la chevalerie ou le jazz, ceux-ci confirmant la règle sans l'infirmer, n'en déplaise aux opportunistes politiques de l'anthropologie culturelle.



S'il y a des intérêts de fortune, il n'y a ni hasard dans la culture ni culture du hasard. L'idéologie multiculturaliste est une machine de guerre de l'uniformisation de l'espèce et de son génie multiforme, les formes culturelles n'étant pas le fruit du hasard spontané de l'évolution de l'énergie matérielle. Elles ont un sens propre actif convergent.



Convergence naturelle et surnaturelle, organisme spirituel vivant de l'humanité elle-même, sorte de variation temporelle infinie vérifiée de ses qualités les plus hautes et profondes. La musique est un exemple de cette qualité unissant les différences formelles, mais respectées dans une métaphysique transcendant ces formes s'écoulant vers un sentiment océanique d'union dont la divinité vécue n'est à démontrer que pour ceux que Camus nommait les « tubes digestifs ».



Le respect, le sentiment de plénitude, plutôt que celui du manque qui nous anéantit aujourd'hui, que chacune de ces formes particulières, dans leur meilleur (l'excellence ayant été prise en otage par le perfectionnisme posthumaniste), provoquent, indique une sorte de partage à la fois instinctif et supérieur d'un ordre parfois étrange, parfois élémentaire.



Mettre en concurrence des formes ou styles musicaux, picturaux, littéraires, religieux, artisanaux ou de vie, répond plus à une visée spéculatrice instrumentale de leur sacré qu'à une aspiration profonde et fidèle de leurs formes originales et originelles.



Ce que la musique exprime n'a rien de commun avec la propagande psychologique, le conditionnement commercial ou clérical, même si, parce qu'elle porte en elle un esprit supérieur, elle est trop souvent récupérée et utilisée comme pur moyen vers le bas, simplement efficace pour toucher les gens dans la part intime de leur être à dévoyer rationnellement.



Cet être mu et ému, relié aux formes pures et gratuites, mystérieuses, subtiles et indicibles dont les ondes agissent en se répandant dans l'air qui les porte (plus que dans le fil électrique qui les transporte), comme un miracle de générosité et de liberté naturelle et culturelle, les portant à l'ouïe d'un espace-temps de vie d'un monde devenu de pure barbarie de contrôle matériel en le fissurant de l'intérieur.



La seule chose que l'art nous dise depuis le début, au sens simple et profond, ce sont les correspondances et analogies de vie et de sens, passant par des formes orientées magnétiquement dans leur variations apparentes de hasard temporel; et que ces liens, ces connections, ces lignes convergent mystérieusement ou supérieurement dans le cœur humain et plus qu'humain du monde comme expressions plus hautes, comme unité meilleures que celles de la puissance ordinaire, réunies au delà des opportunités temporelles dans leur mesure et démesure de hasard et de limite.



Cette certitude sonore, dans et de la musique, libère des moments d'éternité retrouvée, Rimbaud cherchait trop loin, dans un monde de compétition mortifère, faussement mortifiante, de moi bruts et d'esclavage, qui le ruinent diablement et irrémédiablement

Dans l'exil brûlant à froid de cet enfer désirant à vide, La Musica, ange intouchable, mais retrouvé au creux de l'oreille interne d'un entendement interdit, non pas subversif, mais enfin vrai, dépossédant libérateur ; parle, nu, de lumineuse innocence.




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