lundi 24 août 2015

LES INVERSEURS # 4 L'ARMÉE DES 12 SINGES









" ... il n'y a pas de distorsion de la Réalité, parce qu'il n'y a pas d'état du moi séparé pour obscurcir ou réfracter, pas de cliché de projection coloré, constitué de croyances intellectuelles et des imageries sacro-saintes, pour donner une coloration personnelle et historique au "blanc éclat de l’Éternité". A.H.


L'accélération moderne du temps, phénomène purement technicien, n'a plus rien d'humain, même si chaque génération « spontanée » adaptée collabore aux démolitions successives, commençant par celle, concurrentielle, de celle qui l'a précédée dans sa chute dans un temps contracté. Tout vestige du premier peuple intérieur doit disparaître : il ne peut humainement être que la négation vivante des vérités officielles, comme dans 1984.



Quelqu'un a dit que la civilisation moderne était une civilisation du temps, recouvrant l'espace de l'ancienne. Mais quelle est la nature de ce temps moderne ? Plus encore que l'âme de l'homme en chapeau melon, pendu à un engrenage géant, c'est un esprit qui est atteint et éteint. Non le crypto-positiviste idiot des tourneurs de tables, mais celui du Monde, l'ancienne petite aiguille de l'horloge humaine. Ce Monde que les machines refont en contrefaçon chaque jour que Dieu fait.



C'est un temps nouveau, pas vraiment spirituellement inédit (positif du coup), mais nouveau au sens de nouveauté produite comme par une sorte de miracle déconstructif de « destruction consumériste ». Un nouveau produit miracle de la productivité au coût humain si "élevé" vers le bas : la négation de cette irrationnelle négation...  

Ainsi la nature de ce temps jamais vu depuis hier et sa barbarie ouverte, n'est que du contre-temps à contre courant naturel du Tout, temps machinique logique, déconnecté du matriciel mythologique. Celui, "apparent", du film Matrix.



Inverseur, fabricant-trafiquant la plastique marylienne d'un réel supposé illimité dans ses fantasmatiques possibles projetés et les virtualités pratiques de  scénarios fantaisy purement théoriques-fonctionnels.

Romantisme bourgeois d'un Machine-Monde au service des pulsions les plus folles -- entendez "libres", la vieille belle machine désirante « des dessous » d'utopie révolutionnaire. 

Misérable idée, décatie et factice comme la péripatéticienne centenaire, déguisée en poupée aristocratique décadente, la mouche à gober bien au milieu de la fesse à peau retendue, comme dans le film Brazil – qui nous sert de mère de substitution depuis que nous avons officiellement supprimé le père empêcheur de tourner en rondelles consommatoires.



Du calcul appliqué à du calcul à perte de vue, télévision et prévision, désir sans fin ni objet – que du sujet assujetti enfin au seul moi dévitalisé, remplaçant toute raison du sens, essentielle et sensuelle, tant et si bien que la fin ne peut plus se désaccoupler des "moyens nécessaires" sur-autonomisés, surchauffés dans une masturbation technologique si frénétique qu'elle n'est plus que le mouvement stylisé d'un mouvement de partie fantôme, comme le canard à  tête coupée du progressisme fait oublier la chirurgie subtile de la grenouille encasserolée d'horlogerie interne. 

Tant et si bien que la fin finit par s'y réduire « naturellement », dans sa prétendue inversion vérificatrice, au moyen de tous les moyens et de toutes les moyennes.



Nous sommes passés de la mythologie du sens à l'histoire absurde d'une « cohérence » de décor hollywoodien en mondovision 7/7/24/24. À l'image évanescente d'une superstition de théâtre d'ombre des plus primaires, comme alternative ultime au grand remplacement du sacré de vérité.

Et nous croyons, nous, charbonniers de notre propre malheur, "l'avoir fait", – plus dur que le fer ! Nous, accroupis, sales et tremblants dans cette caverne mentale de carton-pâte sur les murs de laquelle le Projectionniste caché agit et agite.









Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire