vendredi 14 août 2015

TAOÏSME DE MARC AURÈLE





La question n'est pas de savoir ce qu'il faut faire, comment, ou qui peut ou doit agir (...) C'est ce qu'on fait en vertu de ce qu'on est, relativement.

Il y a des valeurs, quelques soient leurs formes, qui donnent la direction, comme la boussole. Et il n'y a qu'à s'y tenir.

Ce que Marc-Aurèle nommait l'esprit directeur, c'est à dire l'ordre de son aventure et l'aventure de son ordre.

Ni contradiction ni paradoxe entre les deux faces de la pièce, infiniment supérieure à la spéculation cartésienne : l'ordre supérieur n'est pas une logique, il a sa logique propre, non systémique interne ou externe.

Ce que le taoïsme saisit parfaitement, sans esprit de, ni formule logique : les deux pôles contiennent une vérité au delà de la pensée spéculative, dans un instinct réfléchi comme l'eau reflète l'arbre.

Nous ne faisons rien d'autre que ce que nous sommes. Non en pouvoir, mais en réalité. Le pouvoir n'est en réalité qu'une forme apparente. – Temporaire, tant que nous n'exprimons pas sa vérité cachée – en éternelle voie d'apparition et de disparition.

Plutôt que d'être une sorte de moment hégélien ou nietzschéen de laboratoire, nous sommes « mieux », au niveau de l'être. Qualité incarnée, dont l'intermittence de l'éternel retour n'indique que l'équilibre, et non on ne sait quelle alternance, du même dans l'autre et inversement, dans l'éternel miroitement du temps, entre absolu et relatif.

Pourquoi aurions-nous à choisir ce que nous n'avons pas choisi, relativement ou absolument ? Que le miroitement soit absolu ne suffit-il pas à tout relativiser sans rien relativiser, justement ?

Le « ni, ni » de logique obligée ne peut être qu'acceptation totale sans aucune négation – pas même de la négation, dernière tentation d'une modernité idéologique égarée, mais sophistique, triomphante, dans son calcul de l'incalculable.

Stoïcisme pur et simple plutôt qu'instituer, étatiser ou privatiser. Libération par delà les conditionnements intérieurs-extérieurs.

La seule nécessité absolue requise demeure l'accord premier entre fins et moyens, – sans déviation ni dérivation possible. Le reste n'est que dérive d'éclatement de quille..., rimbaldisme, bibelotisme de café du commerce triangulaire : on ne triangule pas la vérité, n'en déplaise aux Frères des deux bords du précipice.

Loin des sanglantes fraternités ennemies du spirituel dégradé d'un Occident qui nous formate à ses leurrantes et aberrantes déterminations utopiques de masse, il n'y a jamais eu de problème de l'action, mais seulement les boulevardières et pécuchières aventures dialectiques d'un matérialisme flottant entre corruption et collaboration.

Toute guerre culturelle est un dévoiement plus profond que la pire corruption. Elle corrompt plus sûrement le "personnel" de l'esprit directeur : elle détruit méthodiquement sa possibilité première au nom de l'ultime, comme on viole au nom de l'amour ou on aime au nom du viol.








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