vendredi 25 septembre 2015

BLADE RUNNER # 1 LE MÉTIER D'HUMAIN N'EST PAS UNE RESSOURCE




Blade runner, celui qui court, un peu comme Charles Péguy, sur la lame. Celle d'Excalibur, l'épée de l'esprit, toujours « à la grâce de Dieu ».


« Ce n'est pas mon métier, c'est un métier que je fais. C'est un travail, pas mon métier. Ce n'est pas le métier qui fait le travail, c'est le travail qui donne le métier. »

Un psy à la mode des années 70-80 est allé jusqu'à affirmer que toute relation humaine relevait de la relation parent-enfant. Difficile de lui donner tort, difficile de tout y résumer, mais il y a du vrai là-dedans, et c'est ce qui compte, pas d'y couper les cheveux en quatre.

Est-ce un métier que d'être parent d'enfants qui ne sont pas les nôtres, aux côté des leurs ? Parents d'enfants dont nous ne sommes pas les propriétaires géniteurs ? Certains pathologistes sociaux le pensent. 

Comme toute révolution humaniste, le libéral socialisme médico-pédagogique engendre beaucoup de spécialisations professionnelles idéologiquement agrées dans le consensus puritain moderne.

Est-ce un métier que d'être parent ? Il y faut tellement de folie et d'excès.

Péguy, en tout cas, parla fort bien de la chose, côté père, celui dont on ne parle jamais : « Les pères de famille, ces grands aventuriers du monde moderne. »
Sa phrase fleure bon l'ironie et le défi héroïque, la dignité et la grâce, données avec la modestie d'imprenable patience, face au temporel social-biologique.

Bernanos, lui célébra la haute vertu des mères sans jamais parler maternalisme ou féminisme : « (…) de trop bonnes mères, trop patientes, trop courageuses, si dures à la besogne, si dures et si douces, avec leur tendres cœurs vaillants, inflexibles. »

Un métier ? Certains, à la suite des pathologistes, le pensent. Mais penser est insuffisant pour un parent : comme les deux citations le proclament, il y faut bien autre chose, que le métier ignore et ne veut ni savoir ni voir, coupé du parent. 

Il y faut de la grâce, une grâce qui ne s'analyse ni ne se définit scientifiquement.

Autre chose dont relève le côté professionnel et non l'inverse. 

Il y a une hiérarchie que le métier moderne ignore. Que le métier séparé et spécialisé cherche à nier, quand il se refuse et refuse de ne rien placer au dessus de cette compétence dont il ne tire pas peu de cette vaine fierté qui fait le sentiment de supériorité les plus bas.

Il y a un nihilisme professionnel destructeur de vie et de vérité, donc d'humanité – au cœur de tout "humanisme professionnel".

Être parent n'est pas un humanisme. La relation humaine, étroite ou élargie, sans exception, dans sa qualité, ordonne la compétence et lui donne son sens. Et la relation humaine est elle-même ordonnée, orientée dans ce travail qui fait le métier, qui est aussi un travail sur soi avec l'autre, de la famille ou pas, mais de la famille humaine.

Le métier ne définit pas l'humain, c'est l'humain qui définit le métier, lorsque cet humain-là est conscient de ce qui le définit lui-même, à sa source, et non pas comme « ressource ».






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire