jeudi 17 septembre 2015

LES INVERSEURS # 5 LA LOI DU CHOC SUBTIL






Facile de ne pas faire d'erreur en ayant toujours raison, celle du plus fort en situation.

Quand les orientaux disent que « la situation est le maître », cela signifie clairement qu'on ne joue pas avec une situation, qu'on accepte sa vérité sans réserve dans sa réalité première et dernière. 

Mais, comme le Dieu des Occidentaux dans son meilleur, la Situation n'est pas quelque chose de supérieur avec quoi on puisse négocier et dont on peut tirer avantage : ce n'est pas une rente.
C'est quelque chose qu'on ne peut qu'infiniment respecter, d'autant plus qu'on la comprend moins.



Faire une chose et son contraire dans un même temps ne résout pas les contradictions : elle les annule, les abstrait momentanément, illusoirement, mensongèrement, tout en les renforçant, comme le fait toute négation de la réalité, de ses formes, de ses expressions, de ses signes et de ses symptômes, parfois.



Tout faire en même temps sans rien faire, c'est théoriquement ne rien oublier, mais la vérité n'a rien à voir avec la philosophie, elle a à voir avec la réalité – non pas celle des réalistes opportunistes et arrivistes, ceux qui « spéculent » avec et sur les réalités opportunes qui les arrangent, pour les réduire au calcul et au profit immédiats, donc non-opportunes, mais dévoyées et déphasées du cours naturel et logique de leur existence ; -- mais avec celle qui crée le monde à chaque instant spatial de vie universelle. 

La vérité n'est pas un arrangement, c'est un engagement, une fidélité, une foi.



Ces réalistes-là, dont parla si bien Bernanos, ne "manquent" pas de courage, comme on pourrait le croire au premier abord : ils ne sont que le produit dérivé de leur siècle, ou plutôt son sous-produit humain "supérieur".

Ils ne sont qu'ignorance du courage, sa cynique négation , froide, pure et simple, pure et dure. Ils ont la cruauté du chat qui joue avec la souris agonisante : il ne font que jouer avec les déterminations et leur soit-disante complexité. 

Ce brouillard complexe n'est qu'un rideau de fumée sur un monde ravagé par une corruption intégriste. Cependant, comme le disent encore les orientaux du Tao : qui trop aiguise émousse.



Le jeu du pouvoir n'est plus qu'une impuissance bloquée, circulaire, auto-dévoration, auto-consommation : quand il n'y a plus de jeu dans l'engrenage, il n'y a plus que celui des apparences, des images et de la Représentation, du théâtre des opérations

L'huile n'y change plus rien : il n'y a pas de mécanique équilibrée sans liberté de mouvement, c'est à dire autre chose que de la mécanique. Le moteur du monde est serré, comme disent les mécanos. Le jeu sur les déterminations a « déterminé » un trop grand jeu, qui a explosé le moteur.



Ce jeu malsain a inversé son cours et nul ne sait où ce chapeau de roue libre, ce désaxement va le mener, ou plus exactement le ramener, puisque nous sommes dans du cycle automobile.

Nous avons réuni ce qui était séparé et inversement : la panne n'est plus seulement explosive, elle est devenue dynamique, historique, universelle et quasiment cosmique.  

Désormais il n'y a presque plus de situation, il n'y a presque plus que des retours : « n'avez-vous jamais observé un bille d'acier qui tombe sur du marbre ? », disent nos Égyptiens de l'intérieur à nous, pour parler de la loi de leur choc subtil.








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