dimanche 13 septembre 2015

LA VÉRITÉ # 23 PARIS-MAIS








" Camarade, ma peau est elle encore de mise
Et dedans mon cœur seul ne fait il pas vieux jeu ?
Avec ma belle amie quand nous dansons ensemble
Est ce nous qui dansons ou la terre qui tremble ?
Je ne veux plus cracher dans la gueule à papa
Je voudrais savoir si l'homme a raison ou pas
Si je dois endosser cette guérite étroite
Avec sa manche gauche, avec sa manche droite,
Ses pâles oraisons, ses hymnes cramoisis,
Sa passion du futur, sa chronique amnésie "

NOUGARO, PARIS-MAI



Le Système – technicien de corruption – a achevé son sale boulot auprès des jeunesses péguyiennes et bernanosiennes survivantes, les autres, incurables hélas depuis belle lurette, et surtout depuis qu'elles ont remis leur « imagination » aux mais du pouvoir, ont, elles, achevé d'exister, après avoir cessé d'être pour vivre leur vie d'une vie propre illusoire, dans la dépendance de l'indépendance.

Jeunesses « libertaires ou libertariennes » – droite et gauche confondues dans un même moule – , désormais formatées à un certain anarchisme mondialement accrédité comme le meilleur rempart « démocratique » contre le spectre-repoussoir de l'arbitraire (ce qui est incontestable en soi) et de la dictature (ce qui est indiscutable en soi) amalgamant par la violence et la manipulation mentales autorité spirituelle et extrémisme, barbarie autoritaire.

Amalgamant, par l'imposition douce d'une « révolution culturelle » de masse, valeurs authentiquement supérieures, philosophie éternelle et fascisme, conscience et oppression, liberté et expression collective ou individuelle, liberté et consommation, liberté et communication, vérité et code civil, vérité et code du commerce.

Idéologie scientiste anglo-saxonne – surtout américaine – dont le pragmatisme vanté peut se réduire aisément à une sorte d'état d'esprit scoutiste entreprenant et productif positif intéressé, vendu comme libérateur d'énergie des individus et des peuples en concurrence sur leur propre marché « dérégulé ». Le malheur est dans la dictature, alternativement molle et dure, de cette idée puritaine, de ce nouvel Eldorado hollywoodien mécaniste mental et sentimental, sur les esprits les plus jeunes.

Mécanisme pavlovien qui s'attaque robotiquement à toute culture digne de ce nom dès la plus tendre enfance, presque sous la mère. Aux sources de la liberté, et non plus seulement à ses tristes expressions, autrefois codifiées par toutes les variétés de dictatures , réelles, mais ô combien limitées, quand on y songe non-post-humanistement.

En ceci, tous les printemps du monde, dans leurs expressions mécaniques, ou la mécanique de leurs expressions, dans le monde dit post-moderne, de 68 à tous ceux à venir partout, sont directement responsables, dans toutes les générations-mères, porteuses ou héritières, du chaos qui avance avec ses misères et horreurs, ses crimes et ses progrès scientifiques inédits, ses destructions temporairement irréversibles (…), ses mutations et surtout, transmutations précises.

Il faut donc, après analyse analogique, faire les synthèses intuitives des rouages. Voir les liens masqués entre idées maritimes et continentales dans leurs entrechoquements, mais surtout dans leurs liaisons dangereuses autant que dans leurs liaisons sécuritaires. Le mot de stratégies de la trahison est faible pour les caractériser, pour caractériser leur rapports mutuels. Il faut parler plutôt de doux et progressif suicide de civilisation, veines ouvertes dans le « bain de jouvence » annoncé.

Les réponses coordonnées et conjuguées en haut de la guerre culturelle, des rothschildiens de service et des martiens du 22, par exemple après 68, fut une cynique médication compensatoire aux aspirations anciennes et profondes. À la soif réaliste d'absolu furent finalement opposées « pacifiquement » la tentation et l'illusion sensationnelles de con-sommations hallucinatoires, sexuelles, automobiles, festives ou cellophanées. A chaque révolution, la normalisation avance dans un monde qui avance vers sa fin, vers son avide auto-dévoration.




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