samedi 3 octobre 2015

LES INVERSEURS # 6 À PROPOS DE LA GUERRE QUI VIENT



Post initialement mis en ligne sur darkhaiker pearltrees, notamment en lien avec deux textes de Clausd dans le dossier : http://www.pearltrees.com/darkhaiker/economie-solidaire-ou-guerre/id14820434




De supposition en supposition, ils en arrivent
à offrir un membre, à sacrifier un peu de leur
peau pour sauver le reste. Chacun choisit sa 
blessure : un œil, une main, une jambe.

R. DORGELÈS, LES CROIX DE BOIS 




Le carburant du système de puissance, c'est le recyclage énergétique en circuit fermé, comme moteur du simulacre en orbite. « On ne peut pas vivre hors du marché. » Dixit un économiste qui parle de notre racine système.


Le propre du système de puissance matérielle est de ne pas être, mais de fonctionner, d'exister : le monde matériel pur sur lequel il est construit est automatisme de transformation permanente, transsubstantiation, auto-dévoration, recyclage, auto- et pan-consommation. Rien ne disparaît, tout subsiste, mais déformé, détourné, dégradé, infiniment dégradé, jusqu'à la fin de la mécanique des cycles descendants physico-chimiques.



Dans ce contexte, rien de ce qui est principe vital libre de ces cycles ou raison supérieure de leur ordre n'apparaît plus, seul de dégage un chaos, un stock brut de formes vidées de vie propre, intérieure, stérilisées avant recyclage. Il est vrai que l'énergie disparue manque tragiquement, mais elle est comblée par la comédie de l'énergie dégagée ou mobilisée par sa disparition même, celle nécessaire à brûler son cœur être, tirée de l'énergie retournée, altérée de ce même être-force motrice transmuté en matériau fonctionnel.



Si Satan lui-même n'avait été un ange supérieur d'où, déchu, aurait-il pu tirer sa puissance ? L'infinie dégradation nourrit son propre mal à partir de la valeur première, illimitée, naturelle ou divine bonne, donnée, elle, dans son absolue relation unifiée au monde. C'est pourquoi, comme dans toute propagande et propagation, le mal est un simulacre du bien, et le chaos machinique dickien qui nous attend dans la guerre totale qui se prépare cran après cran, celui de l'ordre. « The machine that we built would never save us » (Jimi Hendrix).



Privée de ses principes supérieurs, la matière que nous sommes partiellement, chute. Mais dans l'inversion parodique sataniste de ces principes universels, elle se dégrade en monstruosité sous-humaine. Quand les anciens n'étaient que pure bestialité barbare dans leur guerre primaire, on devine le lien caché entre une certaine science technicienne et un certain commerce de guerre, celui qui fait passer le crime et sa paie du stade artisanal de masse à l'industriel de masse et crée son économie propre, florissant sur les champs de cadavres contre toute sagesse supérieure, leur ennemi commun enfin défait.



Cette alliance officielle, scellée il y quelques siècles en occident sous le prétexte vertueux de façade ou d'intention, pour les naïfs – leur lointaines victimes collatérales, d'en finir avec les horreurs des guerres de religion, a fabriqué la guerre moderne, rationnelle, pacificatrice par la soit-disant vertu de l'équilibre des terreurs et des intérêts liés. Elle s'est construite et développée impunément, cette alliance maudite, dans l'imaginaire des consciences mêmes : des consciences modifiées et hallucinées par la peur panique et la passion avide.



D'un autre côté, ces illusions d'alternatives révolutionnaires de justice sociale et de productivité humaniste positivistes, de « prospérité » et de « paix », ont créé des pseudo-valeurs de pure inversion. Mais les noces d'un commerce et d'une science sans conscience ni odeur auront été finalement de courte durée. Puisque la science financière se sépare définitivement de la véritable, désintéressée, fidèle aux vrais principes de réalités que le post-humanisme tente tragi-comiquement de dépasser et de diminuer, d'atomiser et finalement de liquéfier avec la robotisation à marche forcée de la vie raréfiée.



La contradiction éclate de plus en plus, comme les conflits en archipels, plus encore que d'intérêt, ceux de conscience malheureuse. La vraie science, nécessairement pacifiste, objecte, comme un seul Einstein. Elle est devenue un frein : la « science humaine » de communication prend la relève et direction des opérations de conditionnement de guerre : le moral est décisif.



Ces noces barbares d'une science et d'un commerce autonomes,n'enfantant que des bêtes mécaniques de guerre, étaient, dans une large mesure contre-nature : le commerce ne pouvait limiter la barbarie, il ne pouvait qu'en augmenter la quantité productive. La science au service de la pure puissance ne pouvait limiter la mutation nazie de la technologie, son envahissement progressif par une mystique d'humanisme de droit divin, national, international ou libéral socialiste.



Le post-humanisme de la guerre technologique à venir contre la résurgence fabriquée des anciennes guerres de religion ne profitera pas à une vraie science pacifiant a posteriori, après coup, le retour à un monde où la puissance aurait reculé : elle aura encore avancé, transformant toute conscience libre en poussière mémorielle, en scorie virale à nettoyer. Il ne restera plus que des devoirs économico-civiques transformés en droits de l'homme, comme si l'Hitler des progammes spéciaux (atome, eugénisme...) avait, finalement, gagné la 3ème guerre mondiale depuis sa tombe virtuelle.



Ainsi, toute opposition matérielle à la guerre barbare moderne de masse ou spécialisée la renforce et fortifie, la vivifie, la fertilise de son sang. Seule une objection non matérielle la relativise, la fait flotter dans le bain sale son mensonge, dans son simulacre médiatique et son imaginaire psychologique. Seule une objection non personnelle, non égoïste la remet en question radicalement : il n'y a aucun intérêt en jeu, pas même celui de l'humanité, il n'y a que des valeurs non-comptables donc impondérables et imprédictibles

Comme le remarque Clausd, elle vient du cœur, pas du sentimentalisme de la petite enfance de l'humain, mais de cet ancien synonyme de courage. Ce que les anciens savaient être l'humain dans sa force illimitée, limitation que le post-humanisme psy cherche à lever.





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