mercredi 11 novembre 2015

BINGO CRÉPUSCULE # 1 LA MARQUE DE 14 : TOUS SURVIVANTS





Préambule


« Guerre à Dieu ! Haine à Dieu ! LE PROGRÈS EST LÀ ! Il faut crever le ciel comme une voûte de papier. » P. Lafargue

"Nous périrons tous en coeur avec plaisir en somme, dans un monde que nous aurons mis cinquante siècles à barbeler de contraintes et d'angoisse. » L.F. Céline

« (…) les tranchées de première ligne appelées Bingo Crépuscule (...) » Wikipedia


Lecteur, l'écriture est liberté, elle est donc célébration, poésie et combat spirituel, par delà le naturel et son indispensable côté, absolument relatif. Rien d'autre à déclarer. Le reste est littérature, matérialisme primaire, dictature envahissante, et au bout du compte, misère et mensonge.

Tout ce qui n'est pas liberté ne mérite pas de regard ni de mot, pas un seul instant. La liberté n'est pas un mérite, elle n'est pas le propre des esclaves, mais de ceux qui vont mourir, qui meurent d'abord à eux-mêmes, avant la bascule ou pas.

« Morituri te salutant », comme Christ en croix, formant le pommeau du glaive de sa main percée autour du signe de 14. Un Bernanos le Second parle très bien de tout cela, sans en faire un drame romantique : il avait dépassé ce stade conditionné depuis longtemps, titubant dans la boue et le sang mêlés de la « réalité ».

Pas de logique à chercher dans l'ordre du texte, sa logique à lui étant au delà de l'ordre ordinaire des logiques d'utilité immédiate. Métaphysique. Ne craignant pas, elle ne menace pas, se contentant d'affirmer sans nier ni renier. On ne combat pas des fantômes, on combat des frères égarés et on ne les combat qu'avec amour, respect et distance : les principes ne nécessitent pas de corps à corps, l'incarnation suffit largement, dans toutes ses dimensions...

L'ennemi est ailleurs, l'ennemi n'est pas de ce monde, il est ennemi de ce monde, étant ennemi de l'autre côté, de tous les autres, étant ennemi de lui-même, dans l'auto-dévoration de l'illusion d'un nouvel-ordre.

L'ennemi n'est qu'une ombre de puissance, condamnée à vivre, condamné matériel privé d'incarnation, condamné à exister sans jamais pouvoir être autre que pouvoir pur, idée humaine, force sans application ni lumière.

Ombre hugolienne, triste et négative, néfaste et misérable, abstraction, spectre hanté, pitoyable fleur du néant. En ce sens précis il n'y a pas et il n'y aura jamais d'ennemi, seulement le voile d'ombre imaginaire « d'un moment réalisé », tombé sur la caverne à ciel ouvert d'un monde violé. Celui du Mal Incarné, privé du Bien Suprême.

Cette série de méditations métaphysiques sur la Grande Guerre, crime de masse majeur contre l'humanité, considéré par le système culturel nouveau comme l'accouchement fertile d'une modernité triomphante catapultant nos sociétés occidentales sur les sommets dits inédits d'une civilisation vendue comme « avancée ». Elle observe le subtil et l'impondérable humains de ce prétendu progrès dans l'esprit et le cœur de nos peuples à partir de racines, à la fois survivantes à l'holocauste pré-nazi de 18 millions de morts, et surtout implantées au forceps au cœur perdu du mal mondialisé dont la France fut l'un des théâtres, parmi d'autres, de la cruauté la plus temporellement abyssale.



Cette série métaphysique, initiée en 2014 et poursuivie pendant un an, comme réponse à la glorification idéologique diffuse actuelle de ces crimes, mais encore comme hommage posthume aux millions de victimes, surtout masculines, qui servirent de matériau de base à une modernité post-nazie aujourd'hui généralisée incontournable, fondée sur l'oubli direct et indirect de cette mémoire humaine. Réflexion se ramifiant sans fin dans les labyrinthes et tunnels générationnels trouant des psychismes malades de la destruction des vraies valeurs depuis ces temps éternisés par le progrès contre-nature d'une science contre-humaine.




Bingo crépuscule # 1. Tous survivants.









Que les civilisations soient mortelles, « on savait », au minimum pour l'Occident récent, depuis la romaine. Ce que nous ignorions c'est de quoi, de quelle « maladie mortelle ». La généalogie de la pathologie gît dans le souvenir, et le souvenir dans la vie des gens, « acteurs » ou témoins, précisément enregistré

Spectacle d'années de cendres, spectacle damné de décadence et de cruauté, sans rapport avec le scrupuleux scénario mémoriel : celui qui voit n'est pas le voyeur. Aucune voyance, non plus, à voir ce qui est depuis 1914.
 


Survivants de cette bizarre guerre-là, nous portons la marque profonde de son infamie, tout au fond de notre « théâtre intérieur » familial. Sans le savoir : l'inconscient s'évertue à cacher, provisoirement, ce que nous ne voulons plus voir, à l'anesthésier, comme si la santé sociale était la clef de la mentale, alors que, bien entendu, c'est l'inverse.

On ne peut agir sur un fond humain humilié, dégradé et dévoyé. C'est irrécupérable.



La marque de 14, séquelle indélébile, combien secrète ou discrète, n'est même déjà plus dissimulée, mais follement, désespérément égarée, quelque part dans l'esprit universel malade du monde, dont le choc en retour un jour anéantira l'imposture des spectres dirigeants : on pense à Hitler, drogué fantômatique, fictif, en noir et blême accéléré, tacheté de mort, toxique comme un support visuel rongé, moitié mangé moitié dévorant.



Depuis cette marque mortifère, nous courons toujours plus avant vers l'abîme collectif, les grandes illusions compensatrices, avec le désir, collé au cerveau, d'oblitérer le profond trauma par la plus grande ivresse et la plus grande vitesse techno-rassurante, proprement stupéfiante. Le temps, au moins, qu'il nous reste à vivre au camp retranché de nos crimes et de nos mensonges. 

Une civilisation digne de ce nom ne peut, jusqu'à la fin, demander à ses « citoyens » de couvrir ceux-là éternellement, dans une sorte de prescription morale escomptée, tirée modérément sur le temps qui passe, recouvrant un souvenir truqué, maquillé en histoire nationale folklorique pour enfants muséaux

Sur l'inconscience et l'indifférence dans laquelle on tente en vain de maintenir les peuples. Aucune violence ne peut durer disait Giono.



Pourtant, il y a une conservation mémorielle de la violence transgressive de cette sale guerre, s'il en fut, qui, faisant peur, la prolonge à souhait dans une « crainte et [un] tremblement » à la fois vague et précis, ancrés culturellement au fond de l'inconscient, jusque dans le plus usé et rusé « n'importe quoi pourvu que ça ne recommence pas » servant d'alibi sous-jacent aux offices mémoriels et mémoires officielles institués.



On en a fait un épouvantail comme pour conjurer la fatidique date d'un non-retour humain. On a tourné autour de cette pâte et de cette date désormais festives  pour mieux effacer l'horreur du passé qu'elle recouvre comme une tombe fleurie de discours de diversion, alors que le non-retour ne concernerait plus, habilement redirigé, ce qui, comme une certaine paix naturelle du monde, n'a plus jamais été possible depuis la grande « restructuration » de 14, depuis la grande modernisation.

C'est à dire ce qui n'est pas encore mort, ce qui survit encore de ce temps antédiluvien-là, malgré les frappes propagandistes appuyées de l'obsolescence programmée, toujours de mise : « Le monde a changé. »



Les survivants ne seraient que de simples sursitaires, dont on attend le complet effacement pour déclarer tranquillement l'erreur ancienne qu'il incarnèrent si douloureusement, faire une bonne mise à jour de l'histoire universelle accréditée moderne pour les nouvelles générations à formater.



Prescription morale escomptée pour une infamie déjà séculaire, faisant, in fine, retomber exclusivement la pluie fine des responsabilités toxiques sur ceux qui subirent le terrorisme charnel décharné et spirituel d'un holocauste officiel et légal, en « croyant » défendre la patrie, des droits ou la famille.

Barbare ignorance, sanglante superstition, imposée d'en haut, de la terre sacrée, comme chez les Indiens d'Amérique, vécue naïvement dans les cœurs, ou de la famille patriarcale attaquée par des hordes lucifériennes, comme chez les Chrétiens. Péguy, balle au front. Et inversement, dans l'autre camp, idem marionnette.



En danger oui, mais pas forcément d'un ennemi extérieur : tous n'y crurent pas, un plus loin que de ne pas en croire leurs yeux arrachés, aveuglés, crevés de fausse vérité

Même si beaucoup, marxisés sans le savoir, n'étaient incroyants ou incrédules que pour mieux épouser une internationale bien disciplinée, fabriquée contre la vieille civilisation celtique chrétienne d'Europe.

« Retournés » dans leur tombe contre leur propre culture-mère, éternels œdipiens de service, nouveaux parricides crypto-matriarcaux, finalement virilement enrôlés in vivo pour une future paix à vendre à des mères déculturées, enfin "libérées" de la nature humaine. De la sale guerre des hommes. 

Hommage à ces hommes sacrifiés pour leurs femmes, pour les mères, dupes de rien du tout mais bétail d’Etat, réquisitionnés et parqués comme  enfants abandonnés . Enfants humiliés de Bernanos.







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