jeudi 5 novembre 2015

LA VÉRITÉ # 24 SUR LE SABLE DE LA SÉCULARISATION









Le transgressif des anarchistes de droite – ou libéraux-libertaires – est une notion à la mode de la révolution conservatrice nouvelle, pour qui la révolution dite sociétale doit permettre de renouveler et repeindre les vieux dogmes économistes bourgeois du XIXème, comme leurs prédécesseurs en révolution de gauche s'en servirent dans les années 60 et 70 pour repeindre ces mêmes matérialismes logés, convergents et concurrents. 

Rien de bien nouveau là-dedans : nouvelles droites et nouvelles gauches traçant alternativement le même sillon stérile dans les mêmes sables mouvants de sécularisation forcée et de déforestation humaine, dans tous les domaines de la connaissance et du travail.



Ce transgressif jouissif doit « bousculer, casser les codes », « abattre totems et tabous », renverser et inverser « les idées reçues » contre « des archaïsmes rigides », « des rentes de situation », des monopoles (…). Il doit remettre de l'ordre dans le chaos des « alter-égoïsmes » systémiques en électro-choquant le capital humain dormant, inutilisé, paralysé ou gaspillé.



Il n'y a plus d'issue à la faillite menaçante que par les mots d'ordre d'une nouvelle culture d'entreprise, dont la morale sociale-citoyenne de productivité fait consensus autoritaire voilé autour du « donnant-donnant », du « gagnant-gagnant », bref de l'intérêt bien compris d'un prétendu enrichissement de tous par tous. 

Il faut « libérer les énergies », mobiliser, se rendre mobile et disponible, mettre le monde en vente libre selon des règles liquides ou liquidées. Après la marchandisation forcée, le marchandage, obligatoire, obligé, de tout par tout le monde.



Déstabilisation et déracinement généralisés, deux outils et tactiques de subversion progressiste nouvelle donne, nouvelle vague outre-atlantique. Quand le vin est tiré, il faut le boire : contre les sagesses continentales, paysannes, archaïques, statiques et éternelles, il faut promouvoir un nomadisme culturel technologico-pillard et paillard de masse, insaisissable et liquide

Il faut combattre de la façon la plus cynique et dissimulée à la fois, les résidus des civilisations de l'espace par celles, partout émergentes des chaînes de production, des "espaces urbains aménagés" de temps modernes post-humains.



Mais il faut des siècles pour déraciner du cœur humain une civilisation digne de ce nom, et encore : les résultats comptables ne sont pas garantis. 

Les crises orchestrées, faisant elles-mêmes partie du chaos, organisé en vue de la reconstruction d'un « monde en mutation permanente » – comme on fuit une catastrophe dans la panique de l'exil et des camps –, à la fois comme causes et effets; ce désordre productif n'est qu'une politique coloniale humaine et naturelle de terre brûlée, épuisée de plus : le désert du sens se referme sur l'obscurantisme, positiviste violent et nihiliste, dirigeant.



Ce qui est garanti, par contre, c'est l'apocalypse molle et liquide du pseudo-remplacement du monde, avec ses révolutions permanentes, ses réformes renouvelées jusqu'à la nausée, ce chantier permanent qu'il devient viralement, sans plus d'architecte, de maître d’œuvre ni d'artisan; où les machines dictent la loi passive du calcul et des simulations; simulacres, qui peu à peu, remplacent la matière naturelle des formes supérieures qui façonnait le vase intérieur de la vie.



Plus que des mystiques réchauffées, médiatisées d'objets et de techniques, les commandes vocales remplaçant la parole, que des « groupes », abandonnés comme de vieilles cabanes en ruine, cherchent en vain dans le désert des désespoirs et des épuisements. 

Plus que de la remotivation "sensualiste" ego-économique de masse, ce labo-pavlovisme bien-pensant et croyant. 

Cette remotivation-là, par le bas, redescend l'humain sous le singe d'où elle provient, comme le veau gaullien sous la Sainte Mère-Église. Plus d'esprit, que de la matière, de la viande à vivre et discuter, du "bout de gras à tailler" comme on abandonne les chiens des catastrophes, non pas ceux qui cherchent, mais ceux, perdus, qui mangent les cadavres, lèchent le sang... ceux des révolutions économiques.




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