mardi 22 décembre 2015

ABANDON ET CONTRE-DON






"Si vous créez certaines conditions pour amener quelqu'un à agir d'une manière donnée, vous verrez beaucoup plus clairement toutes les implications du problème et, en manipulant certains facteurs, vous pourrez obtenir un effet."
                                                                                                 Skinner

"Est-ce qu'il y a dans l'homme une liberté et une dignité suprêmes ? Est-ce que la condition humaine peut être transcendée ? Est-ce que la condition sociale peut être transcendée ? (...)
Crânes lisses, têtes ovoïdes, dépourvues d'organes des sens "mais sur lesquels le signe mathématique de l'infini dessine parfois l'emplacement des yeux absents..."
                                                                           M. Lancelot, M. Jean   




Tout oublier : non pas effacer, mais laisser se graver l'éternité au fond de soi – inconscient non formaté – seule, sans moi ni personne.
Ne pas savoir ce que l'on sait, sans le renier, dans un acte spontané formel. Exprimant simplement l'inexplicable vertu d'une mémoire non diluée, intacte.
Laisser l'issue visuelle et sonore seules ouvertes au passage. Fleur exotérique naïve, porteuse discrète d'immortalité traquée par les machines dans la nuit systémique enveloppant le monde de sa toile huilée comme une arme de guerre.

Tout absolument tout oublier – refuser la puissance de la mémoire enregistrée, l'ignorer comme l'enfance de l'art ignore l'expérimental canonisé des solidifications massives de vies pétrifiées et empêtrées de conscience malheureuse.
Être conscient n'est pas avoir conscience. Seule la grâce de la vie et de la mort crée cet être-là-avec, le restitue à la lumière, révélant l'ouverture et l'élargissement.

Il n'y a que la politique pour prétendre s'instituer en valeur acquise. Qu'est-ce qu'une mémoire libre sous un crâne ordinaire, sinon une conscience jamais éteinte ? La conscience n'a pas de fesses pour s'asseoir sur un concept de, ni de jambes à son cou pour fuir ce qui est. Elle est avec, par delà la fusion ou l'effusion, ni mobile ni immobile. Elle ne brûle pas d'être : elle est ce qui brûle, avec ou sans douleur, selon le temps ou le lieu. Face au statique étatique comme au flexible fuyard.

Flamme errante dans les circuits nerveux et neuronaux, sentimentaux et génétiques, logiques et intuitifs, physiques et métaphysiques, insaisissable essence sous son enveloppe naturalisée. Pour que vive une vérité, si rien n'est jamais acquis, tout est perpétuellement donné et pardonné, à la condition taoïste de savoir sans savoir et d'être sans être dans un avoir sans avoir. Libre comme le loup ou le cheval sauvage des steppes perdues d'un imaginaire in-construit, fondateur, initiateur final, déposé au fond de tout vent comme réponse dans la question qu'il ne faut plus formuler. Celle de la vie avec la vie : la vérité est l'eau vive et subtile des montagnes insurmontables. L'eau ne parle pas, elle chante en courant.







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