dimanche 20 décembre 2015

PARMI LES ROBOTS # 1 LE SOLEIL DES PRAGMATICIENS


  Méditation à partir d'un texte de Clausd.










C'est le règne de la quantité, prophétisé pour notre malheur absolument, par René Guénon, loi exponentielle de notre pullulement, à partir du « croissez et multipliez-vous » biblique chez nous – mais en concurrence, d'abord vitale, puis pour le pouvoir, avec tous « les autres » peuples, pourtant de même espèce... Même si, pour un certain nombre d'entre eux la survie n'a jamais été remplacée par une pure idéologie de domination. C'est ce règne étendu qui fait que nous devenions si « follement nombreux ».



Loi du nombre qui, parait-il, fait démocratie plutôt que celle de l'élevage industriel du parc. D'espèce de qualité, nous voici devenus produit de masse infestant le marché de la vie sur terre. Robots humains fabriquant des armées d'autres robots, beaucoup moins humains, comme dans Star Wars.



La question de « l'identité » commence dès sa perte, dans la noyade sérielle du standard. Mais elle n'est que l'image de ce que nous sommes ou étions avant cette déperdition éperdue qui dure et perdure. Elle est liée au moi lié, mais naît du délié autonomiste : chez nous, depuis la Renaissance, plus de centre ni d'unité cosmo-humaine, on a tout fait éclater au profit d'un relativisme théorique, élevé à partir du matériel, lui-même hissé en imposture au niveau spirituel : toute production et reproduction – esprit et matière – ayant chuté de l'artisanat naturel à l'industriel massifiant.



Toute vertu intérieure propre de l'être progressivement anéantie et « recréée » par l'image, le double, la copie, la re-présentation, l'idée, l'individu standard, l'unité quantitative moyenne ou médiane, – par une médiatisation, révisée revendeur anonyme en somme. Copie qui permet le moule et l'amalgame d'un hasard quantifié : découpe de la ressource humaine au km. Révolution nazie.



Chaque chose, chaque être, défini désormais a contrario ou à l'identique selon un code dialectique binaire permettant une dynamique énergétique close, mais susceptible d'une progression linéaire théoriquement illimitée par ajout ou multiplication combinatoires de briques basiques, incluant le plus grand des hasards, vendu comme « créateur ». Ce qu'est devenu notre être là-dedans ? « Le primitif sentiment d'appartenance clanique », disparu avec lui : ce qui cherche à le remplacer n'est qu'un sous-produit marketing de plus : nous-mêmes « moi » comme pur rapport de force intériorisé, minéralisé, fossilisé. Moi non plus centrifuge, mais centripète, décentré de lui-même comme unité culturelle naturelle exorbitée. Œdipienne.



Un sentiment clanique vrai demande sans doute à être renouvelé, comme la vie – sans détruire le clan, source et ressource d'être au sens de canal plus que d'identité, source le traversant – , alors que tout clan ne peut qu'évoluer, sans doute jusqu'à devenir, à l'extrême, un jour, purement électronique, comme dans le film Matrix. On ne dépasse un stade qu'en le conservant, comme le sait malheureusement très bien le mauvais bourgeois du bon sens.



Non seulement le dépassement, fut-il anthropologique, sinon le spirituel n'a pas lieu d'être, est possible, mais il est la seule issue face à la quantification cancéreuse qui nous atteint, encore plus est-il devoir absolu d'humanité, plus impératif que celui, trop animal, de survie « spéciale ».



Dépassement ce qu'on ajoute à l'être, non ce qu'on augmenterait illusoirement de réalité, amélioration de ce qui est, donc plus-être, non au sens animal de surhumain, mais éternel de plus-qu'humain, dès qu'il ouvre, ce portail naturel, au cosmos des mondes. Ceux qui régressent, ceux qui s'enferment dans leur caverne, qu'elle soit technologique, logique ou mystique, moderne ou traditionnelle, refusant le défi de la lumière intérieure.



Il faut définitivement rectifier la première phrase : il n'y a que l'être qui ajoute qualitativement, indiquant par là un niveau de vie à la fois original et originel. La vie à cette altitude, devenue hérésie pour la science moderne, attendant d'être considérée comme criminelle. 

La culture n'aura pas tant besoin demain de grands esprits que de nouveaux héros. Héros de la classe spirituelle côtoyant l'ouvrière désœuvrée et la paysanne dépaysée au sens strict : plus la technologie progresse, plus l'humain régresse, comme par renversement inversement proportionnel aux exactions d'une puissance délirante, dans une orgie sexuelle sadico-sataniste « naïve ».



Immortalité matérielle, cauchemar égyptien d'enfant malade maintenu par des articulations d'acier mental au cœur de la dés-incarnation blanche de la peur et de sa misère noire. Pitoyables petits Dark Vador perfusés sous les sun lights liquides permanents au ventre de la Bête Branchée sur la dé-phase autonome cartésienne machinée, truquée. Gélatine vraisemblable prête à l'emploi. « Être ou ne pas être ? »  Soleil vert des « pragmaticiens ».


Voir aussi, à partir des deux textes :
http://www.pearltrees.com/s/file/preview/122379536/VivreparmilesrobotsdHkClsd.pdf 






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