vendredi 27 mai 2016

LA VACHE ET LES MOUCHES






« Les Français sont de veaux. »

« le trait le plus détestable des sociétés de classe, la séparation entre le savoir et l'expérience quotidienne. »


Ça viendra des gens, ceux qu'on prend pour des imbéciles, pour des pommes, pour des paumés. Ce sera quelque chose de supérieurement intelligent et subtil. De neuf à nouveau, qui reviendra comme l'esprit oublié de mai 68 dans son meilleur. Dans sa démocratie spontanée, revenue bien à lui, et à personne d'autre, et non dans un spontanéisme révolutionnaire fabriqué par des élites « d'avant-garde ». Les vaches seront bien gardées : par elles-mêmes, par instinct de valeur. Le vrai peuple n'est ni troupeau industriel ni humanité de troupe. Il paît dans le bocage nietzchéen d'un rêve intempestif qui n'est pas américain, les pieds bien sur terre, debout dans sa boue fertile, dans son fumier parfait comme un parfum d'herbe whitmanienne, comme le placenta sacré des mondes animaux baignant les esprits virevoltant sur les eaux libérées.

Mais ça ne créera pas d'imposteurs : on verra clairement, malgré la maladie, les ravages, les zones sinistrées et contaminées, le désespoir et la misère, la haine et le cynisme et l'égoïsme responsable et cruel du manque d'humanité et de repères qui les engendre ; on verra clairement, parfaitement, pratiquement, que ceux que l'on prend pour des gens intelligents, ce sont eux les imbéciles et les (ir)responsables de tout. Aucune force de l'ordre n'occultera cette évidence dévastatrice du mal criminel abouti et advenu. Ces criminels-là contre l'humanité seront écartés sans violence, comme la vache magnifique et douce chasse les mouches de son dos généreux – ces derniers premiers, sales et parasites, honte du genre humain, révélés comme les vrais malheureux, pitoyables comme un obsédé sexuel devant sa pathologie.



 



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