dimanche 15 mai 2016

SAMOURAÏ DES FLEURS







Comment un système de gouvernement – y compris et surtout mondial – ne connaissant que des rapports de force, la violence nue ou larvée, ne peut qu'engendrer, à long terme, la bête immonde de la guerre civile et les démons pathétiques et pathologiques de toutes les dichotomies du monde. Quand les divers amortisseurs naturels et méta-culturels permettant d'encaisser non de l'argent, mais de parer, nier et ignorer les chocs de ses griffes d'acier et de feu, comme on terrasse un dragon mental, ont été soigneusement sabotés par des intérêts de chiens sanguinaires déguisés en smoking stylés et rutilants, ceux qui ont beaucoup à gagner aux chocs de compétitivité des forces. Ceux qui ont le plus grand intérêt, misé à fond, à ces chocs déstabilisants répercutés sur des valeurs précises, comme dans un billard de boules sanglantes, il est évident que les secousses, les répliques et les chocs en retour du volcan réveillé feront inévitablement leur basses œuvres.

Quand l'énergie intenable, inconvenable et incompressible d'une jeunesse à la fois abandonnée et condamnée comme un animal reclus à l'abri de la lumière et spirituellement sous-alimentée – voire même empoisonnée – , explosera en redoutable ressort trop longtemps comprimé, les temps du chaos sanglant reviendront, celui des chiens de l'horreur et de la mort, défiant l'humain où qu'il soit. Temps déjà initiés dans des banlieues abandonnées à la drogue et au fascisme, où règnent déjà les maîtres de nouveaux fanatismes identitaires noirs, rouges et verts, autant d'écailles du dragon qui bouge déjà au milieu des fumées, nouveau Golem.

Il y a toujours eu des forces qu'il ne faut pas défier en l'humain, mais l'extrémisme et l'anarchisme moderniste et scientifique, l'appât du gain et la barbarie économique, la volonté de jouir sans limite, les crises des maîtres noirs poussent intrinsèquement au dépassement négatif de ces crises par les massacres aveugles immémoriaux, les négations radicales d'humanité, et toutes les rages attisées de l’ultra-violence. Ainsi, amis du genre humain à gauche d'une imposture de gauche de sinistre mémoire, ne savaient-ils pas ce qu'allait inévitablement engendrer cet acte fondateur de violence, dans le temps imprévisible autant que manipulé désormais, 50 ans plus tard, ceux qui firent mai 68 dans la rue – avec des pavés obscènes : un fascisme tout neuf sorti, accouché de l'Hydre Hydraulique, avec ses vases communicants, brisés et d'expansion.

Un nouveau fascisme pour affronter "logiquement" l'ancien, comme d'habitude, le « traditionnel », cause de tous les maux comme un néo-juif, national et international. Sous Paris plage, sang et os de bêtes innocentes (et immondes mêlées dans le baiser de la mort), exécutées d'une Commune aussi et non plus, déjà, jamais, oubliée, sous les fesses graisseuses d'un Château maudit. Aucun Enragé n'est seul ni spontané, tous sont solidaires, en humanité perdue d'utopies sanguinaires. Le vin, ici, est tiré pour l'éternité : rien ne l'arrêtera, sauf quelque chose d'autre que ce rien transformé en tout, hélas, heureusement. Le mal des rages, hélas, oui, fait des "miracles", comme peste et choléra, alternant leur étonnant pouvoir psychologique, leur terroriste équilibre "productif", prétendument créateur de richesses. Il n'est de richesses qu'humaines, le reste est mensonge.

La guerre totale nouvelle, inédite, "est ouverte", servile, servie, qui vient et monte, déborde, escalade ses crans supérieurs d'horreur psychologique, sera un chef-d’œuvre ultime, défi magnifique et extraordinaire à Dieu et à la Raison, apothéose géniale du mal, dont Mein Kampf ne fut que le brouillon improvisé trop limité. Encore jeu de cet esprit qui s'ennuie pointé par Alain, répétition prématurée, satanisme puéril, illogique, imparfait, précaire : la maladie n'était pas contrôlée, les objectifs trop vagues encore, les ambitions pas assez finalisées, visualisée, simulées, calculées, fixées, gelées, glacées sur le papier décapité.

Tout cela importe peu, au fond : la guerre montrera, comme toujours, dans son ignominie supérieurement moderne, que seule une paix intérieure inédite la vaincra, entamée dès sa naissance cachée, quand 68, allumant pour notre malheur celle d'aujourd'hui, éteignit heureusement, sans le voir ni savoir vraiment, innocemment et avec grâce, dans les intérêts croisés qui le manipulait, mais en le voulant, celle du Vietnam. Innocence sereine, seule réponse, aussi et encore et peut-être même d'abord, à opposer aux pleureuses enragées des massacres et horreurs à venir de tous bords. Lucide, efficace comme une lame parfaite, celle dont on ne se sert pas pour trancher dans le vif, mais pour vivre dans sa chair transcendée, mais pour trancher dans le mort et surtout le mourant, l'animal le plus dangereux. Lame au métal de méta pur, loin du trans- et du post- des historiques primaires contaminés. Celle du Samouraï méta-nietzschéen, méta-manichéen. Le Samouraï Fleuri.








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