dimanche 5 juin 2016

OCÉANOGRAPHIES # 3 L'ÉGOUT ET LA CLAIRIÈRE





Cette graine de façon d'être ne sera jamais enseignée dans les écoles des Républiques du monde platonicien, semée il y plus de 55 années chez cet enfant réceptif de jadis et naguère, s'ouvre naturellement aujourd'hui dans sa belle maturité normale pour offrir ses plus beaux fruits transmis. Transmission originale non du savoir, mais de l'être, si précieux et inconnaissable au calcul ou à l'accumulation, richesse sans quantité ni cadre, fait de nous ces humains pleins pour un partage au-delà du primaire déficient et confisqué.

Cultivable sous certaines conditions mystérieuses seulement, dont la rationalité propre n'épouse ni l'absolue maîtrise ni aucune direction sociale assistée : la dignité démocratique de cet unique stirnérien ouvert, universellement partagée, pure volonté taoïste d'élévation naturelle vers le meilleur et le supérieur commun, hors contradiction d'espace-temps et des formes autocentrées. Vrai travail sur soi avec l'autre, au milieu du donné d'ensemble, conscient ou pas.

Mais la preuve est là, dans son ontologie biologique simple. Peu importe que ce pays de cocagne « disparaisse » de nos vies contraintes et contredites, comprimées, réprimées comme un gaz alimentant la basse-cuisine centrale, disparaisse du manège visible de l'histoire cyclique et de ses surfaces réifiées. Pays de cocagne où une culture de vérité, de force et d'honneur, éternisée que dans de si fugitifs, hélas, moments humains : l'important est ce qui permet, crée et recrée le fragile miracle d'équilibre et de sagesse au milieu des déferlantes hurlantes de besoins massacrés et rugissants ou de leur subtile tuerie par liquidation interne, peu importe ces pertes définitives de travail et de taoïsme, recréables en un seul insaisissable humain trans-générationnel, méta-historique. Voilà le vrai, indicible d'un côté, interdit de l'autre, relativiste. La nature fait le reste aussi bien que Dieu.

Peut-être même cette condition d'immanence conditionnelle est-elle atrocement nécessaire pour que l'essentiel ne puisse jamais être « produit » en batterie : non seulement il y faut moultes conjonctions et conditions favorables, mais que, comme dans une ultime alchimie, fusion et transmutation permettent au miracle serein d'éclore au milieu même du mal, comme une fleur de fumier élève sa pureté hors de lui, au creux, au creuset de contraires réconciliés par le haut-fond du panier des crabes de l'humaine condition, comme sut le faire et le peut encore, tant que battra le courage d'être, une vraie chevalerie du vivant esprit universel. Le reste est déjà mort et recouvert du temps perdu des recherches abandonnées : la clairière n'est pas un égout, fut-il à ciel ouvert.






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