jeudi 28 juillet 2016

FRAGMENTS # 7 MYSTÉRIEUX HEXAGONE (RÉPONSE À R.)









Formes hexagonales que l'on retrouve quelque part dans certains motifs sacrés ou décoratifs orientaux ou moyen-orientaux au niveaux des dallages, de céramiques ou de décorations de poteries etc… permettant une imbrication parfaite et infinie à la fois, dans leur répétition et juxtapositions. Je me suis toujours demandé comment et pourquoi ces formes avaient été inventées et peut-être en donnes-tu une explication possible, passant par l'observation d'une ruche ? Par ailleurs d'autres animaux construisent des « alvéoles de vie » géométriques me semble t-il. À ce niveau de la réflexion, je ne peux m'empêcher de relier certaines formes traditionnelles artisanales à certains travaux animaux, comme par exemple le tressage d'un panier et la structure d'un nid d'oiseau. Je suis en effet particulièrement intéressé par une sorte d'art ou d'ingénierie communs à l'humain et à l'animal, sans doute à la suite des réflexions d'un Kropotkine dans son livre sur l'Entraide. Nous nions trop les liens techniques et culturels animaux-hommes, ce qui n'est ni scientifique ni honnête ni respectueux de la réalité dont nous parlons tant.

Pour ce qui est de Darwin, en extrapolant, on peut imaginer intuitivement que ce qu'il a dégagé pour la biologie doit quelque part pouvoir être validé pour ce qu'on peut globalement nommer une certaine spiritualité, ce qui aurait le mérite très important d'amener des questionnements essentiels sur le chamanisme dans son ensemble, par exemple, puisque ces « liens et extensions » naturels d'un rayonnement source que tu évoques (…) et qui à tellement de niveaux semblent tellement évidents, se sont sans doute diffusés à tous les règnes – donc sans oublier le minéral ou n'importe quel élément (mémoire de l'eau…).

Nous serions, à travers la planète elle-même et la matière apparente et subtile dont elle est constituée et qui nous constitue, comme l'expression vivante ou stabilisée, enregistrée et « transmutée », effectivement, de ce rayonnement dont tu parles avec une justesse qui me semble difficilement contournable. Je suis d'accord aussi pour lui trouver un certain sens d'affinage (plus que de purification, qui suppose un déchet dont je ne vois rien de tel dans la nature) et de liberté vertueuse (au sens d'orientée dans le sens de ses propre fins primaires et secondaires). D'accord encore sur la puissance créatrice de la source de ce rayonnement vital cosmique infiniment prolongé jusqu'à des maturités qui nous dépassent tout aussi infiniment. Et qui serait aussi à la source immobile d'un temps continu au milieu de toutes les discontinuités du devenir.

Il faudrait donc infiniment plus décloisonner encore (règnes, classements, subdivisions…) le vivant et le spirituel que nous ne l'avons fait depuis Darwin pour pouvoir approcher des vérités que nous ne pouvons qu'imaginer intuitivement sans avoir les outils pratiques et intellectuels pour les percevoir et les vérifier, et aussi, pour rejoindre ce que tu dis, pour les fortifier contre ce qui cherche à les anéantir de la façon la plus aveugle qui soit ; enfin, oui, construire ou plutôt découvrir une morale interne à leur véritable hauteur de vie, qui elle-même, tout logiquement, guiderait aussi une science nouvelle dans un sens convergent, unitif et finalement créateur retrouvé, sans retrancher rien aux merveilles de connaissance que le passé de ce rayonnement nous a déjà transmis, on peut le dire, je crois, de façon héroïque sur un certain plan humain englobant aussi bien le Christ que Galilée ou l'art rupestre que l'informatique.

Je demeure très sensible à l’Évolution cependant et l'angoisse humaine qui ne peut que lui être liée, avec la perte du paradis naturel et d'une certaine innocence animale, et il semble que le bien, défini comme plus haut, effectivement ne peut – dans tous les cas n'en être que la première et dernière justification du monde ou du cosmos, même si je n'adhère aucunement aux théories de réincarnation par exemple, qui introduisent pour le moins des boucles et des hasards non-liés, selon moi, avec l'esprit d'ensemble, et qui supposent des psychismes autonomisés d'une façon absurde alors que le sens est de toute évidence dans et par les liens naturels. Donc dans et par le sens surtout de cette évolution, jusque dans ses détails.

Au niveau naturel ou cosmique, en sens inverse des transformations du devenir, je ne vois rien qui, au niveau de l'être, donc de leur loi, doive se répéter en forme de perfectionnement : le chemin ne rejette rien de ce qui est ou a été ou sera, il le (re)met à sa place, dans l'ordre même de sa progression, sans négliger une seule mémoire ou parcelle de vécu comme « être » moteur. C'est une spirale ascendante, non un cercle, comme on croyait la terre plate. Et toute chute ne fait que sanctionner une erreur de départ, si infinitésimale ou subtile soit-elle. Je ne crois pas aux erreurs d'arrivée, je crois à la responsabilité sociale d'une illusion transmise ou instituée à tort, hors de la réalité de ce qui dépasse notre ambition humaine et qui même, à vrai dire ne semble pas même la nécessiter. Pourquoi la nature ou la nôtre serait-elle mal faite ? Serait-elle trop morale ou trop tragique à porter ? L'aristocratique Nietzsche a bien parlé là dessus.

C'est pourquoi je suis aussi intraitable sur la vraie nature de cette ÉVOLUTION : non seulement la misère, la peine et le sang versé et toutes les destructions (…) interdisent, dans un sens, absolument tout retour en arrière sur l'objectif humain, ou le vécu consommé dans ce sens, invoqué pour les justifier, mais l'équilibre psychique et spirituel du monde dans la plénitude de sa réalité semble en jeu, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de chaque parcelle ou unité de vie, que dans son invisible ensemble. Et je n'ai nulle intention de jouer avec ça, ni pour moi humain pensant ni pour les autres, ni pour la nature qui nous fait jusqu'à la fin dans un sens relatif.

Il semble nécessaire, comme tu le suggères, que quelque part, cette évolution exprime et exige une morale unifiée par delà les variations différentielles de la Création (je pense à une fugue de Bach) et que cette morale nouvelle doive être pratiquement (ré)unifiée à travers une nouvelle alliance entre science et spiritualité, laissant les outils archaïques des anciennes approches être « transformés », intrinsèquement et respectivement intacts en tant que pièces d'origines du puzzle, quand à leurs vérités premières, en formes plus évoluées, mais demeurées fidèles à leur sens impulsé dans l'énergie de leur instinct créateur, évoluant vers une intelligence plus approfondie en science et conscience réunies, même si cette sorte de Révélation ne semble plus pouvoir se faire que dans le plus grand chaos et la plus grande souffrance, inévitables prix à payer, malheureusement.

Peut-être d'ailleurs est-ce là l'une des preuves absolues que nous ne pouvons jamais ni nulle part nier quelque parcelle que ce soit du monde ou du cosmos, le chaos induit n'étant qu'un retour automatique de manivelle obligeant à une rectification de la dérive de la navette intellectuelle ou sensible. Ce qui veut dire que la coopération ne peut jamais être que totale ou en tout cas la plus rapprochée possible avec le monde, l'autre, humain, animal, minéral ou sidéral, donc en fait avec la source, rationalisée ou transcendée.

Je ne crois plus que quelque désordre que ce soit puisse demeurer maintenant acceptable dans la tête d'un enfant : il faut tout refaire, comme quand une pièce de bois est complètement ratée. Stratégique et immobile est la chose ou la loi indéfinissable et pourtant si douloureusement réelle et pratique, à partir de laquelle opérer, œuvrer, travailler, faire, vivre, parler et mourir. La liberté n'est effectivement pas une déviation ni une perversion, UN ARBITRAIRE, c'est une destination, but conforme au principe qui nous fait vivre et être. Mais elle n'est pas, ne peut jamais être plus que le jeu naturel d'une pièce à sa place, que la barbarie universelle est en voie de fausser dans un délire libéré de sa loge. Il y a là la leçon d'une mesure absolue et relative à la fois, croisée aux intersections des dimensions, au cœur de nos valeurs universelles données non par la logique, mais par la nature, une nature libre, elle aussi de son jeu, elle qui ne joue pas tout en se jouant de tout.

Peut-être la paix véritable n'est-elle qu'au bout de la leçon de guerre la plus cruelle et sacrificielle : l'ordre peut-il souffrir, comme en mathématiques, la moindre erreur, pour demeurer relativement possible ? Vu dans ce sens, l'attente et l'entente du possible semblent bien ne dépendre, au départ comme à l'arrivée, que de ce qui demeure et est absolument. C'est une balance de forces. Un respect. Un ordre sans pouvoir ni désir extérieurs, qui est aussi et encore, selon le mot de Giono, « grandeur libre », comme l'est celle de n'importe quel astre humain, animal, minéral ou sidéral, ce qui ramène un peu, concrètement à la lumière des anges de nature et d'esprit tels qu'une poésie de l'être, du faire et d'une science véritables pourrait défendre sans violence d'aucune sorte, vérité incarnée rêvéey compris technique ou technicienne.






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