lundi 11 juillet 2016

LA VÉRITÉ # 31 LA FLÈCHE BRISÉE






« Quand nous sommes blessés, nous allons à notre mère et nous efforçons d'étendre la blessure contre elle pour la guérir. Les animaux font de même, ils couchent leurs blessures sur la terre. Quand nous chassons, ce n'est pas l'arc ni la flèche qui tue l'élan. C'est la nature qui le tue. La flèche se plante dans son flanc et, comme tout être vivant, l'élan va à notre mère la terre pour être guéri. Il veut appliquer sa blessure contre la terre et fait ainsi pénétrer la flèche plus profondément. » Bedagi ou Big Thunder, vers 1900, de la nation des Wabanakis, tribu disparue vivant près de la rivière Kennebec

***



Cher R.,

D'accord avec « le consubstantiel et l'affectif » de la nature et non d'un environnement extérieur dont nous serions l'anthropocentre de pilotage naufragé. Nous sommes exactement dans la position que nous attribuons à une nature "imparfaite et limitée" : dans sa destruction, et ce faisant, nous ne faisons que projeter notre rage de finitude et d'impuissance.

Ce texte sur la finance oblige à une douloureuse lucidité : la corruption atteinte est sans commune mesure avec ce que nous prenions, leurrés, pour le mal absolu. Elle dépasse infiniment le fascisme en lourdeur pathologique, en profondeur de corruption et de destruction. Douloureux constat donc que de voir que les nazis eux-mêmes respectaient encore la nature et n'étaient pas allés aussi loin dans la négation ! Le modernisme, c'est à dire l'argent, nous leurre comme des enfants sur ses intentions cachées, y compris à lui-même.

Seule la perte de la nature est perte de sens et donc d'espoir, celle de Dieu ne semblant, dans ce sens, que celle de son expression sociale, temporelle. La religion finalement, cherchant aussi, trop souvent, une domination parfois plus primaire que la force brute d'une nature unie. Sans la nature, le spirituel fait office et effet de positivisme à l'envers, signe pathologique de la désunion humaine.






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire