jeudi 3 novembre 2016

DIALOGUE AVEC R. # 4 POUR QUE TOUT NE CONTINUE PAS COMME AVANT JUSQU'À LA FIN DES TEMPS








 



« Dieu et vérité, car ces deux termes sont convertibles (…)

Lorsque j'ai appris qu'Hiroshima avait été anéantie par une bombe atomique, je laissai paraître aucune émotion. Je me dis tout simplement : "l'humanité court à son suicide si elle n'adopte pas la non-violence" »

Mahatma Gandhi

« Il y a toujours dans le monde quelques hommes inspirés et c'est un trésor inestimable que de pouvoir les approcher. »


Platon





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" C'est la ville où fut construite la Ka'ba, 3000 ans avant, par Abraham ; c'est dire que ce pays n'était pas inconnu des Prophètes passés.

Le fait est devant lui, il établit la continuité des Prophètes, et donc de ce dogme unique – que chacun pourtant s'attache à différencier... L'évidence est là : devant ce Dieu unique, la religion est une Vérité première ? Et il voit là, la continuité se faire, et non se disperser…


Médine, "la Ville illuminée". Là l'Islam peut à nouveau s'épanouir, prendre son essor, et un nouvel ordre social va naître, ayant pour socle, pour centre la mosquée…
Mais il faut y voir bien plus. La vision islamique développée par cet état – par ce Prophète éclairé, grandi, libéré par son extraction de la Mecque –, s'est révélée à lui, et il la révèle à tous.

Ses idées se condensent tout-à-coup en un ensemble de visions élevées, morales et sociales, embrassant une communauté se voulant immense – mondiale si c'est possible –, et qu'il veut unie, il la veut consciente d'une paix générale, il la veut aussi tolérante, envers tous, musulmans et non musulmans, de quelque race qu'il s'agisse…


Son action n'est ici que spirituelle, comme sa mission, mais l'humanité ne se nourrit pas de mots, il veut les appliquer, leur donner cette force de l'âme, cette énergie consciente en l'homme, un élan à transmettre à toute la terre.

"... Liberté de conscience – musulmans et non-musulmans... sécurité et protection contre n'importe quelle menace venant de l'extérieur... justice et abolition des crimes et pratiques immorales... Caractéristiques de cette nouvelle société dominée par l'usage de la charité, à laquelle s'ajoutait – en remplacement de l'avidité et de l'égoïsme –, la compassion, le souci de toute personne vivante..." .

Ses bouleversements apportés dans des domaines variés de l’État, actions quasiment politiques, mais aussi sociales et familiales, rendant à la femme une dignité qu'elle avait perdue, puis au peuple une honnêteté disparue, une honorabilité, instituant un certain respect entre les gens. Et les musulmans n'étaient pas insensibles à ces améliorations, visibles, développant par là une certaine fierté dans une population enfin rehaussée.




A la Mecque, période qui a duré 13 années, Mohammed a reçu 83 sourates (en général les versets les plus courts), et dont les thèmes principaux peuvent être réunis en un fonds dogmatique.

Le Prophète est ici vecteur de "la bonne parole" ; il transmet la parole divine. Et les versets annoncent un changement radical ; ils débutent par l'Eminence : le Dieu unique. Désormais, Ici donc se trouve l'ossature du dogme perdu, conditions qui doivent présider aux actions de l'homme, en vue de parfaire sa conduite, en attente du jugement de Dieu…

Déjà la Thora, descendue, Abraham, puis Jésus, avaient édicté les choses. Pourtant le temps a bouleversé l'esprit des hommes et, en perdition, un polythéisme les a noyés. Leur cœur s'est endurci, il a séché, et ils ont cherché ailleurs de nouveaux maîtres, plus compréhensifs sans doute, plus silencieux. Il faut donc répéter à nouveau les qualités qui doivent guider les actions des hommes.

Et Mohammed est chargé de préciser les choses :

D'abord, l'unicité de Dieu, et par conséquent l’affirmation du pur monothéisme, et la réfutation de toute idolâtrie. La Résurrection et le Jugement dernier : chaque être devra rendre des comptes au Tout-Puissant. Les nobles vertus : le croyant s’oblige à faire siennes les qualités comportementales telles la véracité, la fidélité, la générosité, l’honnêteté, le courage, etc.

Ici donc se trouve l'ossature du dogme perdu, conditions qui doivent présider aux actions de l'homme, en vue de parfaire sa conduite, en attente du jugement de Dieu...



Après l'Hégire, l'installation des compagnons musulmans à Médine a duré 10 ans.
Mohammed avait reçu là 28 sourates (en général plus longues), et dont les thèmes majeurs se sont peu à peu diversifiés :

Et ces "Hadiths" sont donc logiquement à séparer du corpus coranique, reflétant surtout les conséquences d'une assimilation, d'une bonne compréhension.

Il s'agit, dans les principes de base d'une concentration humaine, de fondements essentiellement sociaux : la famille – le rôle de chacun dans un respect mutuel, éventuellement les droits, devoirs et prérogatives, mariage, divorce, succession, etc. –, puis la famille dans cette société, les comportements, la justice, et jusqu'aux signes particuliers, la tenue, la nourriture, les interdits, etc. Le tout défini d'une façon parfaite et exhaustive, en fonction des éléments dominants de l'époque.

Il y a donc eu, d'une part l'illumination religieuse, avec ses bases incontournables, puis un glissement vers une "mise en pratique", un pragmatisme adapté.

Il reste que le Prophète Mohammed – en kamis ou en uniforme –, usait semble-t-il, des deux fonctions à Médine ; il en usait comme d'un système équilibré – pour le meilleur bien sûr –, mais avec fermeté.

Mais à la mort du Prophète Mohammed, la nouvelle religion de paix a semblé avoir perdu la raison, avec la disparition du Prophète lui-même."  


                                                                                                                      R.





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La continuité des Prophètes de ce dogme unique : le monothéisme ? Il faudrait peut-être réfléchir à la notion d'unicité, pour la voir dans un sens d'unité d'un spirituel méditerranéen-occidental comme source du monothéisme – monothéisme, qui apparemment, n'est pas en lui-même évident puisqu'il semble s'agir aussi d'un mouvement d'unification aboutissant à un nouveau polythéisme à travers de nouvelles unités civilisationnelle, sortes de superstructures multinationales d'une sorte d'impérialisme « spirituel ».

La difficulté de l'unicité spirituelle est de finir dans une unification pratique qui ne peut, à terme, que la transformer en un conformisme de la force dont la forme ultime, dans les faits, n'est pas étrangère à un dogme tribal élargi par la pure logique de pouvoir. Il y a un problème du spirituel et du temporel qui n'est pas réglé par le dogme religieux ou laïc de séparation, puisque le second n'a fait qu'inverser l'exclusion du premier. Pour moi, le dogme est le premier héritage tribal, pas forcément le meilleur : celui de la force, habillée d'autorité nécessaire, économique ou logique.

Plus grave : c'est une négation de l'unité de la vie, de sa diversité et de sa transcendance au nom d'un principe pratique collectif purement organisationnel, et sa structure unidimensionnelle est liée, par son histoire même, au mouvement monothéiste en Occident, dont les aboutissement révélés ont donné les fascismes, dont le dernier prend l'apparence « islamique » que l'on sait. Je n'aime pas les désirs collectifs : ils manquent d'unicité et d'authenticité, leur formalisation légale ou réglementaire me semble malsaine comme celle d'un fantasme.

Ce qui m'intéresse est l'unité première et dernière, non des pouvoirs ou des savoirs, mais de l'être et de la vérité et la manière dont cette unité est vécue et transmise, dans le contenu concret de son sens illimité, non dans l'absurdité pratique de ses limites, liée à sa collectivisation rationnelle et matérielle.

L'unicité n'est, dans un sens, ni dans la concurrence ni dans l'expansion : elle n'a rien d'externe, elle n'a pour but que d'être ce qu'elle est, fidèle à sa racine, et sa finalité ne s'exprime que par ses fruits. C'est en ce sens que chaque religion apporte ses fleurs et sa sève en vue de la vérité et de la paix, de la liberté, du sens du monde et de la vie.

Le fait religieux comme signe ou trace de l'unicité du sens spirituel, et à l'intérieur de ce sens comme principe premier et directeur de la vie, des aspirations humaines, un sens historique de continuité et d'intégration de son esprit, de ses institutions et pratiques, puisque l'histoire est aussi son signe divin, en Occident et Moyen-Orient monothéistes, en vertu de la création et de l'action du Dieu unique au sens de seul Dieu autant que dans celui d'Unificateur, ici : jusqu'aux Protestants.

Aussi bien vis à vis de l'étranger ou du « barbare » que du peuple intérieur – jusqu'à sa propre « famille » – païen ou des clans polythéistes (...), il n'y a pas énormément d'alternatives : c'est soit la conquête spirituelle, soit la conquête par la force, conversion, persuasion, ou guerre ou encore mieux la première par la seconde, fut-elle, comme ce fut assurément le cas pour Mahomet, tempérée de miséricorde. Miséricorde permettant l'émergence d'une sorte de chevalerie du pouvoir et des codes, même si hélas, comme pour l'Occident chrétien, cette chevalerie ne tint que par quelques parfaits, le temps exceptionnel d'une poignée de vies exemplaires, saintes ou héroïques.

Tout dépendant sans doute de ce qu'on met dans la balance de spirituel et de temporel, d'aristocratie vraie et de démocratie authentique, et des moyens de transmission, émergeant de l'Islam de Mahomet, malgré et outre le fait qu'il ne semble pas y avoir travaillé particulièrement, hormis la transmission du Livre, classique et conforme au niveau aristocratique spirituel et pratique.

L'absence de création de clergé et de pouvoir religieux séparé – qui apparemment, viendra plusieurs décennies plus tard, indique sans doute une volonté prophétique-divine de conserver une unité indivisible des deux mondes, célestes et terrestres, afin de préserver une unité de vie à la fois terrestre et spirituelle entre un peuple religieusement uni à partir de ses branches hétérogènes et un pouvoir-autorité soumis aussi à  l'unicité d'un principe de vie englobant, harmonisant et surmontant ses démons pratiques logiques.

L'expérience montrant trop souvent que « tout pouvoir absolu corrompt absolument », sauf peut-être à lui donner une autorité qui le dépasse et l'équilibre dans des limites conformes aux principes universels d'humanité et d'égalité réels entre les personnes devant Dieu, et non en fonction des intérêts d'une poignée de profiteurs dominant et le spirituel et le temporel.

En ce sens, je suis profondément pour un dialogue chevaleresque renouvelé et mené à terme, comme toi sans doute, mais où chacun conserve non ses idoles, mais le sens premier et profond de sa langue spirituelle transposée et traduite lors de ce dialogue. Même si je ne saisis pas bien la notion d’œcuménisme dans son esprit : pourquoi chercher à reconstruire une unité perdue ou n'ayant jamais existé dans la forme (par exemple la forme d'un clergé), par des techniques ou intentions surajoutées inévitablement liées à des pouvoirs institués, infailliblement séparés, effectivement faillibles ?

L'important du dialogue n'étant pas, comme l'ont montré les grecs et notamment Platon, le dialogue de vérité ? Pourquoi ne pas faire des bouquets de vérités, avec des tons, des assortiments, des formes, des harmonies, des analogies où chacun puisse se retrouver dans ses valeurs et parler à l'autre ?

Pourquoi ne pas créer un « grand art » religieux  et philosophique plutôt qu'une grande messe ? L'art n'est-il pas d'abord divin, non utilitariste, comme son inspiration ? Pourquoi la vérité serait-elle technique ou science annexée ? Ces deux dernières appliquées – n'est pas là la sévère leçon de la modernité – n'ont-elles pas infiniment (au sens pratique d'abord) montré leur incompétence et leur inutilité dans ces domaines ? Qui a dit que l'histoire avait un être ?

Ce dialogue suppose évidemment un dépassement multilatéral des dogmes qui, finalement, demeurerait dans le droit fil des exigences de continuité d'un spirituel uni, faisant retour à lui-même dans une sorte "d'ummah" post-islamique autant que post-chrétienne ou judaïque, après dépassement des polythéismes, permettant peut-être de réintégrer la part maudite du mal – tribal, mais aussi impérial fasciste moderne et industriel – barbarie cruelle, inhumaine, la discutant pied à pied, face à face, principe à principe, mot à mot, logique à logique, éthique à éthique.

Dans ce sens, la continuité réelle du mouvement monothéiste amorcé sur des siècles – surtout de guerres et de conquêtes – ne serait-elle pas d'opérer une rupture de discontinuité de ces mouvements partiels et divisés de l'Unique, d'une unité idéale ou révélée, transcendante ou instituée, mais fragmentée, aussi contradictoires et stériles que les premières tribus immobiles venues ?

Non de les unifier dans une mondialisation industrielle du religieux, faite de nouvelles normes de synthèse, mais de montrer leur unité unique complémentaire de vision et de révélation, autant que d'aspiration profonde à une spiritualité enracinée qui permette le respect de l'autre dans sa différence climatique interne et par là l'enrichissement pratique de la recherche de la vérité relative ou absolue ? Unité de la racine céleste et de l'arbre de la forêt.

Mais permettant, encore mieux, de réintégrer la part divine : tout le bien élevé des spiritualités disparues, effacées par les rouleaux compresseurs d'Occident et d'ailleurs, au fil des siècles et des conquêtes spatiales ou mentales. Pour ce dialogue à venir, on peut l'espérer – pour ne pas désespérer de la vie humaine, de ses possibilités et limites pour l'instant plombées par la force la plus nue et sale, il faudrait inévitablement, dans le respect le plus absolu du spirituel authentique, établir des règles de transposition et d'échanges, d'équilibrages, voire d'arbitrages, hors de toute violence autoritaire ou dogmatique, pour contrer d'abord les si tristes résultats de cette monomanie de domination et de pouvoir sur les esprits d'abord.

Comme pour les « frères tribaux » de Mahomet, on ne peut, concernant toutes les tribus du monothéismes d'une part, dans un premier temps, que s'écarter de ces pouvoirs corrompus et barbares, finalement formes négatives revenues des polythéismes combattus à raison, comme de tous les clans religieux des deux mondes d'Occident et d'Orient. S'en écarter en respectant absolument toutes les vérités premières, détournées, à partir desquelles ils ont cru pouvoir bâtir leurs éphémères et anarchiques empires religieux et étatiques.

Pour les uns il y aurait des pertes énormes – irréelles, puisque permettant un retour au réel humain transcendant – dans le rééquilibrage ou la réévaluation; pour les autres, des réhabilitations fabuleuses et émouvantes qui redonneraient, comme le Coran l'a fait pour les Arabes -- comme tu dis -- une dignité et une noblesse, un honneur à l'incroyable cohorte des "humiliés et offensés" de ce monde, depuis que le temps est temps dans leur espace commun et particulier.

L'héritage spirituel non propriétaire d'une humanité vraie est à reconstruire et réhabiliter hors des structures du passé et du présent, avec des matériaux réutilisés à partir de chaque éternité de leur culture propre et de leurs propres principes d'indétermination, divins et scientifiques classiques, enfin libérés de leur mauvais usage : celui du mensonge et de l'écart, volontaire (morale) ou pas (science) d'avec la vérité.

Le monde tel qu'il est et fut, et ne va plus, en serait incroyablement rééquilibré et régénéré dans son esprit et son ouverture obligée – un peu comme face à une révélation, devant l'apocalypse à venir. Révélation de son unité secrète, essentielle et existentielle, salie et défigurée par une histoire du mal angélique- gestionnaire du bien contre la nature et l'humain, s'épuisant à s'épuiser sans remplir les conditions réelles pour le faire. Et peut-être, comme par une sorte de miracle, l'unité de vérité révélée permettrait de chasser des esprits malades du mensonge, l'obsession malsaine d'une caricature d'unicité forcée, dénaturée et déspiritualisée du pouvoir et de la liberté – comme pitoyable et misérable compensation de l'anarchie opérée par l'empire du mensonge collectif.

Dans ce contexte de dialogue universel, on peut en effet parler pratiques, droit, morale (…) concernant l'humanité, dans leur infinie diversité d'application : c'est l'esprit divers qui compte, pas la matière humaine en elle-même, mais ce qui l'anime, l'élève, la transfigure et transpose, non dans sa séparation ou propriété du bien, mais dans son approche volontaire et désirante, consentante; non dans la contrainte dogmatique, mais dans l'aspiration montant de son animalité racinaire personnelle et collective vers l'âme cachée et humiliée du monde qui la cultive, nourrit et mène vers sa vérité, seul lieu où fleurit la liberté supérieure d'être, créative et pleine de foi dans la vie et son sens.

Il faut que la nécessité du dogme se transfigure en nécessité d'une liberté de tout responsable de tout, avec et après Dieu, sans rien laisser au hasard d'un arbitraire humain spéculatif ou intellectuel. En ce sens, l'humanité est à construire : rien n'a encore été fait de tel, sauf, peut-être, initié un moment qui dure encore par un Gandhi que si peu ont suivi dans la brèche et le mouvement de respectueuse rupture  de discontinuité des traditions vivantes.

Évidemment à construire sur une spiritualité supérieure aux religions déterminées de racines directionnelles. De cet enracinement « polythéiste » dans un sens, il faut produire des branches et des fruits « monothéistes » non greffés et fidèles, rapportés ou syncrétisés de toute pièce, mais comme des aboutissements rationnels du spirituel, sortes de disciplines équivalentes aux scientifiques.  Convergentes dans leur renforcement mutuel – fidèles aux lieux et temps qui les produisent, avec le même génie entêté et déterminé, vers et à son dépassement par le haut – tout en sachant rendre à César le mal qui lui appartient pour l'éternité historique des sacrifiés et crucifiés, bien encagé dans des limites naturelles indépassables, elles, comme condition ou définition négative du bien.

Mahomet usa d'un système équilibré, mais il en existe d'autres. Comme le chrétien ou l'hindouiste dans, ou de la visé de Gandhi (…), faits aussi de continuité, de clarté et de fermeté, mais dont la position face à la violence, position minoritaire s'il en est – malgré l'évidence éclatante de sa victoire.  Qui demeure apparemment éternellement révolutionnaire et conservatrice, en ce qu'elle renonce à la violence et à la conquête – même des esprits, la remplaçant par un équilibre vital relatif, mais créatif et libre, de vérité.

Vérité à laquelle même la science moderne a pitoyablement renoncé au milieu du chaos déclenché par le tribalisme scientifique et ses mercenaires !

Leur aspect révolutionnaire cependant s'enracine dans un respect de conservation de valeurs de vérité vivante et incarnée qui, dans les deux cas de révolution-conservation, a montré et démontré une force universelle dont la raison franchit les limites de la puissance matérielle « au service » d'un « spirituel » politique, trop souvent invoqué comme cœur battant et "combattant" d'une nécessité qui commence par le nier à cause et par la cause "primante" de la quantité, du temps et de l'espace, pour ne lui concéder que des limites uniquement liées à celles de cette puissance primaire, toujours idolâtrée finalement, sous une forme prétendument améliorée et améliorable et perfectible, « unique » et incontournable, faussement universelle, mais vraiment mondiale, comme le mal répandu et "propagandé".

Il serait sans aucun doute bénéfique aux religieux comme aux scientifiques d'appliquer le doute méthodique de Descartes à chacune des allégations de validité de l'esclavage matériel que l'idolâtrie antique comme moderne invoque à ce sujet, et de les examiner avec l'attention suprême d'une humanité aussi intransigeante dans la liberté spirituelle et ses critères de vérité que celle, surfaite et impuissante, qui préside et mène le monde à la catastrophe, derrière le masque dogmatique du savoir établi des "autorités autorisées" dans chacune des disciplines, exactes et inexactes de ce dit savoir.

Il faut aller vers une connaissance et une reconnaissance humaine, non trop humaine, mais rien qu'humaine, avant que d'envisager quelque plus-qu'humain que ce soit dans la pratique et l'esprit, ce que fit apparemment Gandhi dans une démarche allant du pire vers le meilleur de lui-même et des autres, pour rejoindre les valeurs les plus hautes et les plus belles, les plus motivantes et libératrices, au quotidien et autour de soi, partout dans le monde.

Dans cette démarche, il me semble qu'il faut prendre l'humain depuis ses origines, personnelles et d'espèce, sans rien oublier ni retrancher, ni se focaliser sur le mal ou la violence plus que nécessaire, avant transfiguration et orientation révélée par et à partir de chaque vérité étudiée et expérimentée transcendantalement. Lieux et maisons communs d'où peut jaillir un partage de connaissance hors des limites matérielles disciplinaires d'un savoir sorti lui-même de ses propres limites

Pour cela, il faut inévitablement, au niveau transmission, pure ou pas, des écoles et des centres libres – et même de liberté, religieux ou scientifiques, peu importe par où on commence la connaissance puisque la terre est ronde et l'univers peut-être aussi, pour le fous de Dieu ou de la Vérité, où chaque chose ait une place non figée, vivante et ouverte, en mouvement perpétuel autour de son axe divin.










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