mardi 8 novembre 2016

LA VÉRITÉ # 38 MINOR JAZZ








Un très proche m'accusait, plus par dépit, mais sans haine – bien que parfois, si l'on n'y prend garde, l'incompréhension puisse virer au mépris, le mépris en haine quand un psychisme, fatigué comme un poisson, est travaillé de savante façon par certaines techniques de manipulation qui nous dépassent autant qu'une pression sociale anonyme nous cerne sournoisement dans le sourire entendu de son visage de société incarné ou instituée m'accusait de « trahir ma culture » par amour du Jazz.

Aurais-je dû avouer et révéler que l'une des racines du Blues est très certainement arabe et qu'elles ont donc aussi, dans ce mystère de l'art, une dimension musulmane ? Que l'Islam est certainement un des piliers conscient de ma culture – inconscient pour ceux qui ignorent dans tous les sens du terme – ce qu'il peut avoir d'universel ?


« Après 13 années d'appel à l'Islam, et de souffrance de la part d'Arabes anciennement païens, Mohammed devient chef de l’État, Yathrib devient Médine, "la Ville illuminée". Là l'Islam peut à nouveau s'épanouir, prendre son essor, et un nouvel ordre social va naître, ayant pour socle, pour centre la mosquée…

Ses idées se condensent tout-à-coup en un ensemble de visions élevées, morales et sociales, embrassant une communauté se voulant immense – mondiale si c'est possible –, et qu'il veut unie, il la veut consciente d'une paix générale, il la veut aussi tolérante, envers tous, musulmans et non musulmans, de quelque race qu'il s'agisse…

Et ce fait est impressionnant. On peut penser aux Perses, qui ont initié cette idées de "Droits de l'homme" au VIè siècle avant J.-C., et plus tard, au hasard, à la"Déclaration des Droits de l'homme" elle-même, en 1789, et même en dernier, à la "Déclaration universelle des droits de l'homme", en 1948... »    R.


Jusqu'où aurais-je dû aller pour défendre cette culture que ce très proche attaquait en croyant défendre celle, la bonne pour lui, celle qu'il considère comme « sienne » ? Au moins jusqu’à lui dire qu'une vraie culture n'est ni propriétaire ni d'appartenance. Que ce ne peut être construction d'un objet ni pur héritage. Que le spirituel n'est pas patrie nationale, mais de cœur. Que ce cœur est un illimité, n'ayant rien à voir avec l'histoire de ses petites histoires, pour le dire poliment.

Mais on ne sait plus parler – sous la pression sociale, croissante en période de guerre psychologique et culturelle, de la vérité officielle d'un prétendu monde émergeant défendant « autrement » l'ancienne culture particulière du groupe humain « d'origine » – sans plus d'humanité, auquel on nous enjoint d'appartenir sans réserve ni réflexion, puisque toutes deux ennemies du combat « culturel » pour la domination ; on ne sait plus parler à ses proches, dont on finit, comme tout le monde, par craindre les reproches directs de non-conformité au système de pensée unique qui nous tient en laisse familiale et professionnelle.

Pour finir, il faudra bien avouer un jour à tous nos proches sans exception – au risque même du divorce spirituel – sans crainte ni langue de bois domestique, que si l'humanité en tant que qualité humaine n'est plus une référence et que, comme la dignité, parce qu'elle devient de jour en jour l'objet d'un mépris de plus en plus ouvertement partagé et parfois celui des plus abjectes moqueries et humiliations, il devient aussi et autant du plus haut devoir moral et intellectuel de refuser absolument cette ignominie de la prétendue modernité explicative des temps, cette chose abjecte et sous-humaine que nous finirons un jour ou l'autre par accepter comme une fatalité atmosphérique.

Et rappeler encore, dans le même temps qu'aux caricatures affichées du juif d'un temps qui semble avoir finalement beaucoup de mal à passer « de mode », répondent insidieusement autant qu'officiellement – ce qui marque déjà une limite inacceptable en soi – quelles que soient les raisons instrumentales ou idéologiques invoquées – répondent donc celles du Prophète en tant que symbole implicite de civilisations et du peuples visés dans leur ensemble par une mafia intellectuelle internationale osant se dire « démocrate », et que ceci est accompli, comme tant d'autres actes ailleurs au nom de la religion, au nom de la liberté citoyenne et d'une institution proclamée de cultures et de peuples finalement déclarés supérieurs, à laquelle nous sommes implicitement sommés de nous rallier comme citoyens de base intégrés du cosmopolitisme commercial et financier dominant la planète.

Il est grand temps de dire non à cette terreur politico-médiatique sournoise et fascisante qui justifie d'ores et déjà quasiment toutes les guerres du nouveau siècle avant de valider les civiles et culturelles à venir ici en France, en Europe ou ailleurs.

Pour ceux à qui l'humanité, au le sens plein du mot, ne parle pas – et il y en a de plus en plus – il n'est que de leur rappeler, simplement, la condition qui fut faite à ceux qu'on parqua dans les camps d'extermination avant destruction de leur vie et la négation de leur être, pour « en finir ». Et comment tout cela commença, dans l'air empesté du temps et du quotidien des têtes.

Ces exterminés-là auraient, mieux que quiconque, "expert" ou pas, put définir ce qu'est la négation de l'humain, autant qu'aujourd'hui, ceux qu'un certain fascisme pseudo-islamique détruit avec une ferveur morbide et une jouissance psychologique obscène, fascisme tout aussi « révolutionnaire » que celui de leurs ancêtres et précurseurs européens nazis.

Comment avons nous pu faire – en 30 ans seulement de formatage psychologique, de la jeunesse d'abord – pour oublier, nous, leurs petits enfants  spirituels ? De combien de millions de morts et d'horreurs allons-nous payer ce négationnisme mou, mondialisateur, moralisateur, et contre-universaliste collectif dur ?

Aujourd'hui le jazz fait partie du business obligatoire établi, mais demain, qui écoutera encore, libre en eux-même, comme d'autre le firent de Radio Londres, une « musique de dégénérés contre-culturels » en résistance, issue pour partie du sang spirituel d'une « sous-culture barbare » du Moyen-Age, quand le monde progressiste-fasciste pseudo-chrétien aura été provisoirement réactivé par ce même business établi en ses comptoirs de l'éternel autre côté du manche ou de la batte, pour jouer sur les deux tableaux à la fois ?

De quels « traîtres » faudra t-il donc logiquement applaudir la pendaison en musique ou se taire ?

Qu'avons-nous donc tant à dire des actes de dictatures lointaines non-autorisées que nous ne pratiquions déjà en esprit et « morale » moderne, économique et financière appliqués au monde conquis sous couvert de civilisation, comme nous le faisions allègrement il y si peu déjà, dans tant de nos colonies oubliées, et comme nous n'avons cessé de le faire depuis, avec nos associés et partenaires « officiels », sous couvert de modernisation, de normalisation et de mondialisation ?

 
On connaît la musique : les meilleurs polars, joués en blues mineur, lancinante mélodie, la logique du plus fort, réglée comme du papier, et tout en bas, la signature avec du sang jamais séché, ajoutant le crime à la trahison, et le mensonge culturel et cultuel, pour recouvrir les corps en famille. Vive la tragédie du jazz, vive la joie du jass ! Autant que Mozart, Jean-Sébastien et Vivaldi ! Et Ludwig, qui refusa un jour « de jouer pour des porcs » !













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