vendredi 2 décembre 2016

DIALOGUE AVEC R. # 6 L'UNIVERS A T-IL JAMAIS CESSÉ ?






J'ai dit que je ne voyais pas la raison d'être de la Trinité, ce qui ne m'empêche pas d'observer ses logiques. Il y a une sorte de question centrale, sempiternellement récurrente, comme le mal : la divinité ou non du Christ. Pour moi, elle se résume à celle de la divinisation de la vérité, permettant d’asseoir le dogme.
Je dis simplement que l'absolutisation de l'Absolu le relativise dans le mauvais sens, et donc, dans tous les cas, le tue.

L'Absolu incarné est un Relativiseur Unitif qui a quelque chose de sacré, mais il ne se définit pas ou mieux, n'est pas par ce sacré, qui n'est pas son origine, sa raison ni sa fin. Ce Relativiseur Unitif révélé et incarné par le Christ, après d'autre et avant d'autres – même si le Christ est évidemment indépassable et imperfectible, permet et conduit au Pardon, à l'Intelligence, au Perfectionnement du Cœur, à la Miséricorde et à l'Amour. Ce qu'entre autres choses, il incarne et indique à partir de l'humain et non de l'Absolu, même si l'Absolu le lui révèle dans ce sens.

Pour moi, le plus important du Christ est ce genre de vérité, cet esprit de vérité, ni relatif ni absolu, qui est Ailleurs. Autant que le fait qu'il ne soit pas l'artisan d'une sagesse trop humaine de plus, ce qui fait qu'il n'est pour moi ni humain ni divin, mais les deux unis, ne menaçant ni l'un ni l'autre, mais les servant comme une seule et même cause qui le dépasse. Il est l'unité perdue, que l'on peut nommer primordiale, mais sans obligation profonde dans un sens : la vérité n'est pas historique-linéaire. Je dis donc simplement : qui peut exclure au nom du Christ ? Qui peut exclure le Christ ?

Peut-être est-il, dans un sens « divin », inclassable ou insituable, mais s'il avait été Dieu, il l'aurait dit. Être fils de Dieu est un lien spirituel unitif, pas une identité d'être – tout le monde le sait. Alors, pourquoi dire le contraire ? Nous savons bien que toute vraie famille est seulement spirituelle : la vérité du sang n'existe que transcendée, comme le sexe. C'est pourquoi « le statut » du Christ m'est indifférent : seuls comptent son Message, sa Vérité et leur universalité. Qu'ils soient prophétiques ou divins, quelle importance ? La divinité incarnée n'est-elle la Vérité dans sa vérité, ou ses vérités ?

Il n'y a pas plus de vérité humaine qu'inhumaine – pour nous, humains. Nous ne sortons du dilemme apparent que par la vie et l'incarnation de cette vérité éternelle révélée par le Christ, ses disciples officiels ou spirituels, matériellement possibles ou impossibles, mais toujours dans la Miséricorde, non dans l'intellect pur, s'il n'est intelligence du cœur d'abord. Tout en affirmant haut et fort que le cœur n'a pas de privilège : il est choisi, il ne choisit pas, et c'est Dieu qui choisit, pas le cœur humain a priori. Il y a des disciples du cœur, pas de discipline ni de devoir. Il n'y a, là, que la Grâce.

Là est l'Absolu, nulle part ailleurs, effaçant les efforts personnels ou collectifs, les héritages avantageux, ouvrant la porte de la liberté et de l'amour close sur nos certitudes sécuritaires, entr'ouvrant le sens si proprement universel d'un génie humain agrandi à l'infini par le monde, le cosmos, l'éternité : l'univers a t-il jamais cessé d'être Un ?





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