mardi 31 janvier 2017

LA VÉRITÉ # 44 CE PIRE QUI VIENT DU MIEUX





" ... cette étrange distinction entre l'âme et le corps, le sacré et le profane."   Martin Luther King





L'origine du mal est économique quand les moyens ou les fins de cette économie reposent sur la violence ; que cette violence engendre, comme toute violence, négation, manque de respect, cruautés et désespoirs, haine et crime, qui engendrent... le pire du pire, dans un système anarchique et destructeur, ne vivant plus que de destruction consommatoire – « créatrice », disent les menteurs de la finance, calculant si le mal peut rapporter plus que le bien.

Le mariage économie-violence est la pire union, couple infernal, calqué sur le prétendu modèle de "la lutte pour la vie" de la nature, avec la haute trahison morale et intellectuelle de faire disparaître toute solidarité infra ou inter-espèces. Pure dénaturation, dégénérescence absolue, impardonnable, crime contre l'intelligence, plus criminel que le crime organisé, puisque, celui-ci, ne prétend nullement se poser en modèle de société, mais de contre-société.

Puisqu'il ne prétend pas au bien ou au mieux, mais à une guerre "légitime" et asociale de banditisme, religion occulte des temps modernes, fabrique discrète des nouveaux modèles. Le malheur est l'adoption toute aussi discrète, de ses méthodes, souvent issues de la guerre. Aussi est-il devenu, ce banditisme, le modèle absolu, aussi bien de la révolte que de l'affairisme.

Ce cœur sale de la modernité, notre manque tragique de bonne foi et de bonne volonté l'ont adopté, approuvé, accepté, sacralisé et établi. Il est né de la progressive disparition du bien, elle-même issue du rêve maudit de main-mise confortable et efficace, d'usurpation légitime et d'imposture vraisemblable, présentés comme une vie meilleure, comme bonheur matériel en soi, comme la fin de l'insécurité spirituelle liée à la recherche de la vérité et de la justice – comme une nouvelle économie, libérée des tourments et incertitudes de la morale et de la pensée, de la sagesse et de justice.

Ce crime organisé, comme certaines guerres, ces « écoles du crime », sacralisation folle de la violence absurde, gratuite, barbare, est la réponse sociale spontanée d'une nature humaine désorientée et désaxée, sorte de révolte ouverte et aveugle contre ce principe du tout est permis, poussé à ses extrêmes pour le dépasser, l'expulser, l'exorciser à partir du mal, dans une sorte d'héroïsme désespéré, dans l'horreur et la cruauté d'une guerre sociale totale, armée, comme conséquence directe d'une fausse liberté issue d'une tolérance générale du mal à partir de l'idéologie économie-violence, c'est à dire du mal moderne, du mal accepté après 1914.

C'est que la tolérance marche dans les deux sens : pour le bien comme pour le mal. Comment comprendre jamais la prétention humaine de corriger la nature – elle-même chemin vers Dieu, et inversement. Il n'y pas de mal dans la nature, le mal est social, -- social négatif – qui détruit la nature, comme il s'oppose à Dieu. La nature, seule source de liberté – dont la finalité est évidemment Dieu, qui lui donne son sens : la science elle-même doit puiser le sens de sa recherche à partir de ce sens complet et parfait -- comme un cerisier en fleur.

Ainsi, nous ne devrions pas tolérer ce qui existe, et surtout pas la nature !  A t-on à tolérer sa mère ? Ce serait plutôt à ce qui existe de tolérer notre trahison permanente. Mais avons -nous encore les moyens de le comprendre, si nous ne nous donnons que ceux du mal tolérable ou relatif et généralisé, comme une sorte de cancer moral acceptable ?

Dieu n'est pas une leçon de tolérance : il est ce qui est – d'où plutôt le respect absolu nécessaire vis à vis de ses expressions significatives et révélatrices, notre devoir de compréhension et de lecture du mal comme conséquence première et dernière du refus révolté de ce qui est.

Le mal n'est pas autonome, séparé, c'est une conséquence, réponse « positive » du négatif, à ce qu'il ne faut pas faire, provoqué par une fausse liberté, qui elle, autonomisée, devient mal supérieur, absolu, vraiment séparé et irréparable, violence nue. En ce sens, le mal est l'expérience scientifique de ce qu'il ne faut pas faire, de ce qui ne peut être, du néant alternatif, cette alternative du néant, fascinant comme un grand brasier magique, surpuissant face à notre intolérable impuissance d'être et d'éternité.

Quelle liberté valider sans le respect absolu qu'elle implique ? Cet absolu respect est aussi, évidemment, humilité absolue, d'où la place de Dieu et non du moi, du social ou de l'histoire. En ce sens, une certaine science moderne porte un très lourde responsabilité, dont elle ne peut se débarrasser par la simple invocation de principes qui ne lui sont liés qu'en particulier, et ne sont que pur nihilisme, pur banditisme.

Il y a deux pôles, la Nature et Dieu : le problème de l'Occident est de les avoir créés et séparés. Ils n'existent nulle part ailleurs, et ils ont engendré, depuis Rome, une nouvelle sorte de bien et de mal, toute les dichotomies, les dualismes qui détruisent aussi bien l'idéal que la morale intrinsèques au monde. La morale éternelle, dont la voix s'exprime tantôt par la parole de Dieu, tantôt par celle de la Nature – reprise par une science authentique, morale et idéale, qui ne peut, pas plus que le religieux authentique, être un pouvoir, c'est à dire une liberté négative.

Nous n'aimons plus le monde, nous ne savons plus que nous adorer nous-mêmes comme des déséquilibrés mentaux pavloviens, comme des rats de laboratoire.  

Il est hors de question, sous prétexte qu'il s'agirait d'un cancer généralisé, comme guerre, haine ou égoïsme, d'accepter passivement cette réalité uniquement psychologique, idéologique et fantasmatique. Dieu et la Nature sont les seules vérités réelles possibles et leur harmonie est la seule paix possible en soi et hors de soi, avant et après la mort, la souffrance et le sacrifice. Et ceci, quoi qu'on en dise, est définitivement acquis, à partir de leur probante absence ou disparition -- très précisément.

Pour ne pas détruire cette harmonie, il fallait commencer par ne pas la salir, sous le prétexte fallacieux de faire mieux, comme la violence ne sait que le faire au nom de l'immoralisme débusqué par Krishnamurti dans son dévoilement d'une volonté imposée ou subie de respectabilité qui n'est autre exclusivement, que celle de puissance et d'un pouvoir séparé de tout – hors-sol, contrairement à toute loi de nature, à toute sagesse, divine ou pas.

Le mieux est le pire ennemi du bien : il suppose que celui-ci n'est pas suffisant ! Quelle est donc cette suffisance proclamant l'insuffisance du monde ? Cette façon de voir n'est plus supportable, elle doit être abandonnée d'urgence, sans attendre que la vie elle-même nous abandonne.

Des gens qui veulent toujours mieux ou plutôt toujours plus, malades qui ne croient en rien, complices d'un système qui a détruit et Dieu et la Nature, et qui, par leur masse critique, sont directement responsables des libertés négatives qui nous détruisent en retour, sous l'insidieuse anesthésie d'un principe de plaisir vicieux, devenu le centre mou de notre système social et intellectuel.

Il n'y a pas trop de liberté, il y a la vraie et la fausse, celle de la violence, celle qui ne connaît ni ne reconnaît rien. La preuve en est que cette liberté-là n'est libre de rien : elle est inévitable comme catastrophe logique, prévisible.

Hors la loi de la vérité, il n'y a plus de loi, il n'y a que de petits rois de la force nue contre l'intelligence du monde, contre sa paix et sa beauté. Nous aurions dû retenir cette leçon de la guerre, que ceux qui l'ont connue avait apprise le cœur saignant et comme purifié par le feu du mal. Le mal profond est culturel, il n'est pas naturel.










Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire