mardi 7 février 2017

POËSIES I VRAIES RIVIÈRES II Ô RAISON








VRAIES RIVIÈRES II



Ô RAISON 


















À la Lunaire


Monde des eaux
ventre ancien
d'où nageurs nus
nous tombâmes
un jour
tes rivières mourantes
sont nos veines
tranchées
d'où giclent
les larmes
de sang
d'une terre
trois fois violée









 « Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été péché, alors on saura que l’argent ne se mange pas »                 
GÉRONIMO













Les Dames du Lac
les entrelacs secrets du vent
murmurent leur plainte

Modigliani effeuille seul
la douceur orpheline &
flottante de l'au-delà des mondes

Premières pluies d'Automne
pleines d'odeurs perdues
dérivant vers la mer

Le Martin-pêcheur
éclair furtif
sur la barque retournée

Sous les risées &
les débris éternels de surface
glisse le sable mouvant du souvenir

Derrière les barbelés
les mustangs du brouillard
broutent l'Ancienne Prairie gelée

Une Mémoire noire enrobe
nos hauts-fonds
endommagés

Sortis trop tôt des cavernes
au devant de ténèbres
sèches & aveugles

Aux tréfonds enflammés du puits
l'inquiétude ne réparera pas
les sources

De longues larmes de lumière
coulent & roulent
sur les galets bleus

Fourrures fumantes sur la berge
disparus le loup blanc
& la loutre moustachue

Perdus au fond des gorges
les mots magiques
roulant leur gaélique









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