Peut-être nul autre que Kant n'a aussi objectivement décrit le
Système. Peut-être nul autre que Martin Luther King ne l'a aussi
justement jaugé.
« Or il y a beaucoup de choses, intéressant la chose
publique, qui veulent un certain mécanisme, ou qui exigent que
quelques membres de la société se conduisent d'une manière
purement passive, afin de concourir, en entrant pour leur part dans
la savante harmonie du gouvernement, à certaines fins publiques, ou
du moins pour ne pas les contrarier. Ici, sans doute il n'est pas
permis de raisonner, il faut obéir. » E. Kant
« L'inhumanité de l'homme pour l'homme n'est pas seulement
l'effet des actions venimeuses perpétrées par ceux qui sont
mauvais. Elle est aussi l'effet d'une inaction aux conséquences
vicieuses de la part de ceux qui sont bons. » M. L. King
Il est toujours étonnant d'observer un couple d'oiseaux volant à
grande vitesse, traçant de folles arabesques dans les airs, dans un
synchronisme quasi-parfait : les trajectoires ont quelque chose
de mystérieux et de magique, symbole d'une grande liberté
entrelacée en vol, chorégraphie aérienne à figures libres,
mais comme réglées comme du papier à musique, sans l'être, en
vérité.
Il se dégage d'un certain nombre de couples d'animaux la même
atmosphère de perfection relationnelle naturelle et l'on se dit que
la société naturelle est infiniment mieux faite que la nôtre, avec
ses schémas comportementaux et sociologiques si destructeurs.
Les « sociologues du couple » cherchent toujours le
secret de l'amour conjugal humain, ne trouvant que des
relations plus ou moins ouvertes et fermées avec son entourage,
déterminant leurs grilles de catégories fonctionnelles. Ces experts
pensent que l'amour n'est pas la passion, que le couple amoureux,
dans son vocation spécifique, est une unité de normalisation et
de création culturelles entre milieux différents (économie,
politique, religion, culture, réseaux (…), considérant sans doute
par là que la société fait le couple et non l'inverse, comme chez
le monde animal, apparemment, même si on peut toujours épiloguer
sur l’œuf et la poule pour prouver tout et son contraire.
Parmi ces catégories conjugales hétérosexuelles homologuées dans
leurs derniers rapports officiels, dont l'associative, le bastion,
le cocon, le parallèle et le compagnonnage, ils semblent estimer
que le couple moderne associatif est un lieu de négociation
permanente d'égalité des droits et de désirs, privilégié, mais
relativement instable et individualiste. Le cocon serait un
bastion familial traditionnel renouvelé, le parallèle
serait marginal et le compagnon un associatif évolué et
stabilisé.
Tous se définiraient donc comme des lieux de création de valeurs et
de règles sociales, donc de « commerce humain », comme
disaient les Anciens. On imagine évidemment une certain concurrence
de toutes ces unités de production de valeurs sociales et
commerciales, et on se demande si l'amour n'y serait pas une sorte de
carburant captif, de ressource naturelle humaine asservie, permettant
le bon fonctionnement d'une démographie conforme aux « prévisions »
de développement, d'investissement productif dont le retour et la
plus-value sont évidents.
Certains mauvais esprits verraient même dans le couple et la famille
allocataire une belle industrie, avec une certaine diversité de
types d'élevages, et des rendements inégaux dans les résultats et
la durée. On imagine aussi que les divers avantages de
ces différents contrats de vie commune sont
naturellement bien encadrés par un législateur – d'abord
fiscaliste. Il peut sembler évident que le rendement familial global
brut définit plus ou moins l'évolution et la « réussite »
de ces diverses micro-entreprises de base, leur besoin de
sécurité et de protection sociale, impactant directement une
certaine évolution des mœurs conjugales, et des rapports
hétérosexuels en général et homosexuels depuis peu. On peut
estimer enfin que les encadrements appropriés toucheront aussi, à
terme, une reproduction humaine modifiée, suivant des
idéologies et schémas impliqués par cette évolutions productives.
Comment ne pas songer à une sorte de concurrence masquée et
entre-chevauchée que se font liens sociaux et liens familiaux,
et ne pas se dire que peut-être, contrairement aux apparences, le
manque de pitié de l'impitoyable n'est pas forcément du côté
le moins réglementé et contrôlé des affaires. Du côté
social, où ils sont de plus en plus encensés, censés être plus
rationalisés, normalisés, justifiés et civilisés, on peut les
voir surtout conformes à une bureaucratisation des relations
familiales ou inter-personnelles – conjugales ou pas –
permettant finalement de faire reculer des solidarités
hétérodoxes ou naturelles que le système social considère
comme un écran ou même un frein à la colonisation psychologique
des masses de consommateurs-producteurs.
On peut avoir ici l'impression déstabilisante d'une guerre civile
vieille comme le monde des pouvoirs. Guerre ne faisant plus la paix
qu'exceptionnellement, et toujours provisoirement, dès lors qu'un
pouvoir vacillant est menacé dans sa crédibilité sonnante et
trébuchante de garantie supposée de stabilité générale.
Il devient de plus en plus difficile de ne pas penser que tout
pouvoir, étatique, économique ou pas, ne peut logiquement que viser
à l'asservissement progressif toute vie privée ou
personnelle, et de toute solidarité naturelle non alignée
sur le jeu des normalisations, des sacralisations et de sa
pérennisation parasitaire, dure ou molle. La vie intime a
toujours été une ressource naturelle essentielle pour la
machine sociale, et comme carburant et comme retour de justification
programmée sur conditionnement adapté.
On connaît le principe de la chasse au canard. On connaît celui de
la séduction – censée plus fonctionner dans un sens que dans
l'autre. Toute une industrie dédiée à la force de séduction
du sexe autrefois dit faible, est là pour aider à
exploiter ses pouvoirs sur l'autre, le mâle, et les
« maximiser en bourse » dans leur rapport commercial
médiateur, sans que personne ne trouve vraiment à y redire.
D'autant plus que ne pas se conformer au principe de séduction et
de plaisir, pour une femme « normale » est souvent
perçu comme un handicap de la communication – sous-entendez :
commerciale, presque une faute de présentation, puisque dans
le système nouveau, tout un chacun est implicitement censé savoir
et devoir se vendre. Entendez se vendre pour vendre. Il y
a apparemment une sorte d'industrie proxénète douce
de la séduction.
Mais que vend t-elle ? Sinon une pure image, un imaginaire,
mythologie revisitée par la mode, le cinéma, la pub (…) ?
Haut produit de remplacement de l'être comme avoir
(charme doucereux, charisme diffus, savoir-être supérieur, élégance
carnivore, luxe étalé, esprit rebelle, pureté cosmétique,
beauté canon, douceur passive, sex-appeal calibré, autorité
maternante, symbole à la poitrine moulée dans le plâtre des
mairies d'une république, d'une liberté nationalisée (...) ?
Autant de pouvoir médiatique et médiateur concédé,
mille fois réinvesti.
Qu'est-ce donc que se conformer à cette image, sinon démissionner
de soi ? Sinon passer pour un autre ? Et quel autre !
Cet autre conforme aux désirs, aux canons et idéaux –
poisons les plus violents des marchands du temple dans un sens !
Violents dans leur expression ou suggestion, montée en
puissance visible, visuelle, spectaculaire, publicitaire, affichée
et revendiquée, provocatrice, motrice, motivatrice. Comme il s'agit
de désir, il s'agit de mécanique, d'automatismes, d'empilement
d'images-fantasmes, de réflexes. On connaît le puritanisme
commercial régissant les travailleurs de l'image du sexe,
du beau sexe. Des images « de bon aloi » à celle du
plus mauvais, avec leurs alibis artistiques et industriels annexés .
Pour les femmes, la liberté sexuelle perdue dans leur
normalisation conforme, séductrice-publicitaire,
conjugale-familiale, semble passer par une injonction permanente à
un permis de chasse psychologique octroyé à grands frais
(...) en compensation d'un dommage spirituel caché subi – à
la condition quasi-absolue de non consommation du gibier pris dans
les filets : l'objectif est d'avoir une cour maniable,
utile, consommatrice, procuratrice, mais aussi manipulatrice. Tel est
le prix à payer de cette volonté de
puissance de séduction convoitée, célébrée,
précieuse, productive autorisée, si essentielle, au sens
strict d'un parfum de synthèse ou d'une hormone domestiquée.
Déesses chasseresses et enchanteresses, stars et starlettes du monde
moderne, essentiellement des jouisseuses psychologiques protégées
de toute atteinte humaine dans sa vérité. Appeaux
doubles à double détente. Double jeu, je du double, comme tout le
reste du décor.
Jouissances formelles et encadrées, stylisées et
convergentes, pouvoir de compensation rejoignant directement
tous les autres, impériales – mais aussi impératives – l'ordre
du fantasme contrôlé, sublimé par un objet mode féminin
humain permettant de le dé-privatiser, de le dévitaliser et de
le recycler, de le renouveler mécaniquement, autant que nécessaire
– jusqu'à plus soif d'un désir à répétition enchaîné à sa
boucle de plaisir intellectuel encagé, usant sa vraie nature
jusqu'à la corde au cou, parfois, aussi, pour se pendre.
Vie sociale ordinaire, spectacle agréable, gratifiant,
démultiplicateur de plaisirs et autres raffinements psy – palais
des glaces ; les relations comme le commerce plaisant
d'une humanité domestiquée, bien huilée dans le sens d'une
puissance légitime permissive et festive productive moderne,
voilà une part inévitable du miroir aux alouettes modernes –
qui ne semblent pas trop, depuis le début, s'en plaindre.
Les plaintes venant plus tard, trop tard. Des conséquences
dévastatrices de ces inconséquences du jeu
dangereux du moi social féminin avec des forces
subtiles, dépassant l'humanité dans leur simple et
complexe, apparente naturalisation conforme, suivant
les codes d'un cheminement mécanique calculateur et cruel –
prétendant dresser et montrer les femmes du système comme on montre
les fauves au cirque, et qui même derrière leurs barreaux, font
peur, en fascinant dans un grand frisson de luxe et de luxure
imaginaire. Des contes de fées, après la chasse aux sorcières de
la liberté. Le système des femmes.
Parler plus loin de ces inconséquences, c'est déjà prendre parti.
Pourtant, il y a peu, ceux qui en parlaient le mieux étaient
des femmes – si loin d'être toutes puritaines ou grenouilles de
bénitier. Le mystère de la disparition de celles qui savaient en
parler, faisant place à d'autres « constructions »
catégorielles, prétendument plus libérées et plus égales, au
sens d'identiques à ceux qui les dominent, mystère s'expliquant, en
grande partie, par les lois de l'interchangeabilité des images,
de l'inversion des rôles et de la vapeur dans la machine.
Mais il y en aura toujours plus pour dire plus fort qu'elles étaient,
ces dames-là, soumises, et complices d'un horrible système
aujourd'hui heureusement disparu. Mais il n'y a eu que mise à jour
du système. Ceux qui ont eu pourtant la chance d'en connaître, de
ces drôles de dames-là, savent combien elles étaient libres et
farouches, fières de leur féminité naturelle
disparue, que la cosmétique et la mode n'ont certes pas remplacée,
mais carrément supprimée.
Il fallut à un moment, trouver une égalité à
somme nulle de domination réciproque ou mutuelle, permettant
idéellement de la légitimer l'esclavage domestique en soi,
le plongeant dans l'illusion formelle d'une rentabilité et d'un
monopole assurés, face à la perte de liberté toujours plus
profonde qu'engendre un système de relations entre sexes « opposés »
comme une dynamique des contraires – même et surtout dits de
complément – masquant la somme nulle – pour permettre une
relative « paix des ménages », basée sur une idée
assise sur la négation forcée de toute réalité ou
vérité capable de tenir debout face au pouvoir : liberté,
amour, partage, sacrifice, transcendance. Faire entendre qu'on ne vit
pas d'amour, d'eau fraîche et de libre travail, de son seul et
magnifique travail : il faut composer, il faut vendre
et se vendre – contre le préjugé populaire des
« vendus ».
Dieu aurait voulu que les humains en captivité, donc en société
normalisée, ne s'accouplent pas, et encore moins, se
reproduisent. Mais ils le font tant qu'ils peuvent, désespérément
! – comme pour se sentir vivre avant de mourir – animaux
écholaliques et dépressifs, mécaniques déplumées de zoo, dont le
désespoir du regard vrille le miroir du cœur du voyeur-visiteur.
Il faut une compensation immédiate – pensez aux
folles copulations des geôles mixtes d'avant-guillotine
thermidorienne – ce qu'on nomme une « espérance » à
l'église du dimanche, quand le corps, sentant de trop près
la mort, refuse tout seul une dernière fois le mensonge de la
fabrication humaine et industrielle tricolore de cette mort.
Les animaux, là dessus, sont plus radicaux, mais nous les voyons –
eux ! – cruels et intégristes, alors qu'ils
appliquent la belle et dure loi de la liberté de nature, nous qui ne
connaissons plus que la servitude sécuritaire sexuelle prolifique
tarifée, aidée et accompagnée comme le lait maternel sur le
feu.
Le sexe ne devrait pas être compensation, salaire de la
peine, mais joie inconditionnée et innocence, sacrée ou pure,
sauvagement personnelle – jusque dans l'instinct le plus profond.
Hélas, en système d'esclavage tout est « sous contrôle »,
sous caméra, de la naissance à la mort, du sentiment adolescent à
la raison prolétarienne adultérée, du masculin au féminin. Le
masculin, émasculé, le féminin, violé ou excisé. Quant à
l'enfant, comme dans les pathétiques péplum d'antan, surprotégé
ou encagé, il attend son tour de tourniquet. Le père est le bœuf ;
le veau est sous la mère. Triste crèche, triste ruche,
« tristes tropiques. »
Ainsi le sexe est-il, comme dans toute vie captive, malade, malsain
ou miséreux. Voyez ces singes en zoo, aux corps pelés. Voyez
symboles et industries, orientations, obsessions et crimes en tous
« genres ». Ainsi en a t-il toujours été plus ou moins
du parc humain, par un par une sorte de paradoxe aussi
inavouable que « manipulé », subversif pour les
fascistes, marxistes ou pas, transgressif pour les libéraux,
des plus « révolutionnaires » aux plus conservateurs –
deux totalitarismes luttant, ferme et de concert, contre des
traditions primaires, populaires, les sagesses paysannes subtiles,
non-rationalisées, ne concevant pas encore corps, sexe, famille,
relations entres personnes, depuis Rome en occident, que comme des
sortes d'objets-machines-outils-ornements
sacrés de pouvoir, à stériliser ou sélectionner
avant emploi dûment indiqué et syndiqué.
Dans tous les cas, la sexualité est instrumentalisée et
conditionnée selon une fin sociale politique ou religieuse stricte,
étrangère à la vraie vie et dignité du captif : révolution
de masse, de troupeau, du parc prolétaire
ou de la famille bourgeoise d'apartheid
homologuée. Chez lez Romains, patriarcaux déjà – mais
à une sauce très éloignée de la celtique, si magnifique – la
famille n'était que vecteur de transmission de patrimoine humain, ou
pas, et pouvoir de caste. Quant au sexe masculin en soi, il était,
sans beaucoup de doute – le pouvoir domestique, secret le
mieux gardé du monde – incarnation crainte, enviée
et redoutée à la fois, du pouvoir du Maître de Maison
de la Domesticité, comme le suggère Quignard. Domesticité et
domination, racine commune évidente dans ce sens précis.
Le pire, venant coiffer ce sexe malade du pouvoir
enferme maître et esclave dans le cercle vicieux d'un système qui
nie et dénie toute dignité réelle. Le pouvoir n'est que fantasme.
Toute personne devenue « personna », masque
intérieur au Colisée soft d'une intimité citoyenne, réglée par
une morale de fer dans son gant de velours. Pain du besoin pour les
uns, jeu orgiaque du jouir pour les autres, à table, ou dessous, au
milieu du vin versé, ou alors, pour ceux qui restent, en
compensation de décompression catacombique d'avant-fauves.
Le pire a bien été observé par certains « analystes »,
malheureusement, communistes-révolutionnaires freudiens etc…,
c'est la violence, inhumaine à l'origine de tout cela,
l'hystérie inouïe de la fin de tout. Cette fin qui fait les
fascismes, jusqu'aux pseudo-islamistes – sans oublier inquisitions
et croisades, et tant d'autres horreurs pré-modernes – que
l'histoire culturelle de guerre relativise à souhait ;
pourtant cette histoire est quasi-exclusivement celle, finalement, de
l'Occident dit chrétien : fièvre de l'or, anarchie du
pouvoir.
Ce qui est par dessus tout intéressant et éclairant c'est cette
culture de violence et de barbarie codifiée depuis le
début, avec quelques exceptions, vite anéanties ou recyclées en
inoffensifs ornements d'apparats civilisationnels,
chrétiennes ou celtes. Simone Weil a parfaitement mis le doigt sur
cette blessure purulente, jamais refermée, des valeurs
indétrônables de la force nue.
Or on sait clairement, pour rester sobre et profane, depuis Gandhi,
notamment, que violence et vérité ne sont pas compatibles,
ne l'ont jamais été, et ne le seront jamais. Mais nous nous faisons
un devoir d'ignorer ce que son combat, son travail et sacrifice nous
ont appris.
Que la violence fabrique le mensonge premier – plus
important encore qu'elle – permettant de la couvrir pudiquement,
comme un sexe fou et fanatique, avide de dévoration ou
d'engloutissement – l'empire des sens contre le sens.
On sait très bien voir aussi, depuis Saint Freud que la frustration
sexuelle engendre les plus hautes violences psychologiques,
criminelles, pour les victimes infectées de ces
victimes. Le mal vient d'en haut, des valeurs dominantes
et de leur mensonge, mais le grand Docteur refusa de le voir, si
occupé qu'il était à sauver le système d'Occident de son propre
naufrage, atterré qu'il fut, au bord béant du réel, trou
d'obus, charnier abject recouvert des gaz et de la boue
retombante, avec des membres arrachés, de 14. Il
demeure cependant de bon ton de tenir le mot suicide pour
imprononçable à ce sujet. Le mot modernité étant
plus approprié.
Au delà, évidemment, on ne sait trop quoi faire, dire ou penser, ce
qui est bien normal – puisque, depuis le début du mal, le trauma
est majeur, quasi-irréparable : trop tard, à commencer par et
pour les enfants, esclaves porteurs d'espoirs perdus – mais aussi
et surtout, de désespoirs destructeurs, aliénés, transmis ou mis à
jour : taux de suicide des jeunes, par exemple, sans parler de
la violence contre autrui, finissant par terroriser, après
des parents atterrés, le monde entier. Mais ceci est l'histoire des
guerres, de jeunes manipulés par de vieux malades. Obscène
au sens strict.
Nous savons tout ça. Qui s'en préoccupe ? Puisqu'il n'est pas
question de sortir du système culturel établi : le
désarroi créé engendrerait, croyons-nous, la pire des guerres
civiles, le retour du refoulé, de « la bête immonde »
(...) – toutes choses qui doivent demeurer prérogatives exclusives
du pouvoir, au secret de l'histoire ordinaire, réservée aux
temps de crise, d'exception, faute de vouloir voir, savoir et
comprendre. Du pouvoir de destruction définissant
tout pouvoir en soi, reclus dans sa folie « d'équilibre
de la terreur ».
Dans ce cercle maudit, la boucle est bouclée, irrémédiablement,
autant que les lois verrouillant sensibilité, imagination, libre
examen ou vraie relation. Un pouvoir de création n'est pas un
pouvoir, c'est une liberté, une démocratie, familiale, libre et
fraternelle – jusque dans ses différences. Et la première
différence est la paix de la vérité assumée en
face. Mais elle serait un soleil, une mort, une désintégration,
une réfutation vivante, comme l'enfance. Impossible !
Les féministes bostoniens transcendantalistes du
XIXème, au moins, ont vu juste en jouant sur le parallèle
esclavage-condition féminine, mais leurs bêlants disciples du 3ème
millénaire ne vont pas tout à fait au bout des choses : ce ne
sont pas les hommes en soi qu'il faut mettre en question, mais
le vieux système corrompu, inhumain et contre-nature qui leur
donne le pouvoir autorisé de reproduire, maintenir et
moderniser l'esclavage. Dans le cercle intime, amoureux, familial ou
professionnel, comme partout ailleurs.
Le combat féministe authentique n'est pas sexuel, « genriste »
ou ethnique féminin, il est social et élargi :
celui de Martin Luther King n'excluait pas celui de ses
frères blancs, opprimés ou pas, celui des femme n'exclut pas
celui des hommes, non comme appel collaborationniste militant, mais
comme identité indéniable de leur « être
humain » dans sa vraie nature pré-sexuée, et encore plus,
post-sexuée. C'est un combat non-violent, au contraire du sadisme
actuel de vengeance primaire collective dévoyée et soudoyée.
Ce combat, pour suivre encore Martin Luther, mené sans amour,
ne mène qu'à une absurde surenchère de violence, d'absurdité
et de surdité, donc au renouvellement du système militarisé
qui nous tient lieu de dieu de la paix des ménages. Perdus que nous
sommes dans nos idéologies de remplacement d'idéal, nos
querelles intellectuelles sans intelligence ; ce qui a le
tragique mais très pratique avantage de nous faire oublier
que le combat social appartient au
peuple – pas au gouvernement, qui n'a, lui, que des intérêts
sans cœur ni courage ni sexe ni rien du tout.
Le social authentique n'a rien à voir avec des allocations ou des
lois en soi, tout avec la liberté non négociable d'être ce que
l'on est en vérité et en paix, en toute dignité, et pas
seulement dans la triste réalité d'une condition établie par une
violence providentielle procuratrice. Sinon la loi n'a plus de vérité
et rejoint la force nue dans un scandale permanent.
Le social vrai, comme les anges, n'a pas de sexe séparé, il
a des sentiments profonds, sans lesquels la sexualité n'est que le
mauvais tour d'une nature dénaturée. Le vrai social ne fait pas
l'ange, il transforme misère et souffrance en quelque chose
d'universellement rédempteur, par sa volonté de supprimer
les causes du scandale qu'elles incarnent dans un
provisoire qui dure par la force mécanisée des
choses, par ce qu'appellent l'innocence trahie et la vérité
humiliée.
L'ange est l'opposé exact du procureur, comme celui qui
survit à, et perce la carapace de boue dont le système barbouille
l'humain au fond des jeux de rôles de surface. « Quand on vit
par terre, on prend des habitudes », disait Ferré. Contre la
bassesse de survie il faut se lever et rester debout ; ni
collaborer, ni se laisser corrompre ou abuser : ce n'est pas
parce qu'ici-bas les anges ont un sexe qu'il est à vendre, à
humilier.
Dans la prison de ce système dont nous sommes si fiers, le malsain
c'est que l'esclave jouit de ce qui retombe de l'altitude
indépassable du maître – miettes, indulgence, clémence,
autorisation, bienveillance auto-valorisantes (…) –
Les humains sont des Anges de Souffrance. Souffrance d'avoir un sexe,
horreur d'avoir un sexe – « l'horreur d'être un homme »,
disait Kerouac – Castré ou violé, un certain angélisme
visant à l'extermination du mal ou du sexe est la pire des bêtes,
une caricature immonde.
Et finalement, au sens de solution finale logique, un camp de
concentration douce – en quoi le sort d'une grenouille en
casserole climatisée est-il enviable ? Dans ce système – de
bénitier ou citoyen – de prétendus anges, s'exterminent,
s'annulent et anéantissent mutuellement en un combat gladiateur
domestique enlisant toute liberté réelle du cœur et du
corps, au milieu d'une arène culturelle malodorante, prétendue
de lumière, mais repue du sang, des larmes et excréments du
pénitencier mental de notre fière civilisation de domination, de
marchandisation et de domestication.
« Rats sur le radeau ». Aucun maître éphémère
n'échappe, non plus, à cette souffrance – qu'il initie,
niaisement, si plein d'espérance de rédemption par le
mal. « Innocemment » – comme il se complaît si
souvent à le proclamer, avec l'attendrissante mauvaise foi
accompagnant la chute au bas du si provisoire trône doré ou forgé.
Les anges de la mort qui trop souvent gouvernent ce monde ont le pied
d'argile dans leur « talon de fer », si leur cruauté
se veut préventive plus que curative, c'est que
leur souffrance est la patate brûlante de la destruction du monde.
La jouissance morbide de la soumission et de l'oppression
remplace chez eux la liberté naturelle, comme une sorte d'alibi
divertissant quasi-jouissif, pour le grand
suicide collectif final. Caligulesque.
Quoi de plus divertissant que ce monomaniaque théâtre de boulevard,
quoi de plus tragique que ses sanglantes scènes domestiques,
minables stéréotypes, non du peuple d'en bas, mais du bas d'un
peuple asservi et abêti, dont le ridicule empêche un bref instant
de pleurer sur soi – esclave avili, penché sur l'objet qu'il
est devenu lui-même, chosifiant l'autre dans son triste et
illusoire pouvoir de contrainte dite matérielle, pour
mieux masquer la dague et le dogue psychologique ?
Caligula, Sade… Idéal-types, fantasmes, empereurs d'une bêtise
plus puante et stupide encore en haut qu'en bas. Pourquoi les mots de
l'esclavage sont-ils si souvent sexuels ? Le sexe n'y est pour
rien, le maître de tout y est pour pour tout, dans son
dévoiement, sa corruption, sa dégénérescence, si
transmissibles, hélas. On connaît les mœurs des
anciens hauts dignitaires romains. Et le poisson – même
chrétien – pourrit par la tête.
On peut rire de tout, comme on peut en jouir, voilà le drame
de la servitude. Voilà le tragi-comique des conditions. Par delà
ces misères, il y a le Blues et toutes les musiques populaires qui
lui ressemblent.
On ne peut pleurer de rien, sinon le drame serait heureusement
relevé – dans son défi sadique : dans le blues, cette
possibilité de relèvement n'étant pas exclue, la
réalité arbitraire et malade de la violence n'est
jamais, pour autant, vraiment ni acceptée ni reconnue.
Elle est déplorée. Non sur un ton de lamentation
impuissante, mais sur le ton d'une indignation réitérée
obsessionnellement, à peine voilée, subtile, diffuse,
transcendante, indestructible, mystérieusement amplifiée et
répercutée à travers une mélancolie tragique, dont la plainte
parlante traverse le temps. Le Blues, avec ses modulations de gorge,
de gosier blessé et ses stridences dis-harmoniques, ne relève pas
le défi sadique de la discrimination, il l'ignore en
l'incriminant, avec toute l'innocence nécessaire à son abandon,
à son lâchage, au largage salutaire du mal.
Là est sa force naturelle et son espoir imprenable – même et
surtout si rien n'est réparable, le pardon, en tout cas, lui,
est une grâce, un impondérable libérateur,
magique. Non pas cette vengeance morale,
supérieurement généreuse, couronnant les nouveaux
maîtres. Dans ce sens, la pitié est une souffrance, et non
pas le triste privilège d'une jouissance dévoyée – inventée par
un maître, fut-il nouveau – encore et encore – Qu'est-ce que
cette nouveauté méritante ? Une nouvelle
honte ?
Le maître cruel que nous tous sommes devenus, envers nous-mêmes
d'abord, et la haute maîtrise que nous exerçons, croyons
exercer, sont une mystique séculière fatale, qui nous fait
croire à la possibilité de l'exclusion du mal, alors que
toute force est sans issue ni sens ni vérité ni existence réels,
stables. C'est pourquoi, au lieu de chercher du sens à l'histoire
du non-sens organisé, on peut préférer observer ce dont
la nature, et non la définition, est d'échapper à celle-ci.
Pouvant permettre, dans sa non-soumission spontanée, d'expliquer la
violence aveugle engendrée par la volonté de puissance historique.
Si l'histoire existe, elle est celle du réel, non celle du temps
enregistré, encodé, catégoriel. Elle est celle de celui qui coule
sous nos yeux, éclairant le passé de ce qui ne passe pas et ne
peut pas passer parce qu'il nous dépasse de bien trop
loin. Elle n'est pas plus une histoire d'amour : l'amour
étant hors du temps qui passe, qui n'est qu'objet sexuel ou familial
administratif.
Il y a deux violences, celle de l'automatisation de la vie, de
sa mise en système, en vase clos, et celle de son refus pur et
simple, sa réification scientifique. Le drame est souvent que le
refus de la violence nue se réfugie dans un système d'automaticité
logique d'une image-rouage, qui le prive de sa
légitimité d'origine de non-conformité à la loi de la
force, en la détournant de son aspiration profonde, interdite
par cette loi – même si la passivité ou la lâcheté est une
autre mort, encore supérieure – à une non-violence idéale,
violée par son propre affolement défensif, conditionné par
ce système basé sur la peur (peur de l'idée ingérable de
peur).
Le plus difficile est de neutraliser la réponse à une une violence,
légitimée par un viol inacceptable, quand celle-ci n'a d'autre
moyen de devenir inutile qu'en reproduisant une violence de
compensation, d'annulation imaginaire, et surtout de
vengeance, qui ne fait qu'ajouter une castration à une
castration – celle d'une colère rédemptrice – sans pour autant
rien réparer : le corps n'oublie rien, le psychisme encore
moins.
La violence de la réponse perpétue automatiquement un système de
guerre de tous contre tous, dans son inacceptable et vicieuse
servitude, par sa simple valeur de recours unique et obligé,
puisque l'amour non exclusif est exclu de ce système par
principe : cette exclusion est à l'origine, comme le
remarque Krishnamurti, de toute violence, de toute révolte – comme
négation première de ce qui est.
Même si on est un système social, on ne nie pas la réalité –
d'abord humaine – impunément : c'est l'histoire des guerres
de masse en tous genres, caligulesques. Non celle des
escarmouches tempérées, limitées, à la marge. Il n'y a pas
d'organisation dans la force, il n'y en a que dans la vérité.
La vérité part des situation et de leur dynamique, pour aller vers
une paix relative, mais stabilisée. Et sans vérité, nous sommes
condamnés à la force, physique ou raisonnante – la pire,
celle qui justifie l'horreur, notamment industrielle.
Alors qu'il n'y a de juste que ce qui est vrai. La puissance de
la force n'a jamais eu de réalité, c'est un imaginaire malade,
celui d'une pensée pensant son moi menacé par une relation, ou la
nature d'une relation non consentie, non construite, non
sélectionnée, non conforme aux principes d'un pouvoir établi,
mécanisé.
Comme si on pouvait consentir à une relation : on ne
peut que faire face, comme à la faim, à la pluie ou au froid. Il y
a accord ou pas, mais ce n'est pas la volonté qui le pose. Le
désaccord naît d'abord de cette « usurpation de
pouvoir » – les guillemets signalant qu'il s'agit en fait
d'une liberté captive dans un système, génératrice
d'arbitraire – Le « non » ne nous appartient pas
plus que le « oui » – voilà la seule chose à laquelle
nous pouvons vraiment consentir : l'autre est moi, et nul
ne peut défaire ce fait ou s'en défaire impunément. Si l'autre,
comme moi, est bon, vrai (…) ou tend à l'être dans l'idéal,
dans une visée commune, et non dans un communisme de vue,
il ne peut y avoir ni rupture d'harmonie ni de viol corporel, de
conscience ou spirituel. Hélas les tirs ont été croisés,
il n'y a plus que des croisades de cruauté et de terreur –
d'abord psychologiques (la peur de la peur), invalidant toute vérité
et sa recherche.
Dans ce sens et dans ces conditions, aucune détermination sexuelle,
de genre, de classe, de statut, de religion (…) ne peut être
prise en compte et on ne peut donc se revendiquer de celles-ci pour
faire face à une peur, à une douleur ou une violence. Il faut voir
ce qu'elle touche et à quel endroit psychologique de notre image
elle le fait, de l'idée que nous nous faisons de nous-même
et du mal. Et ce n'est qu'à partir de ce mal ou de ce bien – selon
la direction du regard, questionnée – que nous devons faire face
au conflit ou aux tensions.
Si le mal engendre le mal et le bien le bien, tout est moral,
et la morale n'est pas un code où elle est tout, mais un acte, une
intention, un geste qui blesse ou répare : il faut bien noter
ici qu'elle ne peut, évidemment rien être de plus. Le
jugement nous nous appartient pas, et encore moins celui de juger
celui qui nous juge – déjà ainsi impliqué dans la circularité
du mensonge.
Nous ne sommes « maîtres » de nos corps que dans la
mesure de leur intégrité, pas de leur vérité – voila qui
n'a rien d'individuel, ni rien de collectif. Nous sommes (dans) une
personne humaine et cette personne n'est pas humainement créée,
c'est une création assistée – même et surtout si
l'humain détermine d'abord sa valeur relative.
L'intégrité de nos corps ne nous appartient pas, elle n'appartient
à personne : ni à celui qui le possède, au sens
d'appartenance, ni à celui qui veut le posséder au sens de
domination, collective ou individuelle, contrairement à ce que
croient et les machistes, par exemple, et les
féministes primaires, et les personnes, et les familles, et les
communautés, les lois, les concepts, les dogmes ...
Un corps qui se respecte appartient d'abord à lui-même, non
à une image, une idée, un désir ou un principe. Mais nous
n'acceptons pas cette réalité ou cette vérité. Nous préférons
les idées de ce type et leurs antagonismes de rouages désaxés,
leur guerre logistique, alors que nous devrions en
faire un principe universel de paix et de respect. Nous
devrons bien, un jour ou l'autre, y venir, sous peine de
dégénérescence sévère. Comme pour les organes qui le
constituent, on ne peut que laisser le corps suivre le cours de
ses équilibres, sans les perturber ou chercher à les
discipliner, sous peine de constipation organique et même
spirituelle, pour en finir.
Nous n'avons nullement à juger notre corps, sa nature, ses moyens et
ses fins, nos sexes, nos relations spontanées, ou même nos
« orientations », tellement à la mode. Laissons-les
plutôt juger nos idées toutes faites, transmises par des traditions
étrangères à ce que nous sommes spirituellement et ce qui nous
constitue organiquement. Laissons une fois pour toute ce qui
appartient à Dieu le rester, autant qu'à la Nature.
Nous n'avons pas plus à juger la nature qu'à lui obéir
aveuglément : rien réellement ne nous sépare d'elle au
point d'en faire un objet de désir, de réflexion ou de commerce.
Nous sommes essentiellement la nature, y compris sans
la morale ou la culture la plus « évoluée ». Mais nous
le refusons parce que le maître est malade et que nous devons être
aussi malades que lui pour lui obéir : nous somme
soumis à une dénaturation productive. Ne laissons pas la
société de ce maître juger de la liberté nos vies physiques
et métaphysiques. Il n'y a que la société de ce que nous sommes
vraiment qui soit vraiment.
Comment croire aux vertus de la loi en soi ? Sinon en croyant à
la loi de ses vertus ? La loi en soi, c'est la
relativité du bien, mais comment croire à sa relativité quand
le vrai bien ne peut finalement, dans la pratique, n'être
qu'un idéal absolu, une sorte de fantasme ? Seul le mal peut
être relatif et nécessaire à la fois – comme, par
exemple, la loi de la force ou celle du plus grand nombre – qui ne
sont pas celles de la démocratie véritable, vers laquelle tout être
libre ou en volonté de l'être un jour, ne peut que tendre avec le
plus de détermination possible. Qui crée cette
détermination, par delà les moyens pratiques ?
La vraie liberté – donc la source d'une vraie égalité et d'une
vraie fraternité – et non des notions extérieures purement
politico-philosophiques de la liberté,figées dans un juridique
pseudo-transcendant, ne peut se définir par un domaine ou une limite
d'application. Sinon l'égalité ne peut plus fonctionner que comme
limite arbitraire, réductrice et niveleuse d'une pure
application.
La vraie égalité suppose qu'elle est de liberté, exclusivement
– source de toutes – et que cette égalité-là est
l'une des qualités premières et imprescriptibles de cette
liberté. Nullement un principe pratique instrumental venant
modifier la nature vive et créatrice de cette liberté dans l'une
de ses dimensions vitales ou spirituelles – On ne modifie
pas ses sources, impunément, sans les dénaturer.
Sans ses deux autres qualités essentielles, telles que définies par
un certain idéal universaliste français, ici, pour les besoins
d'une pratique politique et citoyenne d'émancipation personnelle et
sociale – qualités non politiques en fait et au départ, cette
liberté politique adaptée n'est qu'un leurre, évidemment,
impactant directement cet idéal, selon qui les manipule ou
invoque (…)
Avant d'être politiques, elles sont donc comme le cœur vivant de la
démocratie idéale, s'il faut la réduire à une conception, ce qui
est aussi nécessaire pour une certaine société, hélas
étatisée, que nuisible, hélas aussi, pour celle demeurant
encore libre – mais pour combien de temps – de ses mouvements et
pratiques.
La fraternité, cet ersatz politique de l'amour, dont personne
ne veut plus entendre parler, après la chute de la théocratie
relative des temps anciens, étant impossible à définir vraiment
philosophiquement dans un contexte humaniste athée moderne,
autrement que par une sorte d'impératif d'unité de synthèse, il
est évident qu'elle est – au cœur de la liberté même, comme un
gouvernail ou une boussole face au chaos illimité des forces de la
violence sociale du pouvoir, en concurrence prétendument
« démocratique » – sorte d'offre commerciale
spéciale.
En ce sens une liberté privée de ce principe essentiel de
fraternité, bien identifié par ceux qui créèrent le
triangle républicain français – mais placé en dernier, alors
qu'il est premier – ce principe, dans chacune de ses
application – dont ne parlent d'ailleurs jamais les lois de la
République, ou presque – est privée de sens dans la pratique.
Dans chacune de ses applications, sans exception ni limite, ni
surtout, domaine séparé.
Puisque là est la source du mal – et parfois de certaines lois
négatives – et de tous les « problèmes »
administratifs – jusqu'aux plus privés, intimes et domestiques. La
séparation des rôles, des libertés, des sexes, des classes, des
races, des fonctions, des valeurs et des vérités. Diviser
pour mieux régner, doubler. Là est la source des duplicités et des
dupes qui les autorisent dans la crédulité de leur
représentation la plus primaire, qui est aussi la plus religieuse
tromperie.