- Très loin de la bombe, le champignon du chercheur de paix est parmi les plus rares : la modernité technicienne et ses dégâts collatéraux l'ont – révolution mondiale oblige – réduit à l'état d'espèce en voie de disparition, comme tout être indigène devenu indigeste.
- Le coup de pied rageur et vengeur, ravageur – comme ces coups de torchon sale sur les mauvais – n'y changera rien : il ne fera qu'ajouter à la destruction des valeurs. La cueillette, « vieille » comme le monde premier, n'est ni chasse gardée ni guerre, et encore moins sainte, fut-elle prétendument laïque. Le laïque était paysan, à son origine détroussée.La paix est un état d'esprit conditionnel et résultant, cause et effet à la fois, pour le dire aux esprits mécanisés, qui n'a rien à voir avec la physique des forces ou des liquides, des liquidations utopiques.
- Le champignon du chercheur de paix vit le plus souvent caché, mais involontairement : il "est", au sens le plus éphémère de L'Éternité des Forêts : ce n'est pas lui qui se cache, la forêt le préserve. On le cueille comme une vérité première, donnée neuve à chaque fois. C'est un donné de données de l'économie première du don et contre-don. « C'est le moment d'ouvrir l’œil et le bon. » disait-elle à ses enfants dans une mystérieuse, mais naturelle détermination pédagogique.On ne cherche pas le champignon : on s'épuiserait vite. On fait tout le reste, ce qu'on a à faire, en même temps, au milieu du reste, éliminant le sens de déchet intellectuel qui pollue « l'intouché » du mot reste.
- On se met en position, non du tireur couché, mais de le toucher après l'avoir trouvé, découvert, comme une chose en touche une autre, un être un autre. Pensant à autre chose, avec l'indifférence naturelle du regard englobant plutôt que périphérique de contrôle, au sens donc « d'englobé », par delà la dualité séparatiste de mots privés d'être.Regard pas tout à fait étranger non plus à celui qui en a trop vu, ailleurs et autrement, dans ce désir vain de puissance qui tue. Changement de point de vue global qui fait la différence d'apparition du manifesté au sein du silence sylvestre.
dimanche 29 novembre 2015
VORTEX TAOÏSTE / LE CHAMPIGNON DU CHERCHEUR DE PAIX # 1 SHERWOOD
mercredi 11 novembre 2015
BINGO CRÉPUSCULE # 1 LA MARQUE DE 14 : TOUS SURVIVANTS
Préambule
« Guerre à Dieu ! Haine à Dieu ! LE
PROGRÈS EST LÀ ! Il faut crever le ciel comme une voûte de
papier. » P. Lafargue
"Nous périrons tous en coeur avec plaisir en
somme, dans un monde que nous aurons mis cinquante siècles à
barbeler de contraintes et d'angoisse. » L.F. Céline
« (…) les tranchées de première ligne
appelées Bingo Crépuscule (...) » Wikipedia
Lecteur,
l'écriture est liberté, elle est donc célébration,
poésie et combat spirituel, par delà le naturel et son
indispensable côté, absolument relatif. Rien d'autre à déclarer.
Le reste est littérature, matérialisme primaire, dictature
envahissante, et au bout du compte, misère et mensonge.
Tout
ce qui n'est pas liberté ne mérite pas de regard ni de mot, pas un
seul instant. La liberté n'est pas un mérite, elle n'est pas le propre
des esclaves, mais de ceux qui vont mourir, qui meurent d'abord à
eux-mêmes, avant la bascule ou pas.
« Morituri
te salutant », comme Christ en croix, formant le pommeau du
glaive de sa main percée autour du signe de 14. Un Bernanos le
Second parle très bien de tout cela, sans en faire un drame
romantique : il avait dépassé ce stade conditionné
depuis longtemps, titubant dans la boue et le sang mêlés de la
« réalité ».
Pas
de logique à chercher dans l'ordre du texte, sa logique à lui étant
au delà de l'ordre ordinaire des logiques d'utilité immédiate.
Métaphysique. Ne craignant pas, elle ne menace pas, se contentant
d'affirmer sans nier ni renier. On ne combat pas des fantômes, on
combat des frères égarés et on ne les combat qu'avec amour,
respect et distance : les principes ne nécessitent pas de corps
à corps, l'incarnation suffit largement, dans toutes ses
dimensions...
L'ennemi
est ailleurs, l'ennemi n'est pas de ce monde, il est ennemi
de ce monde, étant ennemi de l'autre
côté, de tous
les autres, étant ennemi de lui-même, dans
l'auto-dévoration de l'illusion d'un nouvel-ordre.
L'ennemi
n'est qu'une ombre de puissance, condamnée à vivre, condamné
matériel privé d'incarnation, condamné à
exister sans jamais pouvoir être
autre que pouvoir pur, idée humaine, force sans
application ni lumière.
Ombre
hugolienne, triste et négative, néfaste et misérable, abstraction,
spectre
hanté, pitoyable
fleur du néant. En ce sens précis il n'y a pas et il n'y aura
jamais d'ennemi, seulement le voile
d'ombre imaginaire « d'un
moment réalisé », tombé sur la caverne à ciel
ouvert d'un monde violé. Celui du Mal Incarné, privé du Bien
Suprême.
Cette
série de méditations métaphysiques sur la Grande Guerre, crime de
masse majeur contre l'humanité, considéré par le système culturel
nouveau comme l'accouchement fertile d'une modernité triomphante
catapultant nos sociétés occidentales sur les sommets dits inédits
d'une civilisation vendue comme « avancée ». Elle
observe le subtil et
l'impondérable humains de ce prétendu progrès dans
l'esprit et le cœur de nos peuples à partir de racines, à la fois
survivantes à
l'holocauste pré-nazi de 18 millions de morts, et surtout implantées
au forceps au cœur perdu
du mal mondialisé dont la France fut l'un des théâtres, parmi d'autres, de la
cruauté la plus temporellement abyssale.
Cette
série métaphysique, initiée en 2014 et poursuivie pendant un an,
comme réponse
à la glorification idéologique diffuse actuelle de ces crimes,
mais encore comme hommage posthume aux millions de victimes, surtout
masculines, qui servirent de matériau
de base à une
modernité post-nazie aujourd'hui généralisée incontournable,
fondée sur l'oubli direct et indirect de cette mémoire humaine.
Réflexion se ramifiant sans fin dans les labyrinthes et tunnels
générationnels trouant des psychismes malades de la destruction des
vraies valeurs depuis
ces temps éternisés
par le progrès contre-nature d'une science contre-humaine.
Bingo crépuscule # 1. Tous survivants.
Que les civilisations soient
mortelles, « on savait », au minimum pour l'Occident
récent, depuis la romaine. Ce que nous ignorions c'est de quoi, de
quelle « maladie mortelle ». La généalogie de la
pathologie gît dans le souvenir, et le souvenir dans la vie des
gens, « acteurs » ou témoins, précisément enregistré
.
Spectacle d'années de cendres, spectacle damné de décadence et
de cruauté, sans rapport avec le scrupuleux scénario mémoriel :
celui qui voit n'est pas le voyeur. Aucune voyance, non plus,
à voir ce qui est depuis 1914.
Survivants de cette bizarre
guerre-là, nous portons la marque profonde de son infamie, tout au
fond de notre « théâtre intérieur » familial. Sans le
savoir : l'inconscient s'évertue à cacher, provisoirement, ce
que nous ne voulons plus voir, à l'anesthésier, comme si
la santé sociale était la clef de la mentale, alors que, bien
entendu, c'est l'inverse.
On ne peut agir sur un fond humain humilié,
dégradé et dévoyé. C'est irrécupérable.
La marque de
14, séquelle indélébile, combien secrète ou discrète,
n'est même déjà plus dissimulée, mais follement, désespérément
égarée, quelque part dans l'esprit universel malade du
monde, dont le choc en retour un jour anéantira l'imposture des
spectres dirigeants : on pense à Hitler, drogué fantômatique, fictif, en noir et blême accéléré, tacheté
de mort, toxique comme un support visuel rongé, moitié mangé
moitié dévorant.
Depuis cette marque mortifère,
nous courons toujours plus avant vers l'abîme collectif, les
grandes illusions compensatrices, avec le désir, collé au cerveau,
d'oblitérer le profond trauma par la
plus grande ivresse et la plus grande vitesse techno-rassurante,
proprement stupéfiante. Le temps, au moins, qu'il nous reste
à vivre au camp retranché de nos crimes et de nos mensonges.
Une
civilisation digne de ce nom ne peut, jusqu'à la fin, demander à
ses « citoyens » de couvrir ceux-là éternellement, dans
une sorte de prescription morale escomptée, tirée modérément sur le
temps qui passe, recouvrant un souvenir truqué, maquillé en
histoire nationale folklorique pour enfants muséaux.
Sur l'inconscience et
l'indifférence dans laquelle on tente en vain de maintenir les
peuples. Aucune violence ne peut durer disait Giono.
Pourtant, il y a une
conservation mémorielle de la violence transgressive
de cette sale guerre, s'il en fut, qui, faisant peur, la prolonge à souhait
dans une « crainte et [un] tremblement »
à la fois vague et précis, ancrés culturellement au fond de
l'inconscient, jusque dans le plus usé et rusé « n'importe
quoi pourvu que ça ne recommence pas » servant d'alibi
sous-jacent aux offices mémoriels et mémoires officielles
institués.
On en a fait un épouvantail
comme pour conjurer la fatidique date d'un non-retour humain.
On a tourné autour de cette pâte et de cette date désormais festives
pour mieux effacer l'horreur du passé qu'elle recouvre comme une
tombe fleurie de discours de diversion, alors que le non-retour ne
concernerait plus, habilement redirigé, ce qui, comme une
certaine paix naturelle du monde, n'a plus jamais été
possible depuis la grande « restructuration » de 14,
depuis la grande modernisation.
C'est à dire ce qui n'est pas
encore mort, ce qui survit encore de ce temps
antédiluvien-là, malgré les frappes propagandistes appuyées de
l'obsolescence programmée, toujours de mise : « Le monde a changé. »
Les survivants ne seraient que
de simples sursitaires, dont on attend le complet effacement
pour déclarer tranquillement l'erreur ancienne qu'il incarnèrent si
douloureusement, faire une bonne mise à jour de l'histoire
universelle accréditée moderne pour les nouvelles générations à formater.
Prescription morale escomptée
pour une infamie déjà séculaire, faisant, in fine, retomber exclusivement la
pluie fine des responsabilités toxiques sur ceux
qui subirent le terrorisme charnel décharné et
spirituel d'un holocauste officiel et légal, en « croyant »
défendre la patrie, des droits ou la famille.
Barbare ignorance,
sanglante superstition, imposée d'en haut, de la terre
sacrée, comme chez les Indiens d'Amérique, vécue naïvement
dans les cœurs, ou de la famille patriarcale attaquée par des hordes
lucifériennes, comme chez les Chrétiens. Péguy, balle au front. Et
inversement, dans l'autre camp, idem marionnette.
En danger oui, mais pas
forcément d'un ennemi extérieur : tous n'y crurent pas,
un plus loin que de ne pas en croire leurs yeux arrachés, aveuglés,
crevés de fausse vérité.
Même si beaucoup, marxisés sans
le savoir, n'étaient incroyants ou incrédules que pour mieux
épouser une internationale bien disciplinée, fabriquée
contre la vieille civilisation celtique chrétienne d'Europe.
« Retournés » dans leur tombe contre leur propre
culture-mère, éternels œdipiens de service, nouveaux
parricides crypto-matriarcaux, finalement
virilement enrôlés in vivo pour une future paix à vendre à des mères déculturées, enfin "libérées" de la nature humaine. De la sale guerre des hommes.
Hommage à ces hommes sacrifiés pour leurs femmes, pour les mères, dupes de rien du tout mais bétail d’Etat, réquisitionnés et parqués comme enfants abandonnés . Enfants humiliés de Bernanos.
jeudi 5 novembre 2015
LA VÉRITÉ # 24 SUR LE SABLE DE LA SÉCULARISATION
Le transgressif
des anarchistes de droite – ou libéraux-libertaires – est une
notion à la mode de la révolution conservatrice nouvelle,
pour qui la révolution dite sociétale doit
permettre de renouveler et repeindre les vieux dogmes
économistes bourgeois du XIXème, comme leurs prédécesseurs
en révolution de gauche s'en servirent dans les années 60 et
70 pour repeindre ces mêmes matérialismes logés,
convergents et concurrents.
Rien de bien nouveau là-dedans :
nouvelles droites et nouvelles gauches traçant alternativement le
même sillon stérile dans les mêmes sables mouvants de
sécularisation forcée et de déforestation humaine,
dans tous les domaines de la connaissance et du travail.
Ce transgressif jouissif
doit « bousculer, casser les codes », « abattre
totems et tabous », renverser et inverser « les idées
reçues » contre « des archaïsmes rigides », « des rentes de situation », des monopoles (…). Il doit
remettre de l'ordre dans le chaos des « alter-égoïsmes »
systémiques en électro-choquant le capital humain dormant,
inutilisé, paralysé ou gaspillé.
Il n'y a plus d'issue à
la faillite menaçante que par les mots d'ordre d'une nouvelle
culture d'entreprise, dont la
morale sociale-citoyenne de productivité fait consensus autoritaire voilé autour du
« donnant-donnant », du « gagnant-gagnant »,
bref de l'intérêt bien compris
d'un prétendu enrichissement de tous par tous.
Il faut « libérer
les énergies », mobiliser, se rendre mobile
et disponible, mettre le monde en vente libre selon des règles liquides
ou liquidées. Après la
marchandisation forcée, le marchandage, obligatoire, obligé, de tout par tout
le monde.
Déstabilisation et
déracinement généralisés, deux outils et tactiques de subversion progressiste nouvelle
donne, nouvelle vague outre-atlantique. Quand le vin est tiré,
il faut le boire : contre les sagesses continentales,
paysannes, archaïques, statiques et
éternelles, il faut
promouvoir un nomadisme culturel
technologico-pillard et paillard de masse, insaisissable et liquide.
Il faut combattre
de la façon la plus cynique et dissimulée
à la fois, les résidus des
civilisations de l'espace par
celles, partout émergentes des chaînes de production, des "espaces urbains aménagés" de temps modernes
post-humains.
Mais
il faut des siècles pour déraciner du cœur humain une civilisation
digne de ce nom, et encore : les résultats comptables
ne sont pas garantis.
Les crises orchestrées, faisant elles-mêmes
partie du chaos, organisé en vue de la reconstruction d'un « monde
en mutation permanente » – comme on fuit une catastrophe
dans la panique de l'exil et des camps –, à la fois comme causes
et effets; ce désordre productif
n'est qu'une politique coloniale humaine et naturelle de terre
brûlée, épuisée de plus : le désert du sens
se referme sur
l'obscurantisme, positiviste violent et nihiliste, dirigeant.
Ce
qui est garanti, par contre, c'est l'apocalypse molle et liquide du
pseudo-remplacement du monde,
avec ses révolutions permanentes, ses réformes renouvelées jusqu'à
la nausée, ce chantier
permanent qu'il devient viralement, sans plus d'architecte, de maître d’œuvre ni d'artisan; où
les machines dictent la loi passive
du calcul et des simulations; simulacres,
qui peu à peu, remplacent la matière naturelle des formes
supérieures qui
façonnait le vase intérieur de la vie.
Plus
que des mystiques réchauffées, médiatisées d'objets et
de techniques, les commandes
vocales remplaçant la parole,
que des « groupes », abandonnés
comme de vieilles cabanes en
ruine,
cherchent en vain dans
le désert des désespoirs et des épuisements.
Plus que de la
remotivation "sensualiste"
ego-économique de
masse, ce
labo-pavlovisme
bien-pensant et croyant.
Cette
remotivation-là, par le bas, redescend l'humain
sous le singe d'où
elle provient, comme le veau gaullien sous la Sainte Mère-Église. Plus
d'esprit, que de la matière, de la viande
à vivre et discuter, du "bout de gras à tailler" comme on abandonne les chiens des catastrophes,
non pas ceux qui cherchent,
mais ceux, perdus, qui mangent les cadavres, lèchent le sang...
ceux des révolutions économiques.
Inscription à :
Articles (Atom)


