mercredi 28 janvier 2026

L' AMOUR FOU

 

"On n'aime qu'une fois de toute son âme"

Dit-on.

Qu'en sait-on ? 

La vie est-elle un roman ? 



 L’amour fou n’est pas l’enfant d’un siècle plus fou que les autres : ils sont tous plus fous les uns que les autres. L’histoire est une folie collective visant à montrer l’absurdité de croire en elle. Visant à montrer la nécessité d’un retour à la nature sans infidélité ni dépassement de celle-ci, notre indépassable raison d’être.


L’amour fou n’est pas fou. Il est la raison de la raison. C’est une fête, qui comme toute fête, n’est pas faite pour durer. Mais pour répéter à intervalles raisonnables et nécessaires, la joie de vivre la plus sauvage. 

Une fête profonde, non une défonce révoltée contre la vie où l’on se perd à ne pas être accordé en continu avec elle.On ne fait pas l’amour toute la journée tout le temps. L’amour fou n’accorde qu’en discontinu, en exception, en moments privilégiés. À la marge régulière d’instants qui scandent nos domesticités incarnées, limitées et répétitives dans une différence motrice non dominante.


L’amour fou casse les rythmes et exalte les sentiments les plus profonds, montrant qu’ils ne sont pas fait pour la vie ordinaire, mais pour l’instant de saisons non en enfer, mais en paradis alternatifs. Autant de dynamos régénératrices permettant de repartir œuvrer dans les limites fleuries des vies quotidiennes. Où chacun travaille, désintéressé, pour le tout. Pour un tout qui dépasse cet amour fou, le construisant et reliant à la vie à son niveau le plus élémentaire et arbitraire. Niveau qui fait sa beauté partagée, quand cet arbitraire horizontal n’est pas considéré comme son sens profond, exclusif et autoritaire. Mais comme une condition de sens, dans son contraste.


L’amour fou est dionysiaque, il permet de soutenir la charge mentale d’un monde apollinien nécessaire à l’équilibre de toute construction dans la durée, matérielle ou spirituelle. Il est inintelligent d’avoir banni les carnavals, toute fête où se libéraient les pulsions et les sentiments les plus profondément humains. 

Les instincts les plus purs raisonnent l’ange apollinien, l’empêchant de devenir bête puritaine civilisée, sans âme ni corps ni joie ni plus de lien naturel sauvage. La vie sauvage dans l’humain n’est pas faite pour la domesticité ordinaire. Elle doit en sortir régulièrement et exceptionnellement de sa tanière contrainte, retrouver ses forces motrices et motivatrices dans une liberté exceptionnelle retrouvée. 

Celle d’être soi chaque fois que nécessaire, libéré d’une structure d’adaptation provisoire de plus en plus absurde. Temps d’une vie où chacun fait son destin en compromis acceptable, non dans une soumission aveugle, sans compréhension de la nécessité absolue de ce compromis social trop humain. Face à folle éternité  de l’amour.


Le compromis acceptable n’est pas d’être enchaîné une vie durant à un travail, à une famille, mais, à la saison des amours, quand elle vient comme un miracle et une grâce, de retourner à la nature. Prenant congé, faisant retraite dans la profondeur de cette nature où l’amour est roi. 

L’amour n’est pas fait pour la continuité. Il a besoin de se cacher, s’absenter, revenir et repartir, sans casser les lois établies du quotidien. Leur donnant un sens qu’il n’ont pas le pouvoir de fabriquer. L’amour fou la rend aimable, cette vie collectivisée, difficile malheureuse et tragique et non choisie. Dans la mesure réelle, reconnue universellement de cette liberté ponctuelle, occasionnelle. Parfaite et transcendante dans sa saison naturelle insaisissable et incontrôlable de hasard et de nécessité.

L’amour fou est infidèle, confirme la fidélité. Ce qui ne dure pas appelle ce qui dure, et inversement. L’ennui exige une folie utile et raisonnable, qui casse le déraisonnable, l’absurdité apparente d’une vie d’habitudes matérielles. 

William Blake disait que l’équilibre se faisait entre deux excès, que leur expérience amenait une raison solide et robuste. Non de celles qui ne sont que théories sans conscience ni substance, morale sociale amoureuse imposée par un groupe uniquement soucieux de sa survie séparée. Séparée de soi aussi.


L’amour fou, ni crime ni folie ni péché. L’amour libre, seule façon de retrouver, à un moment rituel et spirituel à la fois, très limité, infiniment profond, ce qu’on est, ce que l’autre offre de révélation de soi et sens profond. 

Deux choses sont vitales pour supporter l’injection et l’injonction d’un moi autre, trop souvent aliéné, dans la vie quotidienne. Gardant une liberté de distance et disponibilité qui ne transforme pas en son esclave aveugle et confus, ne sachant plus quoi faire ni comment ni pourquoi, pour être et vivre ensemble.

Le quotidien valide le sens profond de l’exception cachée comme une racine, ou pas. S’il ne valide pas il tue. Le quotidien doit accepter ce sens extra-ordinaire de chacun, au lieu d’essayer de le réduire à une partie superficielle et destructrice de soi contre soi. 

Accepté dans le compromis d’une vie ordinaire nécessaire à son évolution non pas tant standard que naturelle, adaptée partagée. Même et surtout si la société ou famille dans laquelle on tombe n’est pas en accord avec nos sentiments profonds.

Ces sentiments ont pour mission de changer le monde et de l’élever vers une liberté de conscience supérieure sans le forcer ou manipuler. Le monde ne peut changer que par l’amour gratuit qu’on lui porte et donne sans vendre son âme. 

La vie ne connaît pas l’échec. Juste l’éternel recommencement d'impondérables vagues  mourant sur son rivage. Terre ferme à fertiliser comme un ventre, que les saisons ramènent à un entêtement orgastique dépassant partout le mal absolu. Que l’absence d’amour sauvage engendre dans la profondeur des masses d’amour fou des poussières humaines retombées en couches sédimentées, étendues générationnelles sans début ni fin.


L’amour fou n’est pas fou, la folie est de le prendre pour une folie. Il doit rester à sa place, à l’ombre de ses racines secrètes, ne pas se mêler au domestique, au pratique, au social, au politique. 

 C’est une religion sauvage sans église ni prêtre ni dogme ni prophète. Comme des jambes de femme mariée, il doit être un minimum caché, non pour la morale, mais parce qu’un arbre aux racines découvertes meurt, que le soleil dessèche. 

Un arbre-poutre porteuse qui doit tenir un grenier aéré et isolé à la fois. Ni pourrissement ni déracinement, inclusif et exclusif, sans choix, comme la vie. Il n’est que sa nécessaire et limitée résurgence motrice, pas sa négation passionnée et folle, montée contre ses compromis réalistes. 

Pas plus que ses compromis, contre elle.


L' AMALGAME

 

 

 

Depuis la condamnation à mort de Socrate et du Christ, il ne reste que des para-vérités. Rome la catholique fait bien les choses, le IIIème Reich a renouvelé un bail mental qui ne demandait qu’un relai universel sans date.


Il y a des vérités qui se paient plus cher à dire que le mensonge. Vérités, ni au service des intégrismes, des fascismes ou des dominants nus. La vérité n’est affaire ni d’institution ni de police de la pensée ou des sentiments ni de morale.

Encore moins de science, Montaigne disait déjà que sans conscience elle n’était que ruine de l’âme. Dieu du Christ sait ce la ruine d’une âme peut avoir comme conséquence psycho-sociale pour la plus petite vérité nue de la vraie vie.

On essaie d’être au service de la vérité, vérité qui ne peut être au service de personne, en particulier ou en général. Se servir de la vérité c’est le plus souvent la trahir. Se servir d’une vérité sous la contrainte n’a pas le même poids responsable que s’en servir pour écraser, brutaliser, faire chanter ou imposer une contrainte, exercer une inquisition.


Se servir de la vérité, c’est lui faire jouer un rôle qui n’est pas le sien. De même que lui faire jouer celui d’une clause de contrat plus ou moins vital et officiel, prise en otage dans ses aspects les plus extérieurs, aux apparences, toujours, de sorcellerie.

On connaît le rapport malsain existant entre un interrogatoire policier « en règle » et suspect « de principe. » On connaît les vérités officielles et leur mentir vrai, si parfaits, irréfutables et psychiatriquement incontournables.


Jeu tragi-comique où le mensonge établi ne dégage que des demi-vérités à moitié bonnes à dire. Dont l’autre moitié entraîne des mensonges, eux, plus gros que ce que la traque de vérités intéressées peut rapporter, « en vérité », de vraiment vrai.


Jeu à rapprocher de ce qui peut se passer dans le couple standard où la jalousie, bien à sa place, surtout côté masculin, fait tranquillement son œuvre gestapiste, exerçant en toute légitime violence, sa magnifique justice « privée », toute de soupçon et harcèlement à vie.

Assez de femmes meurent toujours sous cette barbarie, au départ « légale », à l’arrivée, criminelle. Le crime passionnel a perdu ses belles excuses complices de cruauté socialisée depuis le temps où le pater familias trônait sur sa chair soumise comme un Père Ubu.


Les vérités de l’oreiller sont des vérités dangereuses. Elle révèlent des dessous de cartes peu reluisants sous le juste sommeil du guerrier du pouvoir. Notamment ses « faiblesses » affectives, pathologie la plus part du temps si misérable qu’il lui faut l’aide maternante de sa victime consentante pour asseoir son petit grand pouvoir de seigneur domestique.

Domestique au sens que les romains donnaient au terme, enracinant un mal radical de type fascisant sous sous un beau bien commun sacralisé, jamais partagé. On impose à l’esclave une vie de remplacement de celle qu’on lui interdit intimement de vivre. Loi d’airain des maîtres et propriétaires de misérables vies communes séparées si généreusement entretenues et éduquées.


La résistance à ces conditions d’indignité sacralisée n’ordonne pas seulement que la vérité soit résolument et honorablement tue à ceux qui la manipulent pour dominer et violer. Elle exige que cette vérité refuse de se livrer aux calculs visant à la retourner contre elle-même dans la guerre psychologique de mise sous l’harmonie déguisée.

Visant à détruire dans son coeur secret la charge révélatrice de vérité des oppression et impositions indignes des vertus auxquelles prétendent impunément ces saints-là, les maîtres masqués du jeu domestique.

Hypocrisie et cynisme les rendent plus menteurs et imposteurs encore que ceux dont ils prétendent dénoncer et punir la trahison logique. Trahison de survie affective et spirituelle nécessaire à la survie de leur vérité intime et personnelle. Niée et sacrifiée au nom de pseudo-valeurs humaines familialistes, manipulées et trahies dans leur esprit naturel.


Il se peut que ces gens-là ne soient pas volontairement responsables des conséquences de leurs actes. Le mal qu’ils font n’en est pas moins grand pour ceux qui le subissent.

Surtout, les principes dont ils se réclament sont, par là-mêmes, détruits et décrédibilisés, rendus à leur inanité. Un principe défend lui-même sa valeur. La violence et la barbarie ne le rendent ni parfait ni meilleur. Elles montrent à qui a une once d’intelligence leur débilité profonde dans une telle application. Signant une pathologie plus proche du mal absolu que du bien relatif dont ce principe prétend se réclamer sans rire, sans humour.

Violence et barbarie indiquent un avenir pire que le présent, l’impact qu’il aura sur l’enfant qui en dépendra et les subira. À qui il deviendra évidemment impossible de faire comprendre ce qu’est une vérité humaine libre, en conscience. Que des pulsions négatives, toxiques, empêcheront de vivre vraiment autrement que sous contrat, comme on dit dans les mafias « familiales. »

Il ne s’agit pas de juger, mais de voir et comprendre d’où vient la confusion des valeurs et des sentiments autour de vérités premières à ne pas prendre au premier degré.

Et notamment, de voir la confusion contagieuse de ceux qui violent et violentent les raisons profondes de ces vérités dans les têtes et pas seulement les plus jeunes. Ne faisant que reproduire cette confusion qui dérange, au sens strict, les vieilles têtes et leur prétendue morale. Perdre la raison n’est pas un service à lui rendre. On n’extrémise pas la raison.


Quand on n’a rien d’autre que les mots pour défendre ceux qu’on aime, écrire autour de la vérité de chacun dans son assignation morale sociale contrainte est un devoir d’amour et d’assistance spirituelle.

Écrire à ce sujet dans une autre disposition d’esprit est une trahison, complicité passive avec ce qui les tue. Ce qui les tue par manipulation de ce qui leur est présenté comme une vérité absolue justifiant le sacrifice psychique rituel susceptible de ramener à un ordre prétendu. Ordre de ce qui n’a jamais été qu’une farce tragique et criminelle, au pire, superstition inhumaine, au mieux.


« Le travail rend libre » disait l’écriteau des Camps. Ce slogan exterminateur éclaire suffisamment ce que peuvent être toutes les autres formules du même tonneau au quotidien dans certains contextes précis.

Pour les comprendre, il suffit de l’élargir, cette formule, à toutes les demi-vérités érigées en principes éternels prétendant non plus même gouverner le monde, mais tout simplement l’asservir mille ans de plus.

Semi-vérités auxquelles on se fie naïvement, sincèrement, par pureté spirituelle formatée, pieds et mains liés, plus dangereuses que le mensonge pur et simple, sur lequel on fait peser tous les malheurs du monde tel qu’il ne va pas.

Ne pas dire la vérité par contrainte n’est pas mentir par intention.


Assimiler les deux choses est l’amalgame d’une intention malsaine qui ne défend pas la vérité du monde tel qu’il n’est pas. Tel qu’il pourrait aller mieux, si on regardait la chose en face en essayant de répondre sans violence au défi posé par son impitoyable et absurde imposition.

Se regarder n’est pas donné à ceux qui ont un droit de regard exclusif.


vendredi 23 janvier 2026

BLUES FOR MAMA

 

 

 



Blues for Mama

Elle était châtain, petite, dévouée

Si forte et héroïque, blessée, si seule

Qu’elle en est morte

Il a perdu sa voix

Mama


Si exemplaire et parfaite

Morale et juste

Ces générations ne plaisantaient pas

Son humour noir, tellement pour les autres

Son devoir était son devoir

Dévouée jusque dans le désaccord


Blues for Mama

Elle était châtain, petite, dévouée

Si forte et héroïque, blessée, si seule

Qu’elle en est morte

Il a perdu sa voix

Mama


Elle regardait juste dans le vide

N’acceptant plus le monde

Ce qu’il lui faisait

Ce qu’il lui volait

Se dérobant sous ses pieds

Abandonnée

Dans sa maison trop grande


Blues for Mama

Elle était châtain, petite, dévouée

Si forte et héroïque, blessée, si seule

Qu’elle en est morte

Il a perdu sa voix

Mama


Elle ne comprenait pas

La trahison totale, absurde, indigne

Sans recours ni retour

Espérant un absent muet de colère contre le monde

Trop jeune pour comprendre

Elle prenait des anti-dépresseurs

Sans voir l’abattoir où

Ils la menaient, seule


Blues for Mama

Elle était châtain, petite, dévouée

Si forte et héroïque, blessée, si seule

Qu’elle en est morte

Il a perdu sa voix

Mama


Une nuit spéciale

Elle a fait son testament

Ses souhaits pour ses enfants

Pour un ultime respect

Cachant sa colère

Elle a choisi un endroit caché

Pour y passer une corde


Blues for Mama

Elle était châtain, petite, dévouée

Si forte et héroïque, blessée, si seule

Qu’elle en est morte

Il a perdu sa voix

Mama


Il avait essayé de lui dire

Le monde est autrement, sale et brut

Pas si beau, pas si pur

Pas trop y croire pour continuer

Elle ne voulait pas

Ne pouvait pas

Répondre


Blues for Mama

Elle était châtain, petite, dévouée

Si forte et héroïque, blessée si seule

Qu’elle en est morte

Il a perdu sa voix

Mama


Il pleure

Par moments, sans raison

Combien il regrette

Pas su l’aider, rebelle à elle,

Qui comptait sur lui

Trop révolté pour comprendre

Pourquoi elle l’avait voulu

À l’armée


Blues for Mama

Blues for Mama

 

Elle croyait en la famille

En l’amour


Les mots ne choisissent pas leur moment


Deux seins pointés vers lui

Soignent son mal

En secret













jeudi 22 janvier 2026

CINÉMA

 

 

On dit c’est

Du cinéma

Quand l’amour n’en est pas,

Seul endroit

De l’envers du décor

où vit la vie


Vie rêvée, on ne peut pas

Pour de vrai

Ne pas jouer à ne plus jouer, instant

fictif, plus vrai que réel

Délié des chaînes de causalité

Image du miroir volé

joue avec elle…, sans elle

Consolé


La vie joue de tout

Virevoltants reflets de dentelle

Inversés, renversée, tachés de sang

Feu doux dansant dans l’ombre

Attends

Qu’elle te tende

Une joue brûlante, un cou veuf

À couver à couvert décolleté


Révoltée à perdre la vue

S’assurant d’exister encore & encore

À corps & cri défendu

Bec & ongles cassés

Contre la paroi polie

Un chant solitaire têtu & palpitant

N’en finit pas de se taire


Grand oui, chien fou

Couché, boule chaude mourante

Attendant la caresse délivrante

Tissant son elfique oreille

D’une laine d’amour brut

Tendue, dressée, érigée

En statue grecque


Patte tremblante émotion animale contenue

Gémissante, jouissante, gisant dans son jus réflexe pur & simple

Fidèle moment

Promesse tenue

Sans laisse froide


N’oublie pas la chose vécue

L’eau dans le désert

L’oiseau furtif décagé au moment fou

D’un vol volé vif, horizontal, fatal

Ni chasseur ni proie ni loi ni droit

Seul le dieu des forêts protectrices

S’en souvient


Tendresse sauvage, implorante, implosante

Chairs délirantes ourlées de lourds Labours

Irriguées, ouvertes,

Cérémonie secrète, sacrée

Clairière des Celtes


Irisées, risées de chairs déchirées aux doux vents du Sud intérieur, forestier, rebelle

Battant comme une porte d’eau massive

Cherchant le fleuve, l’océan

Pour chaque barque magique

Encore taillée dans un tronc humain

Mise à l’eau du ciel


Inondant en fine lame de fond vert

Plaines blanches, collines parfaites

Bois & bosquets sacrés, païens, consacrés, secrets

Oubliés au fond écroulé trouble

Des écluses moussues du temps d’enfance perdu

Éperdu là, dessous… féminins


Visitation, honneur, autel secret

Religion ancienne, obscure

Toi, ouvrant sur l’infini

Non le mal, le solaire libre

Comme l’oiseau Zen parfait



Mémoire vive, puits noir sans écho

Où se précipitent en désordre enfance, innocence, Vérité

Sentiment étrange

Torrent libéré des castors du quotidiens

Goût doux-amer du sel marin, présumé coupable

Comme un voleur de pomme défendue

Fait voile et bois de

Ma caravelle de chair


Cinéma muet

Théâtre d’ombres passagères

Jeu déjà joué, rejoué à chaque fois

Que je joue avec toi

La première


Faux rôle frôlant & frisant

Un vrai monde perdu

Scénario originel déjà écrit

Dans l’inconscient qui se cherche

Parmi les éternités

Des circuits superposés

De poussières


Dialogue sans automatismes

Mots, chaussures

Déchaussés les pieds liés,

Jetées loin

Débottés debout

Silhouette fuselée vue d’en bas…

Oser, debout, corps francs,

Ma fusée

Face à la mort couchée

Aux mitrailles


Comme des boules

Quilles fantômes sur l’océan

Semi-immergées, dansant sans fin

Dans l’impact

Leur temps qui passe

Ballottées immergées d’amour sauvage écumant

Autour de môles esseulés & noyés tournoyants


Craignant la lumière aveuglante

Le couperet bleu métallisé luisant huilé

Tapi dans l’ombre du tapis

Pris dans les pieds nus

Sur la terre sacrée


Dire, parler, se taire

D’être ou pas

Savoir ou

Dieu seul répond sans répondre

Passager clandestin d’un destin masqué


Femme libre, noblesse humiliée ou vendue, Qu’importe pour la porte réelle ?

Toujours tu chérira La mer

Loin du curé malade Baudelaire


Fragile rose sauvage, aérienne, subtile

Pétale blanc transparent, déchiré par un mot Culpabilisant

De trop

Ou de moins


Gestapo

Tu risqueras toujours ta peau

Découverte comme un arrière de croupe non protégé

Aimé sans mesure, Gauloise blonde ou brune


Plus du cinéma, Brigitte, Barde bottée

Vraie vie violemment dénudée, humiliée, battue

Vilipendée, lapidée


Pâture patriarcale des bûchers

Corps du délit exposé à la haine de soi

Vierge Noire

Que l’on craint en creux secret


Regard perdu du petit jour

Solitude ruisselante

Tremblante mais têtue encore & toujours,

Sorcière de la vie


Un ordre de rois maudits

Frappe de son marteau sanglant de justice

Aux yeux crevés

La table tombe, ombre glacée

Loi du silence

Cruel et vain bûcher romain

De son verdict dicté


Je vous salue

Maries violées, menottées, torturées, pleines de Grâces

& de sexe, salies, humiliées, torturées


Traquées tremblantes au regard hagard,

Lapidées & perforées des crachats honnêtes de tous Les Codes Corrompus de la honte imposée

Sans nuance ni gris clair rédempteur papillon

Ni sauveur à crucifier

Ni regard rassurant soutenu de la main

Seul Lucifer, bon père de famille

Veille & surveille un cheptel productif

Rasé de frais


Machinique tueur

De biches pour le plaisir

Au fond froid humide & solitaire

Des brouillard des nuits

Blanches de peur

Informe

Un traite particulière…

Si respectable



Je vous aime nues, en larmes, défaites, ravagées

Hystériques de résistance au silence

Par le corps insulté du délit

Depuis la nuit

Des temps maudits

Des mots mal dits

 

dimanche 18 janvier 2026

VISAGE

 

 



Visage si singulier

Regard de grande tendresse

Dont on ne revient pas

Rare, si

précieux, grave, gravé

Pas eu le temps

Redire encore & encore


Gravé au cœur du cerveau

Coup de vent d’amour,

Relève

La Trémière couchée net

Visage aimé cassé

Œuvre d’art corps & âme,

Dernière chose pour vivre et mourir

Vouloir ou croire encore

Pouvoir ou devoir


Visage d’ange aimé

Sang pastel, chair claire, larmes et voix...

Pur sentiment à la tonne, chaud & doux

Mu coulant d’émotion nue,

Apaise & recoud

les plaies ouvertes

Cicatrisant de son miel la crise de vivre

Déchiré, feu étouffé déclaré


Visage aimé

Donnant d’accepter ou refuser serein

La force à la fragilité de sa tige,

Vertige d’amour balancé à mort

Renversant la table vide

De ton âme en peine

Achevant la folle cavalcade du désir

Dans un bain de lumière étale inondant la pièce

Éternelle, la clairière


Visage qui parle le matin le soir

Priant pour une caresse d’oreille,

Aucune perfection ne remplace une oreille d’Elfe

Don d’une grâce qui te tue

& casse en deux âmes

Ressoudées


Visage aimé

Seule une musique lente

Aide à rejoindre, rêve éveillé

son harmonie préétablie, loin,

Ennoblissant tendrement la brutalité naturelle

Sang bleu pâle pâmé

Abandonné au fil de l’eau de pluie,

Trémière dérivante offerte après l’orage

Aux dieux du lac & des sources

Rose des lacs antiques


Essuyer & lécher sa rive, doucement

Cou aimé, beaucoup

Larmes jaillissantes de tendresse

Doigts doux caressant

Des flancs de velours

Langue nue de mon âme

séchant ses yeux recouverts

De cristal liquide, son sang,

Versant, éperdus, de leur colline perdue

Un regard fidèle