On dit c’est
Du cinéma
Quand l’amour n’en est pas,
Seul endroit
De l’envers du décor
où vit la vie
Vie rêvée, on ne peut pas
Pour de vrai
Ne pas jouer à ne plus jouer, instant
fictif, plus vrai que réel
Délié des chaînes de causalité
Image du miroir volé
joue avec elle…, sans elle
Consolé
La vie joue de tout
Virevoltants reflets de dentelle
Inversés, renversée, tachés de sang
Feu doux dansant dans l’ombre
Attends
Qu’elle te tende
Une joue brûlante, un cou veuf
À couver à couvert décolleté
Révoltée à perdre la vue
S’assurant d’exister encore & encore
À corps & cri défendu
Bec & ongles cassés
Contre la paroi polie
Un chant solitaire têtu & palpitant
N’en finit pas de se taire
Grand oui, chien fou
Couché, boule chaude mourante
Attendant la caresse délivrante
Tissant son elfique oreille
D’une laine d’amour brut
Tendue, dressée, érigée
En statue grecque
Patte tremblante émotion animale contenue
Gémissante, jouissante, gisant dans son jus réflexe pur & simple
Fidèle moment
Promesse tenue
Sans laisse froide
N’oublie pas la chose vécue
L’eau dans le désert
L’oiseau furtif décagé au moment fou
D’un vol volé vif, horizontal, fatal
Ni chasseur ni proie ni loi ni droit
Seul le dieu des forêts protectrices
S’en souvient
Tendresse sauvage, implorante, implosante
Chairs délirantes ourlées de lourds Labours
Irriguées, ouvertes,
Cérémonie secrète, sacrée
Clairière des Celtes
Irisées, risées de chairs déchirées aux doux vents du Sud intérieur, forestier, rebelle
Battant comme une porte d’eau massive
Cherchant le fleuve, l’océan
Pour chaque barque magique
Encore taillée dans un tronc humain
Mise à l’eau du ciel
Inondant en fine lame de fond vert
Plaines blanches, collines parfaites
Bois & bosquets sacrés, païens, consacrés, secrets
Oubliés au fond écroulé trouble
Des écluses moussues du temps d’enfance perdu
Éperdu là, dessous… féminins
Visitation, honneur, autel secret
Religion ancienne, obscure
Toi, ouvrant sur l’infini
Non le mal, le solaire libre
Comme l’oiseau Zen parfait
Mémoire vive, puits noir sans écho
Où se précipitent en désordre enfance, innocence, Vérité
Sentiment étrange
Torrent libéré des castors du quotidiens
Goût doux-amer du sel marin, présumé coupable
Comme un voleur de pomme défendue
Fait voile et bois de
Ma caravelle de chair
Cinéma muet
Théâtre d’ombres passagères
Jeu déjà joué, rejoué à chaque fois
Que je joue avec toi
La première
Faux rôle frôlant & frisant
Un vrai monde perdu
Scénario originel déjà écrit
Dans l’inconscient qui se cherche
Parmi les éternités
Des circuits superposés
De poussières
Dialogue sans automatismes
Mots, chaussures
Déchaussés les pieds liés,
Jetées loin
Débottés debout
Silhouette fuselée vue d’en bas…
Oser, debout, corps francs,
Ma fusée
Face à la mort couchée
Aux mitrailles
Comme des boules
Quilles fantômes sur l’océan
Semi-immergées, dansant sans fin
Dans l’impact
Leur temps qui passe
Ballottées immergées d’amour sauvage écumant
Autour de môles esseulés & noyés tournoyants
Craignant la lumière aveuglante
Le couperet bleu métallisé luisant huilé
Tapi dans l’ombre du tapis
Pris dans les pieds nus
Sur la terre sacrée
Dire, parler, se taire
D’être ou pas
Savoir ou
Dieu seul répond sans répondre
Passager clandestin d’un destin masqué
Femme libre, noblesse humiliée ou vendue, Qu’importe pour la porte réelle ?
Toujours tu chérira La mer
Loin du curé malade Baudelaire
Fragile rose sauvage, aérienne, subtile
Pétale blanc transparent, déchiré par un mot Culpabilisant
De trop
Ou de moins
Gestapo
Tu risqueras toujours ta peau
Découverte comme un arrière de croupe non protégé
Aimé sans mesure, Gauloise blonde ou brune
Plus du cinéma, Brigitte, Barde bottée
Vraie vie violemment dénudée, humiliée, battue
Vilipendée, lapidée
Pâture patriarcale des bûchers
Corps du délit exposé à la haine de soi
Vierge Noire
Que l’on craint en creux secret
Regard perdu du petit jour
Solitude ruisselante
Tremblante mais têtue encore & toujours,
Sorcière de la vie
Un ordre de rois maudits
Frappe de son marteau sanglant de justice
Aux yeux crevés
La table tombe, ombre glacée
Loi du silence
Cruel et vain bûcher romain
De son verdict dicté
Je vous salue
Maries violées, menottées, torturées, pleines de Grâces
& de sexe, salies, humiliées, torturées
Traquées tremblantes au regard hagard,
Lapidées & perforées des crachats honnêtes de tous Les Codes Corrompus de la honte imposée
Sans nuance ni gris clair rédempteur papillon
Ni sauveur à crucifier
Ni regard rassurant soutenu de la main
Seul Lucifer, bon père de famille
Veille & surveille un cheptel productif
Rasé de frais
Machinique tueur
De biches pour le plaisir
Au fond froid humide & solitaire
Des brouillard des nuits
Blanches de peur
Informe
Un traite particulière…
Si respectable
Je vous aime nues, en larmes, défaites, ravagées
Hystériques de résistance au silence
Par le corps insulté du délit
Depuis la nuit
Des temps maudits
Des mots mal dits
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