jeudi 22 janvier 2026

CINÉMA

 

 

On dit c’est

Du cinéma

Quand l’amour n’en est pas,

Seul endroit

De l’envers du décor

où vit la vie


Vie rêvée, on ne peut pas

Pour de vrai

Ne pas jouer à ne plus jouer, instant

fictif, plus vrai que réel

Délié des chaînes de causalité

Image du miroir volé

joue avec elle…, sans elle

Consolé


La vie joue de tout

Virevoltants reflets de dentelle

Inversés, renversée, tachés de sang

Feu doux dansant dans l’ombre

Attends

Qu’elle te tende

Une joue brûlante, un cou veuf

À couver à couvert décolleté


Révoltée à perdre la vue

S’assurant d’exister encore & encore

À corps & cri défendu

Bec & ongles cassés

Contre la paroi polie

Un chant solitaire têtu & palpitant

N’en finit pas de se taire


Grand oui, chien fou

Couché, boule chaude mourante

Attendant la caresse délivrante

Tissant son elfique oreille

D’une laine d’amour brut

Tendue, dressée, érigée

En statue grecque


Patte tremblante émotion animale contenue

Gémissante, jouissante, gisant dans son jus réflexe pur & simple

Fidèle moment

Promesse tenue

Sans laisse froide


N’oublie pas la chose vécue

L’eau dans le désert

L’oiseau furtif décagé au moment fou

D’un vol volé vif, horizontal, fatal

Ni chasseur ni proie ni loi ni droit

Seul le dieu des forêts protectrices

S’en souvient


Tendresse sauvage, implorante, implosante

Chairs délirantes ourlées de lourds Labours

Irriguées, ouvertes,

Cérémonie secrète, sacrée

Clairière des Celtes


Irisées, risées de chairs déchirées aux doux vents du Sud intérieur, forestier, rebelle

Battant comme une porte d’eau massive

Cherchant le fleuve, l’océan

Pour chaque barque magique

Encore taillée dans un tronc humain

Mise à l’eau du ciel


Inondant en fine lame de fond vert

Plaines blanches, collines parfaites

Bois & bosquets sacrés, païens, consacrés, secrets

Oubliés au fond écroulé trouble

Des écluses moussues du temps d’enfance perdu

Éperdu là, dessous… féminins


Visitation, honneur, autel secret

Religion ancienne, obscure

Toi, ouvrant sur l’infini

Non le mal, le solaire libre

Comme l’oiseau Zen parfait



Mémoire vive, puits noir sans écho

Où se précipitent en désordre enfance, innocence, Vérité

Sentiment étrange

Torrent libéré des castors du quotidiens

Goût doux-amer du sel marin, présumé coupable

Comme un voleur de pomme défendue

Fait voile et bois de

Ma caravelle de chair


Cinéma muet

Théâtre d’ombres passagères

Jeu déjà joué, rejoué à chaque fois

Que je joue avec toi

La première


Faux rôle frôlant & frisant

Un vrai monde perdu

Scénario originel déjà écrit

Dans l’inconscient qui se cherche

Parmi les éternités

Des circuits superposés

De poussières


Dialogue sans automatismes

Mots, chaussures

Déchaussés les pieds liés,

Jetées loin

Débottés debout

Silhouette fuselée vue d’en bas…

Oser, debout, corps francs,

Ma fusée

Face à la mort couchée

Aux mitrailles


Comme des boules

Quilles fantômes sur l’océan

Semi-immergées, dansant sans fin

Dans l’impact

Leur temps qui passe

Ballottées immergées d’amour sauvage écumant

Autour de môles esseulés & noyés tournoyants


Craignant la lumière aveuglante

Le couperet bleu métallisé luisant huilé

Tapi dans l’ombre du tapis

Pris dans les pieds nus

Sur la terre sacrée


Dire, parler, se taire

D’être ou pas

Savoir ou

Dieu seul répond sans répondre

Passager clandestin d’un destin masqué


Femme libre, noblesse humiliée ou vendue, Qu’importe pour la porte réelle ?

Toujours tu chérira La mer

Loin du curé malade Baudelaire


Fragile rose sauvage, aérienne, subtile

Pétale blanc transparent, déchiré par un mot Culpabilisant

De trop

Ou de moins


Gestapo

Tu risqueras toujours ta peau

Découverte comme un arrière de croupe non protégé

Aimé sans mesure, Gauloise blonde ou brune


Plus du cinéma, Brigitte, Barde bottée

Vraie vie violemment dénudée, humiliée, battue

Vilipendée, lapidée


Pâture patriarcale des bûchers

Corps du délit exposé à la haine de soi

Vierge Noire

Que l’on craint en creux secret


Regard perdu du petit jour

Solitude ruisselante

Tremblante mais têtue encore & toujours,

Sorcière de la vie


Un ordre de rois maudits

Frappe de son marteau sanglant de justice

Aux yeux crevés

La table tombe, ombre glacée

Loi du silence

Cruel et vain bûcher romain

De son verdict dicté


Je vous salue

Maries violées, menottées, torturées, pleines de Grâces

& de sexe, salies, humiliées, torturées


Traquées tremblantes au regard hagard,

Lapidées & perforées des crachats honnêtes de tous Les Codes Corrompus de la honte imposée

Sans nuance ni gris clair rédempteur papillon

Ni sauveur à crucifier

Ni regard rassurant soutenu de la main

Seul Lucifer, bon père de famille

Veille & surveille un cheptel productif

Rasé de frais


Machinique tueur

De biches pour le plaisir

Au fond froid humide & solitaire

Des brouillard des nuits

Blanches de peur

Informe

Un traite particulière…

Si respectable



Je vous aime nues, en larmes, défaites, ravagées

Hystériques de résistance au silence

Par le corps insulté du délit

Depuis la nuit

Des temps maudits

Des mots mal dits

 

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