"(...) mais le véritable enjeu, personne ne le définissait et il ne pouvait être défini, car il n'existait pas. Aussi ne pouvait-on pas le mesurer. On en imaginait seulement l'importance par les morts accomplies et les massacres attendus. (...) Ce paradoxe est si violent qu'il échappe à l'analyse.(...) tous poursuivaient un néant.(...) Tout plutôt que le fascisme, y compris le fascisme sous le nom de communisme. Tout plutôt que le communisme; tout y compris le communisme sous le nom de fascisme."
On
nous a habitués, dès le jeune âge, à croire et penser que ce
qu'il y a de pire dans une idéologie pseudo-religieuse, telle
que pointée par Aldous Huxley, étaient l'intolérance et
l'obscurantisme, qui ne sont, certes pas, des chemins pavés de
liberté. Évidemment et malheureusement, la vérité du pire et le
pire de cette vérité sont toujours à venir. Reste à discerner des
choses, dans une conscience plus aiguë de ce que ces idéologies
« modernes » constituent d'abord : une émasculation
pure et simple de l'intelligence, une excision de toute
spiritualité.
Cependant, pour la vie, on n'efface pas ses formes, on les martyrise seulement un temps, ce qui les rend supérieurement belles et crédibles de toute éternité.
Cependant, pour la vie, on n'efface pas ses formes, on les martyrise seulement un temps, ce qui les rend supérieurement belles et crédibles de toute éternité.
Pour
les condamnés aux limites étroites et indépassables de cette
ornière sacrificielle purulente, inédite dans
sa dégradation des qualités de vraies cultures, deux
conséquences humainement tragiques : interdiction définitive
de toute expérience proprement religieuse et impossibilité
d'avoir une conscience claire et nette du viol intérieur
subi, et comme machinalement, spontanément reproduit, répercuté,
propagandé, embrassé, célébré, institué, divinisé.
La
définition d'une pseudo-religion – comme fascisme multiforme –
est d'être une sorte de para-religieux d'apparence et de
synthèse, sous l'uniforme informe d'un
collectif drapé d'une transcendance d'imposture.
Sans
rapport aucun avec le religieux en lui-même autre qu'une religiosité
de synthèse, et encore moins avec du spirituel, tout en se
nourrissant des besoins nés de leur négation et pseudo-destruction
historique et officielle, en parasitant leurs principes, les
pseudo-principes des pseudo-religions, établis dans
l'imposture et la dictature de sécularisations
exotériques corrompues et massifiées,
puisqu'ils
prennent la
forme d'un absolu incarné
dans leur vente
et leur distribution gratuite à un
humanitarisme
ou
un millénarisme politique
de prostitution
temporelle dissociée,
autonomiste et révoltée, historique
en un mot, sont des sortes de
processus psychologiques viraux, autant de pestes émotionnelles
noires ou rouges, vertes ou blanches, sans parler du gris...
La
trahison du temple, le temple de la trahison, la
fascinante
contemplation du
pouvoir, à la messe de
l'Histoire, cet opéra romain des dupes et non-dupes, dont la cruauté
masquée explique et moque
la sereine horreur du visage éternel des sacrifiés, des
serfs, dont la sanctification
postérieure – voyez
les
traits vénaux
fardés
et enfarinés
d'une
Histoire statufiée truffée
de chausse-trapes, de
trappes comme
chez le Père Ubu
– fera de leur souffrance
dépouillée et désossée une
idole civique et morale, la
vertu d'un crime de masse autorisé – de
guerre de préférence, civile ou pas, déesse canon
à l'obusienne poitrine
offerte, coiffée ou décoiffée sous l'étendard romain mêlé de
pouvoir, de mort et de sang.
Ce
qui fait d'autant plus remarquer et ressortir le degré
« d'imperfection »,
pour utiliser un terme faible, caractérisant les circonstances
criminelles minimisées de son terreau, dans l'établissement
ou l'institution d'une autorité spirituelle dévoyée et salie,
démesurément dégradée par
« le
politique » dont parlait Péguy, et qui n'a rien, absolument, à
faire avec sa vérité première – la christique, par exemple –
ou
aussi la gréco-celtique,
méthodiquement réduite
en compost temporel
de basse-cuisine romaine, ses
couches superposées de charniers une
fois oubliés, deux
fois mise en croix dans
pédagogie d'une
commercialisation mécanique
d'un laïcisme plus haineux
et vénal
que « neutre ».
Il
faut, pour plutôt
utiliser
un terme fort, parler d'imposture nihiliste et de barbarie
spirituelle légale – après
l'impériale
– dont nous
paierons,
pour d'infinies
décennies, le
prix exorbitant et néronesque
dans l'esprit détruit des
masses d'enfants
violés que
nous ne voudrons plus reconnaître ni aimer.
La mécanisation des esprits
est aussi le fruit d'une idolâtrie dirigée, conditionnée,
consumériste.
Pour
ce qui est du niveau de spiritualité détruit – d'abord par les
guerres, d'abord civiles
– il est toujours lié
étroitement à
la négation de la personne humaine dans son intégrité sensible de
départ, incarnée
– dès la paix provisoire et sursitaire
du parc, dont il suffit de
songer au système d'élevage industriel d'animaux
de consommation pour
comprendre le principe de fonctionnement, et sa
finalité réelle,
concernant sa protection
de l'enfance ou de la famille – comme
la mafia « protège » le commerçant du coin à pressurer
et intégrer au business
plan du clan. Marchands
de vaches, marchands d'humains !
Les
saints, les héros ordinaires ou extraordinaires n'ont-ils jamais été
autre chose que de grands enfants ? Vaches
à lait ou taureaux
reproducteurs d'un spirituel
de remplacement, de fête ou de
foire agricole où les
grands esprits sélectionnés,
parqués au stand des
bestiaux extraordinaires, se
rencontreraient
– bêtes à concours, curieuses, de somme, de combat, de
beauté, poules
aux œufs d'or, singes
savants, animaux fantastiques
et autres monstres, à exhiber au musée des horreurs et
des merveilles.
L'eugénisme
spirituel « produit »
peste de masse et choléra d'élite parce que le spirituel n'est ni
une science ni une technique et encore moins un commerce ou un art
privilégiés des Dieux, comme certains
le sont du pouvoir. On n'élève pas un humain, il s'élève
tout seul sur le chemin qui
monte, et remonte des décadences, et chute des élévations et des
miracles. Ce chemin n'est pas une cour d'école
ou un champ d'honneur,
une zone
industrielle ou
un théâtre, un parti ou
un club, une chapelle, un
concours hippique ou canin ou
encore un chemin du combattant, ni
même de croix.
« –
Qui l'élève, cet humain,
sinon notre argent ? »,
dites-vous, « le chemin tracé ou ses muscles, sa volonté de
réussir ou sa vertu, son
courage romain ? »
Comment
l'humain tient-il sur ses pieds à votre avis, mes
beaux bourgeois ?
Comment tient
une culture ? Un
peuple ? Une civilisation ? Une enfance heureuse et
mature ? L'être n'est pas un décomposé animé
d'images de cinéma, il est ce que cette technique essaie vainement,
dans un sens, depuis le début, de capturer et
de mettre en boîte : une grâce
de force et de fragilité, comme tout ce qui était biologique
et spirituel coté
mythologie, pas côté
psychologie industrielle
de masse.
L'être
est premier et nous le plaçons
en dernier, sauf quand nous prétendons parler de « savoir
être », comme s'il était un savoir d'abord,
cet être,
comme si on pouvait
savoir faire cet être,
comme dans
un spectacle montrant et démontrant les jeux de cirque de l'esprit,
avec ses grands fauves et ses caniches savants.
Alors on expérimente, on pseudo-fait, on pseudo-pode, on
pseudo-relie et on pseudo-vit et pseudo-pense, on
trafique, on bricole,
bidouille...
Cornegidouille ! Père
Ubu à la manœuvre ! La marche du Progrès ! Fin de
l'Histoire ! Un nouveau monde ! Connecté-déconnecté !
On
met en scène, on singe, on simule, on imite, on reproduit, on
représente, on illustre, on image et imagine, on invente ! Oh
les beaux créateurs de récréation, d'évasion, de divertissement,
d'amusements, de diversions, comédies, parodies, caricatures,
déguisements, mascarades, carnavals, romans, scenarii, opéras,
marionnettes, gesticulations, danses millimétrées à la chinoise ou
débraillées à l'américaine ou primaires à l'africaine, défilés
militaires ou de mode, fêtes, journées nationales et
internationales, « prides »,
rencontres, festivals, émissions,
concours, manifestations,
hommages et commémorations, prix, musées, magasins, foires, soldes,
régates et renégats, reconstitutions, spectacles de rue, feux
d'artifices, illuminations, bals masqués, uniformes, drapeaux,
décorations, invitations, soirées, nuits, semaines, années,
siècles, millénaires pour rien, ce rien
qui n'est pas, mais
remplace tout, l'apparat romain
de la liberté et de la puissance. L'Appareil
sans pareil ! Oh ! Science ! Oh merveille ! Mais
science de quoi ?
La
vieille usine à rêves, avec ses vieux ouvriers avant
l'âge, ses
cadres et dirigeants, décideurs, leaders, capitaines et aventuriers,
chevaliers d'industrie, légions d'honneur du commerce et de la
banque, vaccinés de la vie,
fascinés de mort, surmenés,
drogués, fanatisés. Tout ce
beau monde à l’œuvre de mort, la mort dans l'âme, armée
d'esclaves à tout faire et refaire, inlassablement, sans fin,
innombrables manœuvres de
l'Absurde, de génération en génération, faisant tourner la roue
du Système sur son axe sanglant et graisseux, puant l'angoisse
et la cage, comme puent certains asiles ou hôpitaux, les abattoirs,
le bétail confiné, l'horreur industrielle d'élevage aux normes,
aux hormones. Père Ubu !
On
connaît la suite, et pas seulement depuis l'obscure chute biblique,
mais depuis les éclatants et
aveuglants effondrements, des
empires
romains
ou nazi, cachés, oubliés,
minorés, encadrés et
expliqués comme autant de
regrettables erreurs,
inévitables « dysfonctionnements » de la machine
– et nécessaires,
dans un sens – accidents de l'Histoire.
Qui
marche sur la tête ? Qui est « accident », anomalie
temporaire, ces empires croulant
de puissance vaine,
surajoutée, à l'inutile utilitarisme,
ou l'éternité vierge
qui les ratisse, lissant
leur
silence hurlant, sans
amertume aucune, paisible
vague, infinie, chaque marée
non encore polluée – comme
l'enfant
défait le
château mouillé
sur une
plage aux débarquements
oubliés
?
La
barque de l'histoire déborde de fantômes maudits et misérables, sa
dérive a pris les accents rimbaldiens du marché fou furieux
pour déguiser l'ivresse de destruction qui s'empare des marins, des
conquérants perdus. Elle prend l'eau au pied de gigantesques
super-tankers,
porte-conteneurs, porte-avions
ou navires de croisière, mais
personne ne prendra plus
jamais le large,
enchaîné à ces barges de barjots nageant
dans le sang. Son appel n'est
plus que slogan mécanique, réflexe de conditionné
à tondre et saigner comme dans une matanza.
Toute
l'électronique embarquée
n'y changera rien, les aboyeurs
anti-déclinistes de service
non plus : tout est pseudo,
même les chiens, de garde, d'attaque ou de compagnie. Il
faut sortir de cet univers de cerveaux détraqués, maintenant
et par le haut, sortir du
logiciel, de cette pseudo-réalité de
carton-pâte, de
cette psychologie de supermarché, sortir
du film, quitter l'écran,
retrouver le cran, pas celui
du revolver – celui d'esprits
libres face
au Pseudo-Cerveau de papier à
mémoire numérique. Face
à la quantité, la masse, la dose et au choc de la
contre-façon humaine qu'on nous
oppose et inflige méthodiquement, par
tous les moyens.
A regarder en face, sans haine ni pensée, dans le détachement le plus différent, le plus concerné, le plus conscient, le plus présent, le plus léger et sensible, le plus subtil, le plus indéfinissable, le plus étranger, le plus soutenu, le plus parfait.
Pourtant il se peut que nous n'ayons que du profil à approfondir, qu'un trait ou deux d'une forme mouvante, non de vie, mais fuyante et spectrale comme le mal simulant dissimulé, ancrée au fond de notre accueillante et matricielle nature. il est si rare que le système nous regarde en face longtemps. Il faut le profiler en toute sérénité, sans objectif autre que celui des choses nécessaires. Dans un geste plus rapide que la pensée ou la matière mécanisée.
L'art lent, lourd et pesant de la caricature ou de l'auto-caricature n'est ni le plus beau ni le plus exaltant. Pourquoi le choisir ou le poursuivre comme un idéal féminin de guerrier fourvoyé ? Pourquoi réintégrer l'illusion mécanique aux semelles de plomb dans l'aile ? Pourquoi la guerre, la conquête ? L'action c'est d'être jusqu'au bout, dans la paix d'un soi sans reflet psycho-intellectuel ou collectif. L'être n'est pas une chasse, ni curée, ni curé.
La nature fait son ménage toute seule, dans une parfaite sagesse. Pour le reste, elle donne à notre attention la plus activement intentionnée, non un attentisme criminel de collaboration, mais l'Estampe directe et héroïque du monde dans sa nature et réalité éternelle face à l'histoire manipulée de son devenir spectaculaire. Ces deux ou trois traits du zen, dont l'essentiel, dans cet art majeur qu'est la calligraphie, avec sa chanson du geste propre et sa symbolique universelle, combleront pleinement, au delà de tout écran quantitatif, nos besoins fondamentaux et secondaires les plus vrais.
A regarder en face, sans haine ni pensée, dans le détachement le plus différent, le plus concerné, le plus conscient, le plus présent, le plus léger et sensible, le plus subtil, le plus indéfinissable, le plus étranger, le plus soutenu, le plus parfait.
Pourtant il se peut que nous n'ayons que du profil à approfondir, qu'un trait ou deux d'une forme mouvante, non de vie, mais fuyante et spectrale comme le mal simulant dissimulé, ancrée au fond de notre accueillante et matricielle nature. il est si rare que le système nous regarde en face longtemps. Il faut le profiler en toute sérénité, sans objectif autre que celui des choses nécessaires. Dans un geste plus rapide que la pensée ou la matière mécanisée.
L'art lent, lourd et pesant de la caricature ou de l'auto-caricature n'est ni le plus beau ni le plus exaltant. Pourquoi le choisir ou le poursuivre comme un idéal féminin de guerrier fourvoyé ? Pourquoi réintégrer l'illusion mécanique aux semelles de plomb dans l'aile ? Pourquoi la guerre, la conquête ? L'action c'est d'être jusqu'au bout, dans la paix d'un soi sans reflet psycho-intellectuel ou collectif. L'être n'est pas une chasse, ni curée, ni curé.
La nature fait son ménage toute seule, dans une parfaite sagesse. Pour le reste, elle donne à notre attention la plus activement intentionnée, non un attentisme criminel de collaboration, mais l'Estampe directe et héroïque du monde dans sa nature et réalité éternelle face à l'histoire manipulée de son devenir spectaculaire. Ces deux ou trois traits du zen, dont l'essentiel, dans cet art majeur qu'est la calligraphie, avec sa chanson du geste propre et sa symbolique universelle, combleront pleinement, au delà de tout écran quantitatif, nos besoins fondamentaux et secondaires les plus vrais.
"C'est à partir de l'indéterminé qu'a lieu la naissance pour les choses; et la destruction est un retour à l'indéterminé, qui s'accomplit en vertu de la nécessité. Car les choses subissent un châtiment et une expiation les unes de la part des autres, à cause de leur injustice, selon l'ordre du temps."Anaximandre


