Ce monde unifié désuni par la violence, depuis le début, ne connaît et reconnaît, malgré ses ruses de guerre et de paix, que la loi de la loi de la force technique, du mensonge et de sa plus maléfique fleur, la trahison la plus haute possible. Un monde uni de force par la désunion.
Malgré ses ruses religieuses et monnayables, il n’a jamais accepté autre choses, ce monde, dans ses dominations nues, que le Droit surarmé, dit légitime, de la violence psychologique et physique pur et simple, maquillé en contrat social de statut quo.
N’a jamais rien voulu, connu, imaginé et cru d’autre, et c’est pourquoi il est tel qu’il est, un monde qui ne marche pas, détruit et effondre tout, jusqu’à la Nature et la Terre Nourricière.
C’est que la force est la seule force réelle. C’est si évident que plus personne n’ose plus le nier encore. La seule question est la déformation de la force par la violence, sa perversion par la trahison.
À part le Christ et Gandhi, en gros, personne n’a jamais su ou voulu utiliser la force naturelle de la conviction et du sens commun orwellien. De la liberté et de la fraternité façon non-violente. Sans chercher à l’intégrer dans un cadre réprimant ce qui n’était pas elle, cette vraie force.
Au lieu de combattre à mains nues cet ennemi, chaque fois qu’il le fallait. Sans souci sécurisant d’un système, sans obsession de construire un ordre qui finirait par la trahir, cette force naturelle, au nom d’un morale métaphysique. Terrorisée par la fin du pouvoir volé par cet ordre. La terreur engendre la terreur.
Qui pour y croire à cette force, dont on dit qu’elle n’existe pas, ne peut pas exister dans un monde de violence pure ? Non pas une foi aveugle, mais une foi claire, vérifiable au quotidien vécu, de proche en proche. L’amitié, comme l’amour sont trop à vendre. Pour quels lamentables résultats ?
Faire la guerre à la guerre, c’est la sanctifier. Désobéir est encore subir et valider. Aucune autorité humaine n’a de valeur face aux forces de la vie. Elle n’est pas d’abord incompétente, l'autorité pour l'autorité, elle est sans rapport avec la force des son unité centrale, trahison dans son principe même. On ne dirige pas la vie, c’est ce qui fait ce qu’elle est, comme tout le monde le sait si bien.
On la respecte et en la respectant, on la vit pleinement, heureusement. Son non-respect est une limite qui ne pardonne pas. Nul besoin de double sanction par la voie d’une institution médiatrice entre ce qui fait guerre à la vie et ce qui la défend.
L’argent trouve là son échec le plus cuisant, comme en enfer matériel absurde. Comment envier cette impitoyable cage que la misère mystifie aveuglément ? "Je n'aurais jamais dû quitter mon arbre" chantait Brassens.
Mieux vaut une violence naturelle intégrée et canalisée qu’une violence collective organisée dans des buts opposés à ceux de la vie. Prétendant la domestiquer, qui la dénature et retourne contre elle-même.
La violence collective, sous couvert d'intelligence, est l’un des aspects les plus destructeurs et absurdes du sacré. Les lois des progressistes prétendant toujours plus en débarrasser la nature humaine, par la force de… la loi. La vie a t-elle besoin, en soi, de progresser ou la misère qu'on lui fait, de diminuer ?
La nature, humaine ou pas, commet d’infimes erreurs, elle ne fait pas de fautes, sauf à être dévoyée, niée ou pire, asservie, humiliée. Ce qui a toujours été la méthode des pouvoirs arbitraires, légaux ou pas.
La seule force qui vaille en ce monde est celle de la foi en la vie. Pas de la foi seule. En la vie. Ensembles, pas désunies.
De la vraie vie, sans filtre ni médiation, ni béquille ni violence légale ou barbare. Le nombre ne fait pas la raison. Il partage la raison naturelle, à partir du moment où il sait la reconnaître et respecter.
À partir du même niveau élémentaire que celui du monde animal, dans lequel l’humain reste immergé jusque dans ses plus belles élévations.
Croire pouvoir mépriser ce niveau est la plus haute trahison possible et impossible. La racine du mal absolu sur lequel est bâti l’Occident, impérial surtout.
Sans respect absolu de cette base, savoir, connaissance, foi et spiritualité science et technique demeurent, derrière leurs façades, des infirmités plus meurtrières que les aveuglements de l’ignorance, de la peur et de l’obscurantisme des temps anciens de nos cycles. "Science sans conscience", disait le grand Montaigne...
Respect absolu n’est pas dire dogme, au contraire. Respect veut dire se retenir, au sens donné par Camus à ce mot, devant ce qu’on ne comprend pas. Qui, par son existence et activité même, apporte et fait un bien immédiat, vital, basique. sans mal à terme.
Ainsi est la vraie vie, si facile à éprouver dans cette dimension humaine de base sans laquelle son sens immanent, comme sa crédibilité même, est perdu, neutralisé, invalidé et comme annulé.
Un monde basé sur une trahison primordiale ne peut aller qu’à une trahison finale, par tous les moyens et chemins. C’est un monde sans issue. Aucune vie consacrée ou sacrifiée, aucun travail, aucune action, aucun espoir, aucune foi n’y changeront rien. C’est un monde avorté avant que d’être un échec. Des chances nulles ne permettent pas de parler d’échec. Elle vont du nul au nul.
Un monde unifié par ses désunions est une farce, tragique caricature, une imposture impardonnable. Là est la première bêtise humaine, venue d'en haut. Nous en sommes tous responsables, de près ou de loin.
Suffit de se regarder vivre et souffrir de tant de simagrées et de psychiatrie pour le reconnaître. Ce qu’on fait, mais seulement pour être plus sadiques. Le prétexte est si beau, si tentant, si gratuit, si désespérément offert. Jouir du mal, le vieux lien au sacré noir. Jamais encore défait. Où sont les victoires, les progrès ?