VRAIES
RIVIÈRES II
Ô
RAISON
À
la Lunaire
Monde
des eaux
ventre
ancien
d'où
nageurs nus
nous
tombâmes
un
jour
tes
rivières mourantes
sont
nos veines
tranchées
d'où
giclent
les
larmes
de
sang
d'une
terre
trois
fois violée
« Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été péché, alors on saura que l’argent ne se mange pas »
GÉRONIMO
Les Dames du Lac
les entrelacs
secrets du vent
murmurent leur
plainte
Modigliani effeuille
seul
la douceur orpheline
&
flottante de
l'au-delà des mondes
Premières pluies
d'Automne
pleines d'odeurs
perdues
dérivant vers la
mer
Le Martin-pêcheur
éclair furtif
sur la barque
retournée
Sous les risées &
les débris éternels
de surface
glisse le sable
mouvant du souvenir
Derrière les
barbelés
les mustangs du
brouillard
broutent l'Ancienne
Prairie gelée
Une Mémoire noire
enrobe
nos hauts-fonds
endommagés
Sortis trop tôt des
cavernes
au devant de
ténèbres
sèches &
aveugles
Aux tréfonds
enflammés du puits
l'inquiétude ne
réparera pas
les sources
De longues larmes de
lumière
coulent &
roulent
sur les galets bleus
Fourrures fumantes
sur la berge
disparus le loup
blanc
& la loutre
moustachue
Perdus au fond des
gorges
les mots magiques
roulant leur
gaélique


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